1er : Christophe Riblon

Le sauveur national, le héros de la patrie. Rendez vous compte, avec sa victoire autant magistrale qu’inespérée à l’Alpe d’Huez, Riblon se joue du mauvais sort touchant les français, qui n’avaient pas connu pareille disette depuis 1999 ! Supercombatif à Paris, en passe de signer un podium sur le Tour de Pologne, Riblon est dans le vent.

2e : Christopher Froome

Il a tout connu lors de ce mois de juillet : les soupçons, la joie, la haine parfois. Mais ce natif de Kenya a toujours mis un point d’honneur à faire le spectacle qu’importe les réprobations : du numéro vers Ax-3 Domaines, au fameux démarrage moulinant sur les pentes du Mont Ventoux, Froome a également surpassé les difficultés seul, comme lorsqu’il s’est retrouvé isolé dans la 2e étape Pyrénées. Au bout du chemin, une première couronne à Paris.

3e : Village Départ

Parce qu’on atteint le summum du kitsch, que les invités semblent tout droit sortis des années 80, que 90% d’entre eux chantent manifestement en play-back. Et pourtant, Village Départ est toujours un rendez-vous incontournable de ceux qui aiment la France et ses traditions. Un humoristique ouvreur d’huitre à la carte bleue, une grand-mère bretonne totalement sourde et insolente qui fait des crêpes, il n’en faut pas plus pour une émission à succès.

4e : Alexis Vuillermoz

Pikachu, tu es le seul et l’unique, en avant ! L’attaque éclair ça secoue, tu es héroïque, face au danger tu es confiant, continues les autres coureurs sont derrière toi… Oh pardon, à force d’entendre Thierry Adam narrer six fois par étape l’histoire du casque jaune, on en oublierait presque qu’en plus d’être un fantastique baroudeur, Alexis Vuillermoz n’est pas un Pokémon.

5e : Jens Voigt

Il est extrêmement vieux, il pourrait être le père de bon nombres de coureurs, chaque saison on l’annonce cramé. Et pourtant, Jens Voigt, cet allemand au grand cœur, est toujours là pour animer les étapes du Tour de France part ses échappées volontaires et audacieuses. Pour son 16e et dernière participation à la plus grande course du monde, Voigt a marqué les esprits, il sort ainsi par la grande porte.

6e : Nairo Quintana

On ne l’avait pas vu venir ce petit colombien, destiné à n’être qu’un des équipiers formant une escouade construire autour d’Alejandro Valverde. Si le murcian était fort, on a sentit dès le départ que Quintana l’était encore plus, beaucoup plus. Le coup de Trafalgar mené par les Belkin à Saint-Amand-Montrond a de fait servi les intérêts futurs de Movistar. Rui Costa a gagné deux fois, Quintana s’est totalement révélé en distançant deux fois Froome en 3e semaine, tout en glanant l’étape du Semnoz, le maillot à pois, et le maillot blanc.

7e : Andy Schleck   

S’il n’est pas encore revenu au niveau qui était le sien par le passé, Andy Schleck a réalisé un grand Tour de France. Cet homme à terre s’est relevé de la plus belle des manières alors qu’on le croyait perdu pour le vélo. Présent dans les Pyrénées, un peu plus en retrait dans les Alpes, le luxembourgeois a toujours montré un beau visage avant d’imploser dans le finale des étapes. Le voilà 20e du Tour, un grand pas à été franchi.

8e : Marcel Kittel

Est-ce la véritable surprise de juillet ? Peut-être. Nous étions tous obnubilés par le duo Cavendish-Greipel, ou encore par le jeune Sagan. Personne n’avait prêté attention à ce jeune allemand de l’équipe Argos-Shimano qui avait encore tout à prouver. Quatre victoires d’étapes plus tard, avec en prime celle des Champs-Elysées, Kittel est devenu le meilleur sprinteur du monde.

9e : Orica GreenEdge

Tout avait mal commencé pour eux avec l’affaire du bus coincé sur le portique à Bastia. Les australiens ont mis les petits plats dans les grands pour réparer cette erreur. Il y eu d’abord la victoire géniale de Simon Gerrans à Calvi devant Peter Sagan, puis cette réplique originale de Call Me Maybe, suivie d’un contre-la-montre par équipe victorieux sur la Promenade des Anglais, devenu le temps d’un jour la Promenade des Australiens… Enfin, ce beau geste de Gerrans qui laissa son maillot jaune à Darryl Impey, grand ami de Christopher Froome qui justement reprendra la tunique deux jours plus tard.

10e : Laurens Ten Dam

Oui, ça n’a pas duré bien longtemps. Mais le fait de voir de nouveaux visages aux avant-postes sur les grandes étapes de montagne était très rafraichissant. Comme son coéquipier Mollema, Laurens Ten Dam a flanché en 3e semaine, glissant progressivement du Top 5 à la 11e place finale. Suffisant pour prouver qu’il méritait qu’on s’intéresse un peu plus à lui dans les années à venir…

1er : Gérard Holtz

L’homme qui croyait que Simon Gerrans était un flandrien. Ou un sprinteur en fait, il ne sait plus trop.  Après 40 ans sur le terrain, Holtz n’y connait toujours rien. Affirmer à Matteo Trentin, sprinteur de métier, que son Giro terminé en 113e position était décevant se passe de commentaire. Son intervention « Les yeux dans les yeux » face à Chris Froome restera dans les mémoires. La cuvée Holtz 2013 est exceptionnelle.

2e : Alberto Contador

On le croyait fort, il ne l’était pas tant que ça. Il a parfois même semble tout petit, l’ancien double vainqueur du Tour. Tantôt tracté par un Romand Kreuziger qui semblait bien plus fort, tantôt par un Mikel Nieve devenu allié de circonstance, Contador a fait de la peine.  Pas de grosse défaillance, pas de véritable couac, mais une énorme incapacité à suivre les meilleurs. L’ange des montagnes a fini par rentrer dans le rang, lui-même n’y crois pas.

3e: FDJ

Une transparence digne de l’équipe Lampre, un scandale franco-belge après la chute provoquée par un Bouhanni rapidement contraint à l’abandon, un Thibaut Pinot soudainement pris de panique dans les descentes… Le Tour de la FDJ qui s’annonçait radieux a vite tourné au cauchemar. Privée de ses deux leaders, la formation française s’est montrée désespérément absente des échappées de 3e semaine. Au final, un butin ridicule, le meilleur résultat obtenu étant certainement cette 5e place au sprint de William Bonnet.

4e : Europcar

On est déjà revenu longuement sur l’utilisation du pauvre Pierre Rolland, mais ce n’est pas le seul motif de déception quand on évoque le Tour raté des verts. On a bien eu quelques échappées sympathiques avec Kévin Réza et Cyril Gauthier, mais rarement dans le bon timing. Thomas Voeckler n’avait pas les jambes. Habituée à remporter plusieurs étapes ou maillots distinctifs, Europcar repart cette fois les mains vides. Heureusement que l’entreprise de location de voitures a prolongé son bail.

5e : Les équipiers de Froome  

On les voyait cadenasser la course d’une main de maitre, faire preuve de force, imposer leur statut… Ils sont tous passés par la porte très rapidement. Homme de confiance, Vasil Kyrienka n’est pas rentré des les délais, laissant Sky à 7, après l’abandon de Boasson Hagen. Le jeune Peter Kennaugh a rendu quelques services, Richie Porte a bien sur tenu son rang, mais que ce fut laborieux… Heureusement que Froome n’avait  pratiquement pas besoin d’aide pour remporter le Tour.

6e : Les coureurs enchainant Giro-Tour

Depuis le temps qu’on voit les ravages qu’un tel doublé engendre, certains devraient être prévenus. Voir Cadel Evans ou Ryder Hesjedal à un niveau aussi dérisoire fait mal au cœur, on ne veut plus voir ça. Par pitié, planifiez et choisissez mieux vos programmes de course messieurs, vous êtes entrain de gâcher vos dernières belles années en vous dispersant de la sorte.

7e : Matthew Goss

C’est un peu sévère, mais l’on attend forcément plus d’un coureur de sa trempe. Pratiquement sur le toit mondial en 2011, Goss ne cesse de reculer dans la hiérarchie des sprinteurs. Il n’est pas à la hauteur de son excellente équipe qui devrait vite lui trouver un remplaçant capable d’accumuler les victoires.

8e : Jean Paul Olivier

Paulo la Science pompe littéralement Wikipédia ? Un mythe s’effondre.

9e : Le Sénat

Sortir un si gros rapport, avec autant de fond, pour finalement livrer en pâture à la presse les noms de quelques dopés des Tours 1998 et 1999, c’est un véritable camouflet, une solution de facilité. Histoire de dire, on fait bouger les choses, mais il y a des limites à ne pas franchir. On ne touche pas aux héros de la Coupe du Monde 1998, par exemple. Le cyclisme période Festina était le bouc-émissaire parfait.

10e : Le docteur Mabuse de la Movistar

Alejandro Valverde devenu meilleur grimpeur qu’avant sa suspension, Nairo Quintana écrasant le « surhomme » Froome à l’Alpe d’Huez et au Semnoz, pour sa 1ère participation, à 43 23 ans, après 3 mois de préparation en Colombie ; une équipe au four et au moulin en montagne capable de dynamiter la course… Movistar évolue en surrégime depuis quelques mois. Nous tenons le digne successeur d’Eufemiano Fuentes. #Humour

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