Hier, les BMC ont assuré la poursuite dans le groupe de contre-attaque. En vain - Photo ASO (Alex Broadway)
17 juillet 2017
Le Puy-en-Velay

Du rêve au cauchemar

La BMC a perdu toute ambition sur ce Tour en à peine une semaine. La chute et l’abandon de Richie Porte ont obligé l’équipe américaine à se trouver de nouveaux objectifs, comme une victoire d’étape. Mais la tâche n’est pas simple.

Destin cruel

Entre l’abandon de Richie Porte, la deuxième place de Greg Van Avermaet à Rodez et l’échec collectif de l’échappée du Puy-en-Velay, la liste des déceptions est longue pour BMC. Mais les coureurs gardent bonne figure, malgré les coups du sort. La frustration reste pourtant palpable. Samedi soir à Rodez, le bus de l’équipe américaine était le premier à quitter la ville. « On est déçus de ne pas gagner, nous soufflait Stefan Kung, deuxième du chrono inaugural. On a énormément travaillé aujourd’hui, tout ça pour rien… Mais on va continuer. » Lorsque dimanche dernier, Richie Porte a quitté la route du Tour après une lourde chute, toutes les illusions de jaune à Paris se sont envolées. « Ça a été un gros coup dur, confirme Stefan Kung. On s’est tous préparés pour être ici, dans le but d’aider Richie à monter sur le podium à Paris. » Si la première semaine ne s’était pas trop mal passée, la descente du Mont du Chat a tout fait voler en éclats.

La BMC devra encore attendre pour gagner un deuxième Tour de France, après celui de Cadel Evans en 2011. Comme toute son équipe, le grand espoir suisse s’est posé des questions. « Au départ, c’était difficile. On a travaillé pour Richie toute la semaine, on ressentait tous un peu de fatigue. Et puis en deux jours, on a réussi à retrouver le moral et on s’est fixés de nouveaux objectifs. On veut essayer de gagner une étape. » Les ambitions sont revues à la baisse, naturellement. « Nous avions un sérieux prétendant au classement général, mais il a eu un accident. C’est la course, nous expliquait hier matin Jim Ochowicz, le manager de l’équipe américaine. Ça peut arriver à n’importe qui, à n’importe quel moment. Mais nous restons concentrés et nous allons continuer à nous battre, essayer encore et encore, en prenant les échappées. » Hier, la consigne a parfaitement été appliquée, puisque quatre coureurs de l’équipe étaient partis à l’avant : Damiano Caruso, Alessandro De Marchi, Amael Moinard et Nicolas Roche. Malgré cette supériorité numérique, aucun d’entre eux n’a réussi à terminer dans les cinq premiers. Pire encore, Damiano Caruso s’est retrouvé seul dans le groupe de poursuivants au moment où il avait besoin de coéquipiers pour rentrer sur le soliste Bauke Mollema. Bref, hier, le plan n’a pas fonctionné.

Le phénix qui renaît de ses cendres

Malgré tout, une bonne nouvelle, l’entrée de l’Italien dans le top dix au général, à six minutes du maillot jaune. « J’ai fait un bond en avant dans le classement. Cette manière de courir est ma seule chance d’être dans le top dix. Je dois travailler dans cet esprit » , expliquait-il hier soir au micro de la RAI. Mais une hypothétique place dans les dix meilleurs de ce Tour ne comblera pas vraiment la désillusion occasionnée par l’abandon de Richie Porte, qui pouvait viser le maillot jaune à Paris. Une victoire d’étape, c’est autre chose. Tel le phénix qui renaît de ses cendres, l’équipe veut se remobiliser pour atteindre de nouveaux objectifs. Il s’agit de montrer qu’on ne se contente pas de jouer les seconds rôles. Pour l’un des plus gros budget du peloton, la victoire est une obligation. Greg Van Avermaet aurait pu être le sauveteur du marasme, s’il s’était imposé à Rodez, deux ans après sa victoire face à Peter Sagan. Mais Michael Matthews était plus fort. « Il me reste deux ou trois chances pour aller en échappée dans la dernière semaine, rassure le champion olympique. Ce n’était pas ma dernière chance. »

L’échappée, voilà la seule solution pour la BMC. « Il me reste huit hommes très forts », déclarait Ochowicz après la chute de Richie Porte. Mais voilà, la troisième semaine n’est pas très favorable à ce genre de scénarios. Les arrivées de Romans-sur-Isère, de Salon de Provence et de Paris seront probablement réservées aux sprinteurs encore avides de battre Marcel Kittel. À Serre-Chevalier, la concurrence sera très rude. L’Izoard sera le théâtre de la lutte entre favoris. « Il me reste le contre-la-montre de Marseille l’avant-dernier jour », se projette Stefan Kung. Là aussi, le Suisse ne sera pas le seul prétendant à une prestigieuse victoire au Stade Vélodrome. La tâche sera compliquée, surtout que de nombreuses autres équipes courent encore après un succès sur cette Grande Boucle. Il reste une semaine à la BMC pour sauver son Tour.

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