Depuis le début du Tour d'Espagne, Wilco Kelderman accompagne régulièrement les meilleurs jusqu'à l'arrivée. - Photo Team Sunweb
7 septembre 2017

Kelderman, enfin l’éclosion

Surprenant troisième du classement général, Wilco Kelderman semble enfin confirmer un talent qui peinait à éclore au top niveau. Car pour la première fois de sa carrière, le garçon de 26 ans est dans la course au podium sur un grand tour, et possède les armes pour s’y accrocher.

La surprise de la Vuelta

Wilco Kelderman a accéléré la fin de collaboration en queue de poisson entre Warren Barguil et le Team Sunweb. Non pas que le Néerlandais soit fautif, mais le meilleur grimpeur du dernier Tour de France n’a tout simplement pas attendu son leader désigné, victime d’un problème mécanique. L’exclusion du Breton de la Vuelta par son équipe, pour non respect des consignes, avait alors fait débat sur la planète vélo. Attendre Kelderman, dont le meilleur résultat sur un grand tour est une septième place sur le Giro 2014, et qui n’a décroché que quatre victoires professionnelles, trois chronos et le Tour du Danemark en 2013, cela semblait irrationnel en jetant un œil sur le mois de juillet du Français. Mais les performances du Néerlandais depuis sont en passe de prouver l’inverse.

Pourtant, sur les dix premières étapes de cette Vuelta, Wilco Kelderman n’a pas surpris grande monde, se contentant d’être au niveau qu’on lui connait. Aux portes du top 10, c’est l’étape s’achevant à Calar Alto qui a servi de déclic au Hollandais, en plus de le faire bondir au classement général. En accompagnant Nibali et Froome jusqu’au sommet, il a montré à ses adversaires que, pour la première fois, il faudrait le prendre en compte dans la course au podium. Et que dire du formidable contre-la-montre réalisé avant-hier par l’homme d’Amersfoort, qui le replace sur la boite et lui permet de n’être précédé plus que par Froome et Nibali, encore eux. Une éclosion au top niveau que l’on n’attendait plus après les belles promesses laissées par son début de carrière. Kelderman semble enfin avoir franchi un cap lui permettant de tenir tête aux meilleurs.

Des promesses enfin confirmées

« J’ai travaillé très dur ces derniers mois pour progresser et c’est vraiment dommage de ne pas pouvoir continuer à le montrer. » Ces mots ont été prononcés par le Batave après son abandon sur le dernier Giro, où il devait épauler Tom Dumoulin dans sa quête de rose. Car lui aussi a été contraint de renoncer à l’épreuve transalpine à cause de la fameuse moto ayant provoqué la chute de Geraint Thomas et plusieurs de ses coéquipiers. Mais ce fait de course est peut-être en train de lui servir. N’ayant que peu couru cette saison, il est sûrement l’un des hommes les plus frais du top 10 de ce Tour d’Espagne. Et son niveau, comme il l’affirmait, s’est véritablement élevé. Ses jeunes années, auréolées de nombreux top 10 sur les courses par étapes – 5e du Tour de Romandie 2013, 4e du Dauphiné 2014 – ont révélé un coureur complet, capable de grimper avec les meilleurs mais surtout de faire des différences contre-la-montre.

Il aura donc fallu qu’il attende le septième grand tour de sa carrière pour enfin jouer les premiers rôles. Pourtant, Kelderman prend les étapes les unes après les autres, déjà très heureux d’être présent au rendez-vous qu’il s’était fixé. Le Néerlandais, lors d’une interview donnée à nos confrères de Cyclingnews la semaine dernière, n’avait d’ailleurs pas du tout le discours d’un candidat au podium. « Je n’ai pas eu de chance au printemps dernier, donc c’est déjà une bonne chose de bien aller. J’attendais cette Vuelta avec impatience. Chaque grand tour est différent, mais j’avais déjà fait la Vuelta auparavant et je savais à quoi cela ressemblerait. » Et si cette attitude, de courir au jour le jour, sans faire de plans sur la comète, était la recette qui convient à Wilco Kelderman ? Depuis trois semaines, elle est parfaite pour le Néerlandais, qui entrevoit peut-être le début d’une seconde carrière, une place s’étant en plus libérée avec le départ de Warren Barguil.

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10 Commentaires sur "Kelderman, enfin l’éclosion"

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paroz
paroz

De gros doutes tout de même sur la sunweb cette année tout de même… Dumoulin, barguil, matthews, kelderman au top du top, ça commence à faire beaucoup je trouve…
Ils ont trouvé la carburation, sans ça kelderman n’aurait jamais été sur le podium de cette vuelta très montagneuse… Des dispositions oui, de là à suivre nibali et froome…

paroz
paroz

Sinon est t’il possible d’éditer ses messages? je m’aperçoit toujours de corrections auto ou fautes après…

David Brabyn
David Brabyn

Oui, normalement vous avez 15min pour éditer votre commentaire.

chris83
chris83

Je m’interroge également sur « l’explosion » cette année des coureurs de Sunweb, beaucoup plus discrets les années précédentes. Dans le cyclisme actuel, on vit de doutes permanents hélas.

rolfsorensen
rolfsorensen

Je trouve ces doutes assez injustifiés. On sait que Dumoulin avait le potentiel pour résister face à un Quintana qui doublait Giro- Tour. Barguil et Kelderman ont manqué une partie de la saison et sont donc plus frais que d’autres. Je ne trouve rien d’étonnant à ce que Kelderman soit au niveau de Zakarin sur cette Vuelta.
Matthews, lui, n’a pas explosé les sprints du TDF non plus, il a su construire son maillot vert en s’échappant.

chris83
chris83

Il y a aussi Oomen, Kamna , Bauhaus, Ardnt…….

rolfsorensen
rolfsorensen

Et? Chacun réussit sa saison en fonction de ses qualités, de bonnes prestations qui justifient relativement les attentes placées en eux.
Dumoulin a fait son Giro tout seul, son équipe en retrait, bien loin de la Sky en tout cas.
Si la spirale est positive et que la victoire de Dumoulin tire tout le monde vers le haut, on ne peut pas dire que Sunweb aura écrasé qui que ce soit sur toutes les courses.
Saluons plutôt une belle saison.

calbuth
calbuth

Je suis d’accord avec rolfsorensen. Franchement Dumoulin était déjà passé pas très loin il y a deux ans, Matthews a déjà fait des saisons bien voraces et il a bénéficié de l’expulsion de Sagan sur le Tour, la réussite de Barguil en rôle d’électrons libre n’est pas une surprise… Wilco Kelderman réussit une vuelta au delà de ses standards habituels mais ses qualités de rouleur et grimpeur sont connus et il ne faut pas oublier que nous parlons de la vuelta, le moins exposé des 3 grands tours, celui qui reserve toujours son lot de surprises (plus ou moins naturelles je vous l’accorde).

Brice de Nice
Brice de Nice

Bauhaus : 3eme du championnat d’Allemagne 2014, derriere Greipel et Degenkolb. 4eme championnat du monde espoir 2016 + qq victoires par ci par la. Rien d’étonnant à ce qu’il gagne une étape du dauphiné..

Oomen : Rhone alpes-isere tour en 2015, Tour de l’ain en 2016 quand même devant les habitués Pinot et Cie + 3 eme du criterium internationnal. Rien de choquant pour faire une 13eme place sur la Vuelta avant son abandon surtout avant les grosses étapes, quand on regarde le niveau.
Kamna : vraiment ?! il était champion du monde junior du chrono et bronze au championnat CLM espoir.

Ardnt : what? si tu ne connais pas son potentiel, le mec qui faisait tous les trains de Kittel en gagnant qq courses à coté on ne peut rien pour toi.

Morale : Quand on y connait pas grand chose on ne dit rien.

La Sunweb a une stratégie de formation et est bourrée de pépite pas étonnant qu’elles explosent à un moment. Regardez leur recrutement cet année d’ailleurs.

chris83
chris83

J’ai dit que je m’interrogeais, parce que l’on a ete douché souvent par le passé et croire que tout est clean dans le cyclisme d’aujourd’hui releve au mieux de la naïveté, toutes les equipes world tour sont composees de coureurs qui ont un palmares, sinon ils ne seraient pas là je releve que cette annee cette formation a des resultars qu’elle navait jamais eux tant mieux si c’est à leau claire,