Cette semaine, la Chronique du Vélo décerne ses récompenses de l’année. Dans chaque catégorie, onze de nos rédacteurs ont livré leurs podiums, attribuant ainsi trois points au premier, deux au deuxième et un au troisième. Aujourd’hui, nous récompensons Julian Alaphilippe, lauréat de deux catégories. Il est notre puncheur mais aussi notre français de l’année. Vous pouvez retrouver les deux classements au bas de cet article.

Depuis bientôt six ans que la Chronique du Vélo décerne en fin d’année ses récompenses, c’est la première fois qu’un coureur français en décroche une – ailleurs que dans la catégorie « français ». Julian Alaphilippe, auteur d’une saison fantastique, était même candidat au titre de coureur de l’année. L’Auvergnat s’est placé tout en haut de la hiérarchie mondiale.

Atout n°1 de l’équipe n°1

On se rappelle tous la première fois que l’on a été impressionné par Julian Alaphilippe. Pour beaucoup, c’était au printemps 2015, lorsque le bonhomme, alors âgé de seulement 22 ans, était sorti de sa condition de jeune espoir pour se faire une place, sur les podiums de la Flèche et de Liège-Bastogne-Liège, juste derrière le maître des lieux Alejandro Valverde. Depuis, il n’a cessé d’allonger la liste. Il y a eu son premier Tour de France, sans victoire d’étape mais prometteur, sa confirmation sur les ardennaises, avant le premier grand succès, en 2018 au sommet du Mur de Huy. Puis tout s’est enchaîné, le maillot à pois au mois de juillet, une popularité grandissante et un statut qui change. Il y a douze mois, au cœur de l’hiver après l’échec du Mondial, Julian Alaphilippe avait donc une mission. Arriver assez fort au printemps pour franchir un cap, devenir ce chasseur de monuments qu’il était prédestiné à devenir. Le public français ne voulait pas attendre plus longtemps.

Un an plus tard, on n’osera pas dire que l’Auvergnat est sur le toit du monde, parce qu’il n’a pas gagné Liège-Bastogne-Liège ni décroché le maillot arc-en-ciel. Mais il en est tout proche, quand même. Se plonger dans sa saison, c’est se prendre en pleine figure la définition de ce qu’est un champion. On n’oubliera pas qu’il y a eu une nouvelle déception en fin d’année, dans la course au titre mondial. Mais on se rendra peut-être compte, bientôt, que c’était un passage nécessaire pour de futurs succès. Surtout, tout ce qui avait précédé avait frôlé la perfection. Les Strade Bianche, deux étapes de Tirreno, Milan-Sanremo, une étape au Tour du Pays-Basque, la Flèche Wallonne : on n’avait pas vu un Français dominer autant le printemps depuis Laurent Jalabert il y a deux décennies. Le grand espoir est devenu un cador du peloton, l’arme privilégiée de Deceuninck-Quick Step, l’armada la plus puissante du peloton. Ses lieutenants s’appellent Philippe Gilbert, Zdenek Stybar ou même Elia Viviani, selon les jours.

Printemps prolifique, été exaltant

Tout ça aurait suffi, probablement, à offrir à Julian Alaphilippe les titres de puncheur et de français de l’année. Mais ça ne représente que la moitié de ce qu’a été sa vie depuis un an. Parce que l’été venu, « Alaf » a continué sa razzia, sur un tout autre terrain. Fini les classiques, place au Tour de France – accrochant juste avant une étape sur le Dauphiné, une victoire prestigieuse presque anecdotique dans une saison phénoménale. Après avoir ramené le maillot à pois l’an passé, il était attendu. Pouvait-il faire aussi bien ? Avait-il encore l’énergie après sa campagne de classiques ahurissante ? On a pu se poser la question un moment. Il y a très vite répondu. Troisième étape, entre Binche et Epernay : voilà Julian Alaphilippe qui s’envole seul à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée pour empocher l’étape et le maillot jaune. Pas de doute, le nouveau chouchou du public tricolore va répondre présent en ce mois de juillet. La suite sera même un feu d’artifice.

Un maillot jaune perdu à La Planche des Belles Filles, le jour où il laisse pourtant une impression exceptionnelle ; un numéro qui laisse toute la France sans voix entre Mâcon et Saint-Etienne, avec Thibaut Pinot dans sa roue ; un maillot de leader qui revient sur ses épaules ; une victoire écrasante sur le chrono ; une deuxième place inattendue au sommet du Tourmalet ; le public qui se met à rêver ; un règne de deux semaines qui est encore d’actualité à trois jours de l’arrivée, au moment d’aborder les Alpes. On a été de surprise en surprise, avant la fin inéluctable. Julian Alaphilippe n’était pas fait pour gagner le Tour et les rêves français, sur l’étape de l’Iseran, étaient trop ambitieux, portés sans doute par la frustration de voir l’autre grand français de cette année, Thibaut Pinot, abandonner alors qu’il semblait avoir la victoire finale dans les jambes. Mais Alaphilippe ne peut pas nourrir de regrets. Il a offert à la France le Tour le plus exaltant des dernières décennies. Après lui avoir offert, déjà, le printemps le plus prolifique depuis bien longtemps.

Selon vous, qui est le français de l'année ?

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Selon vous, qui est le puncheur de l'année ?

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Le podium de la Chronique du Vélo pour le Français de l'année

Julian Alaphilippe
32pts
Thibaut Pinot
23pts
David Gaudu
6pts

Le podium de la Chronique du Vélo pour le puncheur de l'année

Julian Alaphilippe
28pts
Jakob Fuglsang
19pts
Mathieu Van der Poel
15pts
Tour de France 2019 – 17/07/2019 – Etape 11 – Albi / Toulouse (167 Km)

Julian Alaphilippe

27 ans, Français, Deceuninck-Quick Step

12 en 2019
Classement UCI : 2

Milano-Sanremo 2019 – edizione 110 – da Milano a Sanremo (291 km)

Milan-SanremoVainqueur

3L'Auvergnat est le troisième français du peloton actuel à remporter un monument, après Démare et Pinot

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Flèche WallonneVainqueur

4En quatre participations, Alaphilippe a toujours terminé vainqueur (2 fois) ou deuxième (2 fois) de la Flèche

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Tour de FranceMaillot jaune 14 jours, vainqueur de 2 étapes

5Dans les Alpes, le Français a perdu quatre positions, passant de la première à la cinquième place

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