Zdenek Stybar a remporté en force le Paris-Roubaix à l'italienne, les Strade Bianche. - Photo Getty
7 mars 2015
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Stybar frappe fort à Sienne

Revanchard, le Tchèque ? Passé à côté de la victoire sur le Tour de Murcie, la faute à un grand Rein Taaramae, et sacrifié au prix d’une débandade collective sur les pavés du Het Nieuwsblad, Zdenek Stybar a livré la course parfaite sur les Strade Bianche, une course si particulière lui allant comme un gant. L’ancien cyclo-crossman a tout simplement dégoûté successivement Peter Sagan, Fabian Cancellara, Sep Vanmarcke, Alejandro Valverde puis Greg van Avermaet, dernier à venir lui contester une victoire devenue prévisible. Même si le succès se doit d’être relativisé, il crédibilise encore un peu plus le coureur d’Etixx-Quick Step comme favori des classiques printanières. Pourquoi pas claquer un monument ?

Une science de la course solidifiée

Les qualités de Zdenek Stybar sur la route ne sont une surprise pour personne, et encore moins pour Patrick Lefeveren qui a toujours cru en lui en lui offrant un rôle de coureur protégé dès son arrivée dans la structure Quick Step, en 2011. Remarqué pour avoir mis fin l’hégémonie de Sven Nys dans les labourés en remportant trois titres de champion du monde de la discipline, Stybar peut indéniablement faire parler ses atouts venus du cyclo-cross. Agilité, explosivité, endurance et résistance, mais surtout une intelligence de course redoutable. Toujours dans les bons coups, il sait se faire violence au dernier moment, et, c’est à souligner, ne livre que peu d’efforts superflus pour accrocher le bon wagon, quand certains peinent à réagir au moment opportun. Sur une course de mouvements comme les Strade Bianche, et à l’exception des premières échappées, aucun groupe ne s’est formé à l’avant sans la présence du renard tchèque. On l’avait déjà remarqué sur les classiques flandriennes l’an passé, où son profil passe-partout avait été des plus utiles à l’équipe Omega Pharma ; mais aussi sur l’Eneco Tour. L’épreuve néerlando-belge, une des courses fétiches de « Styby » , qui l’a remporté en 2013 en prenant les commandes à la mi-crouse, avant de refaire le coup l’an passé avant de voir ses espoirs s’envoler sur chute.

Dans le même genre, sa seule victoire sur un grand tour, lors de la Vuelta 2013, est pleine de malice, faussant compagnie au peloton en compagnie de Philippe Gilbert avant d’aligner le Belge au sprint. Un pur « racer », assez rare dans le peloton actuel, et qui ne cesse de progresser à vitesse grand V. Car ce qui suscite le plus d’admiration chez les observateurs, c’est la facilité déconcertante affichée par Stybar sur des terrains où il ne possède que très peu d’expérience face à ses concurrents. Pour son premier Enfer du Nord, qu’en aurait-il été sans une collision avec un spectateur mal placé au Carrefour de l’Arbre ? Septième de Milan-Sanremo, cinquième de Paris-Roubaix en 2014, et onzième du dernier Tour d’Algarve, le classicman sait à peu près tout faire, et sa première victoire en 2015 arrive à point nommé. Dans le mur à presque 18% débouchant sur la Piazza del Campo, il a mis à profit l’énergie économisée toute la journée pour crucifier un Greg van Avermaet déjà parti à l’offensive plus tôt dans le final. Un timing payant qui lui permet de succéder à son coéquipier Michal Kwiatkowski au palmarès. Se rapproche t-il de la destinée du Polonais, champion du monde à Ponferrada six mois plus tard ?

De quoi manger son chapeau à deux semaines de la Primavera

Avant de se projeter trop loin, Stybar visera cependant les classiques du mois d’avril. Mais il y a pourtant un hic : la possibilité de n’être qu’un lieutenant à cause de l’effectif pléthorique d’Etixx. Boonen, Terpstra, Stybar donc, mais aussi Vandenbergh sont tous légitimes pour endosser le leadership sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Et la question se posera aussi pour Milan-Sanremo ! Mark Cavendish, auteur d’un début de saison canon avec dans sa besace Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Tour de Dubaï, la Classique d’Almeria et une étape du Tour de San Luis, est décidé à s’imposer une deuxième fois, qui plus est sur la mythique Via Roma, annulant complètement la tournure pro-puncheurs voulue par RCS. Sauf que Stybar, dans le top 10 de la Primavera il y a un an, compte bien tirer son épingle du jeu dans les derniers capi de la prochaine édition, et s’affirme comme un sérieux outsider. Le maillot arc-en-ciel de Kwiatkowski a également forgé des ambitions à son porteur, ce qui donne trois hommes capables de l’emporter au sein de la même équipe. Et malheureusement, compte tenu de la concurrence interne, le Tchèque a peu de chances d’être désigné leader. Pourtant, à 29 ans, Stybar, encore jeune pour son vécu sur route, arrive physiquement dans ses meilleures années physiques et pourrait bien faire un carton sur les monuments !

Ce ne serait d’ailleurs qu’une juste récompense. Quand certains de ses partenaires « stagnent » au plus haut niveau, ou amorcent leur déclin, il est l’un des rares à progresser d’année en année. Sa victoire aux Strade Bianche a de quoi lui donner confiance, puisqu’il a tout simplement battu tous ceux qu’il affrontera à nouveau sur les plus grandes courses flamandes, comme le GP E3, Gand-Wevelgem et les deux incontournables monuments. Encore juste, Sagan devra redoubler d’efforts pour se hisser au top niveau dans le money time des prochaines courses d’un jour, tandis que Cancellara et Vanmarcke semblent encore un peu en dessous au niveau de la préparation. Stybar a donc pris l’habitude de gagner, contrairement à un van Avermaet encore dauphin malheureux, et cela peut faire la différence dans les semaines à venir. Son changement de dimension est désormais réalité, et il serait bien d’en prendre acte. Dans un mois, personne ne pourra crier à la surprise, on est désormais prévenus.

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