Sous le maillot des Etats-Unis, le jeune Lance Armstrong devient champion du monde quelques mois après remporté sa première étape sur le Tour - Photo DR
19 septembre 2017

Un Armstrong d’un autre temps

Il a 24 ans, déjà, les Mondiaux prenaient place en Norvège. Sous la pluie. C’est alors un gamin de 22 ans, pas inconnu mais encore considéré comme un espoir du cyclisme mondial, qui va s’imposer. Lance Armstrong. Un jeune américain au talent fou et à l’assurance franche, qui n’en est qu’à sa deuxième saison pro.

Lance 1er

Il n’était pas encore question de come back, de polémiques incessantes, de règne sans partage sur le Tour de France, de discours plein de morgue sur le podium des Champs Elysées, ou encore de doigts levés in memoriam Fabio. Non, il n’était question que d’un jeune Yankee plein d’assurance, dejà connu du petit monde du vélo. Avec pour l’instant, en principaux faits d’armes, un titre de champion des Etats Unis et surtout une étape du Tour enlevée du côté de Verdun. Dans une échappée opportuniste, celui qui est alors le plus jeune coureur de cette édition 1993 l’emporte au sprint devant des vieux routiers comme Ronan Pensec ou encore Dominique Arnould. Le rookie sait manœuvrer et s’affirmer. A la question posée sur la ligne d’arrivée : « Serez-vous le prochain Greg Lemond ? », il répond sans sourciller : « Non, je serai le premier Lance Armstrong. »

Quelques semaines plus tard, il n’est jamais qu’un outsider sur la ligne de départ des Mondiaux d’Oslo. Pour la première fois de l’histoire, la course met franchement le cap au nord, à destination de la Norvège. Et niveau météo, on se croit davantage en plein hiver qu’au début de l’automne. Les images qui nous reviennent à l’esprit sont celles d’un homme sous une pluie battante, les bras levés. Avec une joie sincère et démonstrative, prenant le temps de longuement saluer, d’embrasser la foule et de savourer son succès, bannière Stars and Stripes sur le torse. Au prix d’un incroyable numéro en solitaire, Lance Armstrong devient le deuxième coureur américain à décrocher le titre mondial, après Greg Lemond à Chambéry en 1989.

Jamais sans ma mère

Ce titre, le Texan le savoure au terme d’une course dantesque, longue de 250 kilomètres, marquée donc par ce mauvais temps incessant digne d’un mois de mars. Bien évidemment, tous les cadors du peloton sont là : Miguel Indurain, Claudio Chiappucci, Johann Museeuw, Andrei Tchmil, Laurent Jalabert… Manque à l’appel Gianni Bugno, pourtant double champion du monde en titre. Qu’importe, la bagarre aura quand même lieu. Elle doit se dérouler sur un circuit urbain sinueux, avec une ascension assez longue à franchir. La météo va forcément durcir la course et favoriser les audacieux. Nombreux sont les coureurs qui finissent à terre. Lance Armstrong lui-même goûte au bitume à deux reprises.

Pas de quoi voir s’envoler ses rêves de gloire malgré tout. Au dernier tour, l’Américain s’envole dans la montée, en solitaire. Personne ne le reverra. Négociant habilement tous les pièges jusqu’à la ligne d’arrivée, il parvient à conserver une belle avance sur ceux qui l’encadreront sur le podium, à savoir Indurain et Ludwig. Pourtant, Armstrong a sacrément levé le pied pour profiter de son succès et de la dernière ligne droite. Sous les yeux de sa mère, dont on pourra mesurer l’importance dans tous les récits et biographies au sujet de L.A. Dans l’ouvrage « Lance Armstrong, itinéraire d’un salaud », il est raconté l’anecdote où un représentant du Roi de Norvège vient à la rencontre du tout frais champion du monde pour le présenter au souverain. Sa mère, qui l’accompagne, se voit retoquée par un membre du service d’ordre, provoquant l’ire du Texan, et le consentement du cerbère. Une force de caractère que l’on aura l’occasion de mieux connaître les années suivantes. Et qui lui sera déterminante dans les affrontements avec ses rivaux. Dont celui qui décrocha à Oslo le titre chez les amateurs : un certain Jan Ullrich.

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14 Commentaires sur "Un Armstrong d’un autre temps"

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Henri
Henri

coureur prometteur a 22 ans, mais il n’a plus jamais rien gagné par la suite, ah si quand meme une fleche Wallonne.
Logique ses activités de Parrain lui ont pris tout son temps

Lance Neilstrung
Lance Neilstrung

Est ce qu’il se dopait déjà avant son cancer? est ce que ses victoires là étaient le fruit honnête de son travail sachant que c’était un sportif hors norme depuis son enfance? Nul ne le sait, mais ce serait triste si c’était le cas.

Henri
Henri

je me suis toujours demandé s’il avait vraiment eu un cancer. Dur de croire sur parole ce menteur invétéré(aucune preuve de cela). Et s’il s’etait absente a l’epoque quelque temps pour tester le dopage sur lui et l’optimiser? rappelons qu’apres son cancer, il est devenu imbattable(c’est sur pour progresser en sport rien de tel qu’un bon petit cancer)… Cette hypothese est bien plus crédible. donc moi, je ne crois pas une seconde a cette histoire de soi-disant cancer.

Lance Neilstrung
Lance Neilstrung

Sachant qu’il n’avait pas la force de frappe « corruptive » avec l’entourage du vélo a l’époque (pas de tour encore donc pas d’argent) ca me parait dur de croire que tous les médecins et infirmiers auraient caché une ablation d’un testicule puis une opération au cerveau. Mine de rien je continue de croire que c’était le meilleur des dopés et pas le plus dopé de tous.

loutrejoyeuse
loutrejoyeuse

C’est sur qu’au milieu des ulrich virenque, botero, heras, j’en passe et des moins bons. Le délit de saleté est relatif.

henri
henri

Le personnel medical est soumis au secret medical!!!
je me rappelle a l’epoque l’UCI dire qu’Armstrong etait une vrai chance pour developper le velo aux US… Armstrong a toujours su trouver l’argent.

Le meilleur des dopes ou le plus dopé je ne sais pas, mais ce qui le rend unique c’est le fait (selon le rapport americain) qu’il etait à la tete du systeme de dopage dans son equipe, et ca c’est un cas unique dans l’histoire du sport, ca fait bien de lui le plus pourri des dopés, et de loin.

Jean-Baptiste Caillet

Je ne pense pas que son cancer soit inventé. N’oubliez pas la fameuse confession devant le couple Andreu en 1996 (de mémoire) où il explique à son médecin qu’il utilisait déjà des produits dopants.

Sawadee dan
Sawadee dan

Armstrong a commencé à se doper au début de sa carrière. Son premier coach était Eddy B chez subaru mongomery, le même gars qui avait dopé l’équipe des USA aux jeux de Los Angeles en 1984 aux transfusions sanguines.
De plus le rapport de USADA qui lui a fait perdre ses titres précisait que c’était le système de dopage le mieux organisé et le plus efficace de l’histoire du sport.

pat
pat

Pourquoi encore s’attarder sur ce personnage infâme , arrogant , tricheur et super dopé ??? N’y a t-il pas des anecdotes à raconter sur des coureurs plus respectables !

xilo94
xilo94

Totalement d’accords. Surtout qu’a cette période il était déjà dopé. Comme je l’ai déjà souligné, on ne parlera jamais d’un Peirero Vainqueur du TDF. Mettons en valeurs les performances saines plutôt que ressasser des carrières de dopés.

calbuth
calbuth

C’est sûr que Pereiro n’a aucunes casseroles au cul…Il a même sa petite rubrique »Affaires de dopage » sur sa page Wikipédia.

loutrejoyeuse
loutrejoyeuse

si wikipedia etait une source sûre ca se saurait.

calbuth
calbuth

Wikipédia n’est jamais la source en soit mais là n’est pas le débat. Ce que je voulais juste souligner est qu’il est difficile d’écrire un article sur un coureur irréprochable des 90/2000’s (même avant ou ptet après), Pereiro est loin d’être aussi sulfureux qu’Armstrong (moins fascinant aussi je trouve) mais il fait partie du gang des asthmatiques, ce qui pour ma part est suffisamment suspicieux pour ne pas l’ériger en modèle de sincérité.

Loutrejoyeuse
Loutrejoyeuse

Tout à fait d’accord. Comme vous le dites si bien en mode wikipedia, tout le monde il est pas beau tout le monde il est dopé.

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