En décrochant une victoire d'étape sur la Vuelta, quelques jours après avoir fêté ses 21 ans, Ewan a marqué les esprits - Photo AFP
20 septembre 2015
Par  Robin Watt 
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Ewan, parce que le talent n’attend pas

Signer un contrat professionnel à 19 ans est déjà une prouesse, mais ce n’est même pas la plus impressionnante en ce qui concerne Caleb Ewan. Le jeune sprinteur australien, depuis plusieurs années, ne cesse en effet d’impressionner par sa précocité, et a franchi un nouveau cap en 2015.

Déjà performant et responsabilisé

Ça ne s’est pas joué à grand chose. Âgé de seulement 20 ans en début de saison, Caleb Ewan est passé tout près d’un titre national, pour ce qui était sa première participation aux Championnats d’Australie. Il a en effet fallu que Heinrich Haussler s’emploie pour remporter le sprint et priver son cadet d’un sacre improbable. Mais ce n’était que partie remise pour le prodige du sprint mondial. « Au début de saison, l’équipe attendait de moi cinq victoires. J’en ai décroché dix », n’hésite pas à lâcher Ewan sans toutefois fanfaronner. En réalité, le total est passé à onze depuis la cinquième étape du dernier Tour d’Espagne, où l’Aussie s’est offert le plus beau succès de sa très jeune carrière. Une performance inattendue, que le principal intéressé n’écartait pourtant pas avant le départ de son premier grand tour : « J’y vais surtout pour engranger de l’expérience, mais évidemment j’aimerais remporter une étape. »

Alors qu’il prévoyait dès le départ de ne courir que dix jours, il a atteint son objectif à la moitié de « son » épreuve : lors de la cinquième étape. A Alcala de Guadaira, il s’est payé le scalpe de Degenkolb et Sagan avec une facilité déconcertante au terme d’un sprint en bosse. Ce petit gabarit (1m65, 61 kg), à l’aise sur des terrains compliqués, pouvait alors savourer ce qui était « de loin le plus beau jour de [sa] carrière ». Mais ce n’était là que l’aboutissement logique d’une saison rondement menée, où l’Australien a toujours su rivaliser avec les meilleurs mondiaux lorsqu’il a pu se confronter à eux. Seulement battu par Kristoff sur les deux premières étapes du Tour de Norvège, puis par Kittel en Pologne, il a enchaîné les places d’honneur et engrangé la confiance de son équipe, qui n’a par exemple pas hésité à mettre à son service Gerrans et Impey sur le Tour de la Rioja, remporté par Ewan. « Ce sont des gars que j’admirais il y a quelques années. Donc les avoir à côté de moi pour me permettre de gagner une course, c’est assez cool », racontait-il avec un enthousiasme contagieux.

Toujours plus ambitieux

Pourtant, voir Caleb Ewan s’immiscer parmi les grands n’a rien de si nouveau. Début 2012, à 17 ans et déjà sacré champion du monde junior de l’omnium sur piste, il avait devancé Robbie McEwen et Allan Davis sur la Jayco Bay Classic, le critérium d’ouverture de la saison australienne. Et ce qui aurait pu être un coup de chance est rapidement devenu dans l’esprit collectif le premier exploit d’une carrière qui devrait en compter beaucoup. Car le garçon de Sydney a vite confirmé ses qualités de sprinteur en décrochant ci et là des bouquets ou des accessits significatifs. Deuxième des Mondiaux Juniors en 2012, il termine ensuite quatrième et de nouveau deuxième chez les Espoirs lors des deux éditions suivantes. Sur le Tour de l’Avenir 2013, il décroche également les deux premières étapes, avant d’en ajouter une troisième à son palmarès un an plus tard. En clair, Ewan flambe. Mais il en veut toujours plus. Lorsqu’il termine troisième de la People’s Choice Classic en 2014, derrière Kittel et Greipel, il juge sa performance « un peu décevante ».

A l’heure où les trois prochaines éditions des Championnats du Monde semblent promises à des sprinteurs – plus ou moins adeptes des classiques selon les années -, Caleb Ewan pourrait devenir un véritable épouvantail. Alors qu’il vient de fêter ses 21 ans et après tout juste 13 mois chez les professionnels, il compte déjà une victoire en grand tour et une place de choix au sein d’une formation World Tour très orientée vers les jeunes. De quoi nourrir des ambitions légitimes pour 2016, année où il devrait courir avec plus de régularité sur les épreuves du calendrier élite. Le Giro et la Vuelta seront vraisemblablement à son programme, avec cette fois l’ambition d’aller au bout. Plus prolifique que Mark Cavendish lors de sa première saison professionnelle, Ewan a même reçu les éloges du plus grand sprinteur australien, Robbie McEwen. « Jusqu’où peut-il aller ?, s’est demandé le triple maillot vert du Tour de France. Personne ne le sait encore, mais une chose est sûre, il est sur la bonne voie. »

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