Après trois semaines passées à larbiner pour son leader Chris Froome sur le Tour de France, Michal Kwiatkowski était leader des Sky sur la Clasica San Sebastian. Et le Polonais n’a pas déçu, vainqueur en costaud. L’ancien champion du monde réussit sa meilleure saison depuis son arrivée chez les Britanniques.

De grandes promesses

Milan-Sanremo, les Strade Bianche, une deuxième place sur l’Amstel et une troisième sur Liège-Bastogne-Liège. Michal Kwiatkowski n’avait pas besoin d’un nouveau coup d’éclat cette année pour réussir sa saison. En remportant son premier monument, le Polonais avait enfin répondu aux grandes attentes que le monde du cyclisme faisait reposer sur ses épaules depuis ses débuts chez les juniors, en 2007. Malgré un titre de champion du monde en 2014, on attendait plus du Polonais. « Je sais que je n’ai pas perdu mon talent. Je sais ce que je peux accomplir », nous expliquait-il en mars dernier, avant sa victoire sur la Primavera.

Aujourd’hui, Kwiatkowski a accompli la course parfaite. Sur l’attaque de son coéquipier Mikel Landa, le Polonais n’a pas paniqué. Il était même très confiant, et il fallait l’être pour laisser partir devant Tony Gallopin et Bauke Mollema, deux anciens vainqueurs de la Klasika. Grâce à la stratégie d’équipe, il n’a pas eu à puiser dans ses réserves pour revenir sur le trio de tête, tracté par un Tom Dumoulin de retour sur le devant de la scène. Et au sprint, Kwiatkowski n’a pas eu de mal à régler Tony Gallopin, deuxième pour la deuxième année consécutive. Evidemment, il y avait de la joie. C’est bien comme ça que veut vivre aujourd’hui le Polonais. Coéquipier modèle sur les grands tours – nous l’avions élu meilleur équipier de la Grande Boucle il y a quelques jours – mais aussi leader et vainqueur sur les courses d’un jour. Après une saison 2016 catastrophique (une seule victoire, le GP E3), la confiance est revenue.

La joie de vivre

« Je pourrais rêver de beaucoup d’autres courses mais pour l’instant, le plus important reste de m’amuser sur le vélo, sans forcément me fixer des buts précis », nous confiait-il en mars. La phrase est un peu banale, mais pourtant, voilà à quoi marche le champion polonais : au plaisir. Kwiatkowski peut briller partout. De la même génération que Peter Sagan – dont il est souvent resté dans l’ombre – il est peut-être le seul coureur capable de contester la suprématie du Slovaque dans les années à venir, on l’a vu sur les routes italiennes ce printemps. Tout dépendra donc des envies de l’ancien champion du monde, qui ne ferme aucune porte, même pas celle des grands tours. « J’apprends beaucoup de Chris Froome, sur sa préparation et sur son comportement en tant que leader. Je pourrai réutiliser ça plus tard. J’ai aussi compris que, pour réussir sur les grands tours, vous avez besoin de croire en votre équipe et avoir une solide confiance en vous. » Improbable ? N’oublions pas que pour ses débuts sur le Tour, Kwiatkowski avait terminé onzième au général à Paris, en 2013.

Mais aujourd’hui, Kwiatkowski est heureux dans son rôle chez Sky. Il a là-bas de nombreux amis et compatriotes, et est reconnu par ses collègues. Chris Froome l’avait notamment chaleureusement remercié pour son sacrifice au pied du Col de Peyra Taillade, où Kwiatkowski avait retiré une sacrée épine du pied du Britannique en lui donnant sa roue à un moment critique de la course. Son mois de juillet aura été parfait. Le Polonais a ainsi pu se permettre de déguster un hamburger avec une bière à la veille des Champs-Elysées, et a probablement bien profité de son dimanche soir parisien, puisque lundi, il expliquait que « la 22e étape du Tour était la plus dure ! » La vie est belle, mais la saison n’est pas encore terminée. Kwiatkowski le sait. En mars dernier, il nous dévoilait son objectif de fin de saison, un nouveau maillot arc-en-ciel à ramener à la maison.

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