Mettez énormément de Valverde, beaucoup de Quintana, assaisonnez le tout avec quelques bons crus de la formation espagnole et vous avez une saison type de Movistar, leader du World Tour depuis quatre ans avec les mêmes réussites et les mêmes échecs.

Le top : Nairo Quintana

Au départ de sept courses à étapes cette saison, le Colombien a terminé sur le podium de chacune d’entre elles. Il a au passage élargi son palmarès en remportant son premier Tour de Catalogne, son premier Tour de Romandie et sa première Vuelta. À 26 ans, le grimpeur poursuit sa trajectoire ascendante, obtenant le meilleur classement de sa carrière sur le circuit World Tour (2e derrière Peter Sagan). Il est surtout devenu le premier pourvoyeur de points de son équipe devant l’inusable Alejandro Valverde. Nairo Quintana n’a plus qu’une marche à franchir pour entrer dans l’histoire du cyclisme : remporter le Tour de France. Moins vif qu’en 2013 ou en 2015, le dauphin de l’édition 2015 a néanmoins mieux tenu la distance que ses rivaux face à Chris Froome pour obtenir un troisième podium en trois participations. Loin de ruminer ce nouvel échec contre le Britannique, le Colombien s’est prouvé sur la Vuelta que le leader des Sky n’avait rien d’une bête noire.

Le flop : Le Tour de France

Certes, Nairo Quintana a fini troisième. Certes, Ion Izagirre a décroché une belle étape de montagne après trois ans de disette sur l’épreuve. Pourtant, Movistar a déçu sur la Grande Boucle. Si une équipe avait les hommes nécessaires pour perturber la machine Sky, c’était elle. Un mois avant le départ dans la Manche, la formation espagnole a préféré envoyer une sélection de seconds couteaux sur le Dauphiné et sur le Tour de Suisse pour déterminer lesquels seront les plus aptes à épauler le Colombien en juillet. En dehors du tandem Quintana-Valverde, la liste finale avait fière allure avec des gros rouleurs (Erviti, Olivera, Herrada) et des bons grimpeurs (Anacona, Moreno, les deux Izagirre). Les Britanniques ont pourtant dicté leur tempo sans sourciller. Le vétéran Valverde a lancé quelques banderilles, en vain. La direction de l’équipe a longtemps joué la montre en prétendant attendre les Alpes pour agir. Devant le fait accompli, les rares tentatives comme sur le col de la Forclaz n’ont pas pesé dans la course. Eusebio Unzué et ses ouailles n’ont donc toujours pas remporté le Tour.



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