Au terme d'une course disputée dans des conditions difficiles, Stannard a devancé Van Avermaet - Photo Team Sky
1 mars 2014

Le jour de gloire de Ian Stannard

On avait promis de l’animation sur la première classique pavée de la saison 2014, et on n’a pas été déçu. Au terme d’un Omloop Het Nieuwsblad sans temps mort, c’est le Britannique Ian Stannard qui a levé les bras à Gand, devançant Greg Van Avermaet au terme d’un sprint à deux. Une équipe Sky qui décroche sa première victoire sur une classique renommée depuis son irrésistible ascension vers les sommets des courses par étapes, et qui place également le Norvégien Edvald Boasson Hagen sur le podium. Joli clin d’œil dans la ville natale de Sir Bradley Wiggins.

La consécration pour l’Anglais

Souvent, le Circuit Het Nieuwsblad sourit aux audacieux d’un jour. La tendance de ces dernières années est respectée, et un an après la plus belle victoire de Luca Paolini, c’est Ian Stannard qui a levé les bras au terme d’un final similaire. Régulièrement placé sur les classiques depuis son arrivée chez Sky, l’ancien champion de Grande-Bretagne n’a pourtant décroché que sa deuxième victoire chez les pros. Qu’importe, il a surtout confirmé ses excellentes dispositions sur les pavés. Déjà acteur l’an passé sur A Travers la Flandre – où il devait cependant emmener Matthew Hayman – et sur le GP E3, Stannard inscrit enfin son nom au palmarès d’une course d’un jour et se positionne comme un outsider de choix pour les prochaines joutes pavée ; aux yeux de ses rivaux comme en interne.

Fréquemment décrit et utilisé comme le coéquipier modèle par Dave Brailsford, tout d’abord pour épauler Juan Antonio Flecha en 2010, puis Edvald Boasson Hagen ou encore Geraint Thomas depuis deux ans, Stannard prouve aujourd’hui à ses dirigeants qu’ils peuvent compter sur lui à titre personnel. Le natif de Milton Keynes apporte même à l’armada à la bande bleue l’une de ses rares victoires sur une classique depuis sa création ! Souvent critiqué pour sa tactique de course généralement peu avenante, c’est également un joli pied de nez d’adressé à ses détracteurs, puisque le Britannique n’a pas ménagé ses efforts tout au long du final, puisant dans ses réserves pour aligner, tout en puissance, un Greg Van Avermaet pris de court.

Mais cette victoire est également significative du cap franchi par l’Anglais, qui ne se contente plus d’exécuter son job de « machine à rouler » au sein d’un collectif trop fourni pour lui laisser sa chance. Toujours présent dans les bons coups, c’est le succès d’un homme malin et d’un flandrien d’affection. Celui qui n’a jamais caché sa préférence pour les courses humides, boueuses, pavées et dures physiquement a justement débuté Outre-Quiévrain, en 2008, en portant les couleurs de la disparue Landbouwkrediet. Progressant à vitesse grand V, c’était déjà l’une des révélations du dernier Milan-Sanremo (6e) et de ses conditions apocalyptiques, marquées par le froid glacial et la neige. Grand animateur du final en faussant compagnie au peloton avec Sylvain Chavanel dans la Cipressa, Stannard avait déjà montré l’étendue de ses facultés lors des grands rendez-vous, et nul doute que le Britannique est bel et bien lancé pour la campagne de classiques version 2014.

Le coup d’épée dans l’eau des Belkin

Mais si les deux plus malins du jour ont réussi à se faire la belle dans le final – et ce malgré un fort vent de face -, ce n’était vraisemblablement pas intrinsèquement les plus forts à la pédale. L’équipe Belkin a en effet de quoi se mordre les doigts ce soir en analysant la course du jour. Dauphin de Fabian Cancellara à Roubaix il y a un an, Sep Vanmarcke s’est encore fait remarquer pour son tempérament offensif et ses jambes de feu, provoquant dès le Taaienberg la première sélection de ce Nieuwsblad. Sauf que visiblement trop peu satisfait du résultat, le Belge va insister comme un forcené tout au long des derniers bergs et du retour dans la cité flamande… alors que son coéquipier Lars Boom était dans le trio de tête aux côtés de Terpstra et Boasson Hagen. Deux alternatives de luxe pour les hommes en vert, pas non plus vernis par la malchance puisqu’au moment ou le trio maintenait l’écart sur la quinzaine de poursuivants, le rouleur batave crevait, laissant s’envoler ses compagnons de fortune. Avec ce changement de physionomie, c’est l’équipe Sky qui s’est retrouvée à gérer deux possibilités pour la gagne. Bien en a pris alors aux Anglais de laisser carte blanche à un Stannard survolté.

Du côté de l’armada Omega-Pharma Quick-Step, c’est une petite déception, puisque si Tom Boonen n’avait pas prévu de jouer les premiers rôles en ce premier jour de mars, Niki Terpstra n’a pas été récompensé de ses efforts et Zdenek Stybar n’a pas su tirer son épingle du jeu au sein d’un groupe de poursuivants constitué en majorité d’outsiders. C’est ainsi que Kenneth Vanbilsen, vainqueur surprise du GP la Marseillaise fut l’un des principaux protagonistes du final, en compagnie du duo français de la FDJ. Dixième aujourd’hui, Arnaud Démare aura sûrement l’opportunité de prendre une revanche demain à Kuurne, alors que Yoann Offredo nourrissait de grandes ambitions avant de chuter au pied du dernier mont du jour, le Molenberg. C’est alors le Luxembourgeois Jean-Pierre Drucker qui régla le groupe de chasse devant un Taylor Phinney, sans surprise, affûté. Une nouvelle fois, ce Het Nieuwsblad a fait la part belle au spectacle, nous mettant l’eau à la bouche en attendant la suite. On a hâte !

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Bjorn
Bjorn

« Le natif de Milton Keynes apporte même à l’armada à la bande bleue sa première victoire sur une classique depuis sa création !  »

J’ai dû mal comprendre, parce qu’en 2010, Flecha a gagné cette même course, et Sutton et Cavendish ont gagné KBK en 2011 et 2012.

Robin Watt

Exact, grosse erreur de notre part. En fait, Sky n’a pas encore remporté de « grande » classique.