Maillot cyclamen du classement par points sur le dos, Caleb Ewan (à droite) s'est fait chiper le rose par Lukas Postlberger (à gauche) au terme de la première étape - Photo RCS Sport
7 mai 2017
Par  Robin Watt 

Le dur apprentissage d’Ewan

La Sardaigne est une terre de sprinteurs. Pour les trois premiers jours de ce centième Giro, trois étapes de plaine étaient au programme. De quoi offrir une bagarre entre les trois gros sprinteurs au départ : André Greipel, Fernando Gaviria et Caleb Ewan. Problème pour l’Australien, ses deux rivaux ont remporté une étape et même eu les honneurs du maillot rose. Pas lui.

Triplement battu

« Pour être honnête, je suis dévasté », lâchait Caleb Ewan à Tortoli, samedi. En plein sprint, le jeune australien venait de déchausser et de voir ses chances de succès s’envoler. Son rêve de maillot rose avec. Le tout pour la deuxième fois en deux jours puisque sur la première étape, déjà, il avait eu la mauvaise surprise de voir Lukas Postlberger faire la nique au peloton et aller chercher la première victoire d’étape de ce Tour d’Italie. Caleb Ewan avait alors pesté contre son coéquipier Alex Edmundson. « C’est lui qui laisse le trou (avec Postlberger, ndlr). Dommage, je me sentais si bien », ruminait-il à l’arrivée. Deuxième sur la ligne, le garçon savait qu’il avait peut-être laissé passer sa chance. « C’est frustrant. L’opportunité de prendre le maillot rose ne se présentera pas tous les jours », ajoutait-il. Force est de constater qu’il avait vu juste. Le week-end lui a offert deux sessions de rattrapage, qu’il n’a pas su saisir.

Alors à 22 ans, il n’y a pas encore de raison de se lamenter. Ewan, qui a déjà remporté une étape sur la Vuelta, verra sûrement son heure venir sur le Giro. Et un jour, peut-être, sur le Tour – il n’y a pour le moment jamais participé. Rien ne sert de précipiter les choses. Mais son caractère de champion l’oblige à une grande exigence vis-à-vis de lui-même. Fernando Gaviria se disait pas encore à 100% et le voilà vainqueur d’étape et maillot rose. L’Australien l’a forcément mauvaise. Quant à Greipel, il a attendu treize grands tours pour enfin porter un maillot de leader. Ewan espère forcément être plus précoce. « Si je dois retenir quelque chose des derniers jours, c’est que je suis en forme et je sais que je peux le faire (aller gagner, ndlr) », concédait-il samedi soir. Le garçon ne peut pas se résoudre à voir gagner les autres sans lui aussi lever les bras.

Une croix sur le maillot rose

« Je me mets plus de pression que n’importe qui autour de moi », confiait Ewan cet hiver à CyclingWeekly. Sa précocité en a fait un phénomène, attendu sur chaque course. Et il le sait. « Mais je pense que je maîtrise bien la pression », ajoute-t-il. L’Australien a confiance en lui. Comme tous les sprinteurs qui gagnent. « La saison dernière n’a pas été aussi bonne que je l’espérais. Je voulais au moins une victoire sur le Giro, surtout après avoir gagné dès mon premier grand tour (la Vuelta 2015, ndlr). » Mais ce succès n’est pas venu. Ewan s’est rendu compte que la concurrence était bien plus coriace. Et c’est encore plus le cas cette année sur la course rose. Gagner durant ce mois de mai serait donc au-dessus de tout ce qu’il a connu jusqu’ici. Greipel et Gaviria sont des références qu’Ewan doit venir chatouiller. Il en a les capacités. Mais sans doute nerveux et en manque de réussite, il n’y est pas encore parvenu. Il aura d’autres occasions, y compris sur ce Giro. Sauf qu’après l’Etna, mardi, il ne sera plus question de maillot rose. Un premier échec, malgré tout.

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