Pour ses deux dernières saisons pros, Damiano Cunego aura été privé de Giro faute d'invitation - Photo RCS Sport
21 janvier 2018
Par  Robin Watt 

Un Giro sans son Prince

Il rêvait de partir sur un ultime Tour d’Italie. Damiano Cunego, 36 ans, voulait revenir là où il s’était révélé, il y a bientôt quatorze ans, en ramenant à Milan un maillot rose que personne ne lui prédisait. Mais RCS, l’organisateur transalpin, a mis l’émotion de côté au moment de décerner ses invitations, et le Petit Prince ne sera pas de la partie.

Cruel…

De 2003 à 2016, le Vénitien n’a fait l’impasse sur le Giro qu’à trois reprises. A chaque fois, c’était pour mieux se concentrer sur le Tour de France, même si les résultats ont souvent laissé dubitatifs. Mais depuis sa dernière venue sur la Grande Boucle, en 2013, Damiano Cunego a quitté le World Tour et s’est recentré exclusivement sur la course rose. Là où le grand public l’avait découvert, au mois de mai 2004, lorsque sous les couleurs de la Saeco, il avait volé la vedette et le maillot rose à son leader supposé Gilberto Simoni. « Le Giro est la course qui m’a fait connaître et qui m’a rendu le plus heureux, confiait-il à La Gazzetta il y a quelques mois, au moment d’annoncer sa retraite à venir. J’aimerais y participer en 2018, le terminer et faire ensuite une croix sur la compétition. » Le plan n’avait rien de farfelu, il s’agissait simplement de s’offrir des adieux à la hauteur d’une carrière.

Avec un Giro mais aussi trois Tours de Lombardie, une Amstel, un maillot blanc sur le Tour de France, des podiums sur Liège-Bastogne-Liège, la Flèche wallonne et les Mondiaux, l’Italien, même s’il n’a jamais atteint les sommets qu’on pouvait espérer, s’est construit l’un des plus beaux palmarès du cyclisme italien des quinze dernières années. Cela valait bien, sans doute, un peu plus de considération de la part de RCS au moment d’attribuer les invitations pour le prochain Tour d’Italie. Déjà privé de l’épreuve l’an passé, Cunego n’imaginait surement pas l’être de nouveau, surtout avec l’annonce de sa retraite. « Je n’ai pas pensé à cette possibilité (de ne pas être invité), reconnaissait-il pour La Gazzetta avant l’annonce. Si nous ne le sommes pas, je terminerai peut-être au Japon. » Ce sera donc probablement le cas, et c’est d’une grande tristesse. Surtout que comme toujours, les choix de l’organisation italienne laissent place au débat.

… mais pas nouveau

L’an dernier, déjà, la sélection avait fait grand bruit. Androni et Nippo – Vini Fantini, déjà, étaient restés sur le carreau au profit d’équipes russe et polonaise. Pour un centième Giro rempli de traditions, ça faisait un peu tâche. Et malheureusement, la ligne de conduite n’a pas vraiment changé depuis : c’est sans sentiments que les wild-cards sont délivrées. En mai prochain, on retrouvera donc Bardiani sur les routes transalpines. Que Nicola Ruffoni, Stefano Pirazzi et Michael Bresciani aient tous été contrôlés positifs la saison passée ne semble avoir gêné personne. Tant pis pour Nippo, qui au classement Europe Tour avait pourtant terminé devant Bardiani et Willier. Tant pis surtout pour Cunego et ses 36 printemps. On aurait pourtant tant aimé que le Petit Prince puisse boucler la boucle et dire au revoir au vélo comme il le méritait.

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2 Commentaires sur "Un Giro sans son Prince"

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chris83
chris83

C’est peut être triste mais cela fait des années que Cunego n’est plus au sommet et signer dans une petite équipe continentale pro , c’est se retrouver à la merci d’invitations hypothétiques dans un environnement de concurrence acharnée: 27 pro continentale cette année pour 4 invitations par grand tour!

Jack
Jack

Très déçu pour Cunego. Un coureur discret, élégant, que j’apprécie énormément. Même s’il n’a pas su réitérer son exploit du printemps 2004, son profil de puncheur/grimpeur et son esprit offensif lui ont permis de se forger un beau palmarès.