On avait eu Bradley Wiggins sur Paris-Roubaix il y a quelques années, on aura désormais Vincenzo Nibali sur le Tour des Flandres. L’Italien a confirmé ce week-end qu’il serait de la partie sur les pavés de Belgique. Un défi personnel, et peut-être la première pierre de ce qu’il veut construire au mois de juillet.

Joue-la comme Wiggins

C’est la question que se posent tous ceux qui rêvent de maillot jaune à Paris cette année. Comment se préparer à l’étape des pavés, entre Arras et Roubaix, en première semaine ? Romain Bardet a décidé d’aller repérer ces secteurs pendant l’hiver, en compagnie d’Oliver Naesen et des autres flandriens de l’équipe AG2R La Mondiale. Nairo Quintana, lui, a fait le choix de courir A Travers la Flandre, fin mars, pour tâter un peu le pavé. Mais jusque-là, personne n’avait annoncé vouloir s’aligner au départ du Tour des Flandres ou de Paris-Roubaix. En fait, cela fait des années que ça ne s’est pas fait. En 2008, Christopher Froome avait participé à l’Enfer du Nord, et dans l’anonymat, avait abandonné. Six ans plus tard, c’est Bradley Wiggins qui s’était essayé sur la même épreuve, avec plus de réussite puisqu’il avait décroché un top dix. Deux exceptions.

Tous les candidats au maillot jaune de ces dernières années, en fait, fuient les pavés autant que possible. Sauf deux : Nairo Quintana, qui avait déjà goûté aux flandriennes en 2015, et Vincenzo Nibali, donc, le premier favori du Tour à s’aligner sur le Tour des Flandres depuis des lustres. « J’aime penser que je suis plus qu’un coureur de grands tours, a-t-il expliqué à Cyclingnews. J’ai gagné le Tour de Lombardie deux fois, j’ai été proche de remporter Milan-Sanremo, donc pourquoi ne pas essayer aussi le Tour des Flandres. » Le Sicilien n’a jamais aussi bien porté son costume de coureur à l’ancienne, amoureux des traditions et du panache. A croire qu’il rêve en secret de cette époque où Bernard Hinault pouvait remporter Paris-Roubaix et le Tour de France dans la même année. Un idéal pour certains, envolé depuis bien longtemps avec l’ultra-spécialisation du cyclisme d’aujourd’hui.

Remake de 2014 ?

Vincenzo Nibali sera donc sans doute incapable de jouer quoi que ce soit sur le Ronde. « C’est difficile de dire si je serais compétitif, dit-il un peu différemment. Je sais que je n’ai pas la puissance d’un Peter Sagan. Je ne connais pas ces routes, les secrets de ces pavés et de ces bergs, mais je suis prêt à le découvrir. » Il n’empêche qu’on a tous en tête l’image de ce Tour 2014 où, au milieu des flandriens aguerris, il avait frappé un très grand coup, maillot jaune sur le dos, lors de l’étape des pavés. Troisième ce jour-là, dans la roue de son lieutenant Jakob Fuglsang, il avait devancé Sagan, Cancellara et beaucoup d’autres. Ses rivaux pour le général, au mieux, avaient perdu deux minutes dans l’affaire. Alors méfiance, Nibali fera peut-être plus que du tourisme en avril prochain. Et petit signe du destin en vue de juillet : l’Italien a remporté le Tour la seule année où, depuis 2006, ni Contador ni Froome n’avaient rallié Paris. On n’a jamais été aussi proches de revivre pareille situation.

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