Avec un John Degenkolb présent sur le Giro puis sur les classiques, en plus d'un Kittel virevoltant, Argos a réussi son entrée en World Tour - Photo Argos
5 novembre 2013

Argos n’a pas loupé son entrée

Alors que les voies discordantes et les critiques s’étaient élevées en flèche lors de l’imbroglio de l’attribution des licences World Tour pour la saison 2013, marquée par la promotion d’Argos-Shimano et la relégation provisoire de Katusha, la promue néerlandaise se devait de faire ses preuves sur le circuit mondial. Et à l’image d’une Orica-GreenEdge épanouie pour sa première en 2012, l’ex 1t4i ou encore Skil aura marqué l’année de son empreinte.

Les sprinteurs sur leur trente-et-un

Qu’on soit clair, si l’on doit bien retenir une chose de l’exercice 2013 d’Argos-Shimano, c’est l’emprise qu’elle s’est octroyée sur les sprints. Avec 29 victoires récoltées de février à octobre, et pas des moindres, son fameux Argos-Shimano’s Express a surtout mis les pendules à l’heure à l’approche de la dernière ligne droite. Impériaux, fort d’un esprit d’équipe sensationnel et d’une profondeur d’effectif encore sous-estimée, les hommes blancs ont été tout sauf transparents, menés par le survolté Marcel Kittel. L’un des enfants prodiges du cyclisme allemand a enfin confirmé les hautes attentes placées en lui, avec seize bouquets glanés, dont quatre sur la Grande Boucle, une belle revanche après l’édition de 2012. Le maître des sprints du Tour de France, ce fut bel et bien lui, et son opposition avec Mark Cavendish a tourné court tellement Kittel était insolent de puissance. Fort d’un train bien mieux rôdé, le natif d’Arnstadt s’est en prime offert le luxe de conquérir le maillot jaune lors du prélude de Bastia et est devenu le nouvel homme fort de la discipline, matant une concurrence relevée sur la plupart de ses rendez-vous.

Mais Argos doit son salut à une régularité qui, contrairement aux apparences, ne mise pas que sur ses têtes d’affiche Kittel et Degenkolb. Ce dernier, s’est «contenté» des classiques, où il ne s’est pas beaucoup raté. Empochant la Vatenfall et Paris-Tours, il n’a certes accumulé que six victoires, mais son palmarès est déjà impressionnant à 24 ans. En ajoutant une étape sur son unique grand tour de l’année qu’a été le Giro, il s’est spécialisé un peu plus dans un rôle de sprinter passe-partout, tout en montrant quelques promesses à court terme pour les classiques pavées. A côté des deux figures de proue germaniques, d’agréables surprises ont émergées, car c’est ça aussi la force de la structure batave, récompenser ses fidèles hommes de l’ombre. Ainsi Luka Mezgec s’est révélé au grand public, sur les petites courses à étapes, et sur le Giro. Comme l’avait fait Tom Veelers sur le TDF 2012, il a pris la relève avec brio même si il n’a levé qu’une fois les bras au tout dernier Tour de Pékin, ce qui dépasse malgré tout les attentes du staff. Entre temps, on aura aperçu Sinkeldam à Dunkerque, le talentueux Arndt, pas loin d’en claquer une pour sa première Vuelta, ou encore le polyvalent Janse Van Rensburg, vainqueur en fin d’année de Binche-Chimay-Binche. A l’instar du Slovène Mezgec qui est « aussi content lorsque [ses] coéquipiers lèvent les bras que si c’est [lui] qui [s]’impose », on pourrait définir Argos comme une équipe des plus unies.

Un vivier de jeunes qui attend son heure

Pour beaucoup des amateurs de la Petite Reine, Argos est une équipe de sprinteurs, et rien d’autre. Mais si l’on regarde attentivement leur année, on voit bien que ce n’est pas tant le cas que ça. Leur mercato pré-World Tour a été marqué par l’arrivée en masse de jeunes talents étrangers afin de perdurer sur le long terme. Et le pari a payé ! Warren Barguil n’a pas été très actif avant l’été mais a montré le bout de son nez sur le Tour de Pologne avant de nous gratifier d’une Vuelta splendide, avec deux victoires phénoménales à Castelldefels et à Formigal, devant des spécialistes comme Scarponi, Uran ou Mollema. Et ce qui est très encourageant pour l’équipe d’Iwan Spekenbrink, c’est que la fougueuse jeunesse s’est épanouie. Dans l’ombre, l’Autrichien Preidler se pose en un futur puncheur de qualité, tout comme les Suédois Ludvigsson et Ahlstrand. Respectivement sprinteur et rouleur, ils auront montré le maillot régulièrement.

N’oublions pas non plus l’épatant Tom Dumoulin. Annoncé comme un futur crack lors de son passage chez les Espoirs, sa progression est fulgurante d’année en année. Toujours placé sur les chronos, il était à deux doigts de décrocher la première course par étapes WT de sa formation à l’occasion de l’Eneco Tour, grâce à ses progrès sur les pavés et les côtes ardennaises. La philosophie entrevue d’Argos est désormais claire : l’équipe avant tout, et une solution de rechange à tous les instants. Seule équipe en 2013 à avoir remporté une étape minimum sur chaque grand tour, elle a fait forte impression pour son et devra poursuivre dans la même direction pour 2014. Seuls bémols à la clé, le départ de la société éponyme qui va stopper son partenariat, même si un nouveau sponsor va être officialisé. On regrettera aussi le départ surprise à la retraite d’une bonne pioche du précédent mercato, François Parisien, vainqueur d’étape en Catalogne. Mais ce ne sont presque que des détails à l’échelle de la saison d’Argos.

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