Il s’était un peu fait oublier ces derniers mois, bien malgré lui. Mais Tony Gallopin devrait vite retrouver la lumière avec un retour en France, six ans après avoir quitté Cofidis. Sauf qu’à 29 ans, ce sera à double tranchant. De bons résultats le mettront tout en haut de l’affiche, mais la pression du public tricolore sera aussi un peu plus élevée.

Une bonne idée par Jean-Baptiste Caillet

L’arrivée de Tony Gallopin chez AG2R, c’est un coup qui ne s’assume pas comme tel. En officialisant la nouvelle quelques heures après la signature de Warren Barguil chez Fortuneo, l’équipe savoyarde n’a pas voulu attirer l’attention outre-mesure. Le communiqué publié à l’occasion se situait alors dans la même veine. En gros, Vincent Lavenu expliquait avoir recruté un capitaine de route tout terrain expérimenté, pratique pour épauler Oliver Naesen sur les classiques et Romain Bardet sur le Tour. Dans les faits, c’est un peu plus que cela. S’il reste sur deux saisons en demi-teinte, le Francilien a montré par séquences qu’il pouvait jouer la gagne sur bien des courses : Paris-Nice, Saint-Sébastien, les classiques canadiennes…

Osons la comparaison, Gallopin peut devenir chez AG2R ce que Michal Kwiatkowski est devenu chez Sky. Au départ de la course, il n’est qu’un joker de luxe sur les grandes classiques et le premier étage de la fusée sur les grands tours. Venant d’une équipe où il était davantage électron libre, la transition peut être compliquée, mais une fois ce statut assimilé, il permettra à la formation savoyarde d’élargir sa palette sur le World Tour et ainsi exister au-delà des performances de Romain Bardet. Le risque est réel. Kwiatkowski est passé par une saison 2016 quasi-blanche avant de s’épanouir dans ce rôle. De loin, cela semble tout de même plus judicieux que de passer une nouvelle saison chez une Lotto-Soudal en perte de vitesse.

Une mauvaise idée par Baptiste Allaire

A priori, l’idée est bonne. Un coureur français de retour au pays, pour apporter son expérience à une équipe en pleine progression. Mais au-delà des éventuelles raisons personnelles et familiales qui ont pu guider ce choix, il y a l’aspect sportif. La Lotto-Soudal n’est pas une grande écurie du peloton, alors que AG2R la Mondiale peut désormais compter sur un leader capable de gagner un Grand Tour, et un coureur de classiques qui pourrait frapper un grand coup en avril prochain. Qu’en est-il de la place de Tony Gallopin ? Devra-t-il se contenter d’un rôle de capitaine d’équipe sur le Tour de France, ou de coéquipier modèle pour Naesen ?

Le Francilien n’est pas un quidam. Il a gagné la Clásica San Sebastián en 2013, et peut se vanter de nombreuses places d’honneur dans des courses prestigieuses, comme Milan San Remo (neuvième en 2015), l’Amstel Gold Race (sixième la même année) et le Tour de Lombardie (septième là encore, il y a deux ans). Certes, ses deux dernières saisons ont été plus compliquées et semblent avoir coupé sa progression. Mais à 29 ans, Tony Gallopin est encore dans la force de l’âge. Chez Lotto-Soudal, il était le leader, celui pour lequel ses coéquipiers travaillent. Chez AG2R, la situation s’inverse, à l’exception de quelques cartes blanches. Il lui sera plus difficile d’aller chercher une victoire comme sur le Tour 2014, à Oyonnax. Il avait alors fait exploser le peloton dans la dernière côte ; au service de Romain Bardet, il aura moins d’occasions.

Et pour vous, le transfert de Gallopin vers AG2R est-il une bonne idée ?

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