Rigoberto Uran est l'homme de la première semaine. À l'ombre pendant longtemps, le Colombien sort de ces neuf premières étapes à la quatrième place et avec une victoire - Photo ASO / Thomas Maheux
10 juillet 2017
Périgueux

Le carnet de notes de la première semaine

Déjà une semaine d’écoulée sur les routes du Tour. Et nous ne nous sommes pas ennuyés ! Entre les sprints houleux, les chutes, l’attaque d’Aru sur la Planche et l’étape folle d’hier, ce début de Tour est très intense. Aujourd’hui, pour la première journée de repos, la Chronique du Vélo rend les copies et distribue les notes à dix des acteurs les plus importants de cette Grande Boucle.

Rigoberto Uran : 09,5/10

Rigoberto Uran ne sort pas de nulle part. Il a de solides références, mais ces dernières années, on l’a peu vu aux avant-postes. Sur ce Tour, le Colombien a retrouvé les jambes qui l’avaient porté sur le podium du Giro à deux reprises. Solide sur la Planche et impressionnant sur le Mont du Chat, il s’est même offert le luxe de remporter l’étape à Chambéry, avec un dérailleur cassé. Sans pression, Uran pourrait bien créer la surprise sur le podium à Paris.

Marcel Kittel : 09/10

Kittel aurait-il pu rêver meilleur début de Tour ? Trois nouvelles victoires d’étape dans sa musette, ce qui porte son bilan à douze – soit autant que son compatriote Erik Zabel. Avec la disqualification de Sagan et l’arrivée hors-délais de Démare, le grand Marcel n’a jamais été aussi bien placé pour ramener le maillot vert à Paris. Quoiqu’un peu malmené par Boasson Hagen à Nuits-Saint-Georges, l’Allemand a la voie libre pour remporter une, deux ou trois étapes supplémentaires, et ainsi dépasser son record de quatre victoires sur une édition. Sur un petit nuage.

Chris Froome : 08,5/10

A la tête de son escadrille de corbeaux blancs, l’aigle royal Froome s’est vite paré de jaune. Très bon dans le contre-la-montre inaugural, en maîtrise dans les ascensions, le triple vainqueur de la Grande Boucle est bien parti pour quadrupler la mise. Si l’on doit trouver un petit défaut à sa copie, on retiendra qu’il n’a toujours pas gagné cette année. Son coup de griffe contre Fabio Aru hier dans le Mont du Chat donne un sentiment également mitigé mais cela prouve néanmoins qu’il est définitivement entré dans le costume jaune de patron.

Fabio Aru : 08/10

Mercredi, la Planche des Belles Filles a été le théâtre d’une très belle victoire à l’italienne. Le principal acteur ? Fabio Aru. Le Sarde, remis de son forfait pour le Giro, est venu en France avec des ambitions, que rien ne freinera, même pas un incident mécanique du maillot jaune. Bien accompagné par Fuglsang, Aru est un prétendant à la victoire finale. Son tempérament offensif est un danger pour Chris Froome, bien décidé à le mater, à coup de coude, si nécessaire. Mais Aru n’est pas froussard, et attaquera dans les deux semaines à venir.

Les coureurs français : 08/10

Quelle semaine tricolore ! Présente dans le sprint avec un Démare à son apogée, dans les échappées avec les courageux Offredo, Bouet, Voeckler et tant d’autres, et en montagne avec un Romain Bardet au niveau des meilleurs, la France s’est imposé comme une nation qui compte pendant cette première semaine du Tour. En point d’orgue, les victoires du sprinteur de la FDJ et de Lilian Calmejane, mais aussi la bravoure d’un Warren Barguil, offensif et récompensé par un maillot à pois solidement accroché à ses épaules. On en redemande.

Romain Bardet : O7,5/10

Il n’en reste plus que trois, des coureurs à pouvoir encore battre Froome cette année. Le Français, dauphin du Britannique l’an passé, en fait évidemment partie. Après avoir parfaitement limité sur la Planche, il a même fait douter le Kenyan Blanc dans la descente à risques du Mont du Chat. Parfaitement épaulé par une stratégie d’équipe très bien pensée, Romain Bardet est bien parti pour un nouveau podium. À moins que son rêve de jaune ne le mène plus haut.

Le Mont du Chat : 07/10

Quarante-trois ans sans Mont du Chat sur le Tour, une véritable aberration au vu du spectacle d’hier, dont l’ascension du Jura fut le décor. Dans la montée comme dans la descente, il y a eu des rebondissements : entre les défaillances de Contador et de Quintana et la descente de maestro de Bardet, le terrible Mont du Chat a totalement changé le cours de cette Grande Boucle. Pour le meilleur donc, mais aussi pour le pire avec l’horrible chute de Richie Porte. La descente est peut-être trop dangereuse mais les favoris n’ont pas escamoté la montée et y ont sorti les griffes. Quand est-ce qu’on revient ?

FDJ : 06/10

La semaine était presque parfaite. Arnaud Démare en vert, la première victoire d’un Français au sprint depuis onze ans, un collectif parfaitement huilé par son gourou Madiot en pleine bourre. Jeudi soir, la note aurait frôlé le dix. Trois jours plus tard, elle dépasse à peine la moyenne. La faute à un Thibaut Pinot inexistant et à un Arnaud Démare touché par un mal invisible mais apparemment incurable qui a entraîné trois de ses valeureux coéquipiers avec lui dans la voiture-balai. Difficile d’en faire le reproche à une équipe malchanceuse, mais terminer le Tour à cinq semble une tâche bien compliquée.

Nairo Quintana : 04/10

Il avait déclaré ne pas être à 100 % sur le Giro pour pouvoir gagner le Tour de France. Une semaine après le départ de Düsseldorf, Quintana, deuxième du dernier Tour d’Italie, va devoir se remettre au pragmatisme. Avec près de trois minutes de débours sur Chris Froome, la tâche semble plus compliquée que jamais. Le Colombien paraît fatigué, entre les sollicitations de ses nombreux supporters (supportrices) et les kilomètres italiens encore dans les jambes. Pour gagner, il devra attaquer de loin, pas dans les habitudes de la maison.

La Trek : 02/10

L’équipe américaine avait belle allure au départ de Düsseldorf, avec – excusez du peu – Alberto Contador, Bauke Mollema, Jarlinson Pantano et John Degenkolb, entre autres. Mais patatras, rien n’a marché. L’Allemand est loin de son niveau de 2015, le Néerlandais et le Colombien ne suivent pas le rythme en montagne et surtout, le leader espagnol de l’équipe a perdu quatre minutes dès la première étape de montagne ! Après sa chute, l’ancien vainqueur du Tour a même dû se débrouiller tout seul pour revenir dans le groupe des favoris. Il faudra désormais une stratégie plus offensive pour sauver la Grande Boucle des Trek.

Les mentions : Warren Barguil, Dan Martin, le Jura.
Les déceptions : Esteban Chaves, Louis Meintjes, les chutes.

Et pour vous, qui est le meilleur élève de cette première semaine de Tour?

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La Jonchère
La Jonchère

Pour moi, il manque clairement un beau 10 dans cette liste de notes, et je l’attribue sans hésiter à la Chronique du Vélo, qui nous gratifie d’articles aussi passionnants qu’abondants depuis le début de ce Tour. Je n’ai malheureusement guère le temps de commenter autant que je le voudrais, et je suis parfois en désaccord avec certaines analyses un peu rapides (on sent la passion!), mais je lis vos papiers tous les jours avec un grand plaisir. C’en est même devenu un rituel d’après-étape, point d’orgue de ma journée cycliste. Je ne regrette vraiment pas d’avoir participé à votre cagnotte. Un seul souhait donc : que vous continuiez à nous régaler ainsi jusqu’à la fin de ce Tour, et que ce format soit reconduit pour les prochaines éditions, voire pour d’autres évènements du calendrier (à commencer par la Vuelta qui arrive).