Cette saison, Vanmarcke a encore connu le podium du Ronde, mais pas la victoire - Photo Digitalclickx
9 janvier 2017
Par Chronique du Velo    

Vanmarcke, le pari du retour

Sa deuxième place à Roubaix, en 2013, avait suscité beaucoup de promesses. Mais depuis, Sep Vanmarcke n’a jamais fait mieux, ni sur le vélodrome roubaisien, ni sur l’autre monument pavé, le Tour des Flandres. En changeant d’équipe, il espère donc enfin décrocher le graal. Mais pas sûr que Cannondale le lui permette.

Une bonne idée, par Robin Watt

Oui, Sep Vanmarcke aurait pu rejoindre une plus grosse écurie au sein du World Tour. Oui, signer chez Cannondale, plus petit budget de première division, peut paraître contradictoire avec le fait de vouloir devenir le patron des classiques flandriennes. Mais le Belge a toutes les raisons d’espérer briller, même sous la houlette de Jonathan Vaughters. Déjà, il sera l’unique leader de la formation américaine. Avec tout ce que cela implique : c’est à dire la pression du résultat, mais aussi une équipe à son service. Les lieutenants qui l’accompagneront au printemps, de Langeveld à Van Asbroeck, en passant par Phinney et Van Baarle, n’ont pas un palmarès long comme le bras : qu’importe. L’accumulation de gros talents finit toujours par nuire au collectif, demandez à Quick-Step qui depuis trois ans, peine à faire cohabiter ses monstres du pavé. C’est sans doute pour s’épargner la concurrence interne que Vanmarcke a refusé le défi proposé par Patrick Lefevere.

Surtout que depuis son éclosion en 2013, avec ce qui s’appelait encore l’équipe Blanco, Vanmarcke n’a jamais eu besoin d’être très entouré. Sur les pavés de Belgique et du Nord de la France, il sait se débrouiller seul pour aller chercher ses podiums (déjà deux sur le Ronde et un sur Paris-Roubaix). Il n’y a pas de raison que la machine s’enraye. Encore moins si le garçon évolue dans un environnement qu’il connaît déjà. Ce transfert chez Cannondale, c’est en effet un retour au bercail, cinq ans après avoir quitté ce qui était à l’époque la Garmin. Il y retrouve donc son ancien manager, Jonathan Vaughters, et son frère Ken, directeur sportif. De quoi évoluer en pleine confiance. Et s’il parvient à décrocher le graal, à savoir une victoire sur l’un des deux monuments pavés, Vanmarcke aura tout gagné. Il aura prouvé sa capacité à l’emporter sans avoir une armada de sept coureurs autour de lui. Ne serait-ce pas, finalement, un signe d’ambition ?

Une mauvaise idée, par Jean-Baptiste Caillet

Hormis le fait que Sep Vanmarcke retrouvera son frère Ken comme directeur sportif, ce transfert vers Cannondale-Drapac n’a rien de bon. Le Belge vit avec la frustration de ne pas avoir encore gagné de classique flandrienne alors qu’il a fini douze fois dans les cinq premières places. Faut-il en imputer la faute à LottoNL-Jumbo ? Probablement pas. En 2016, il s’est simplement heurté à un Peter Sagan imbattable dans le final. « J’aurais déjà pu gagner, mais j’ai fait des erreurs, admettait-il à Cyclingnews. J’aurais pu gagner si j’avais eu la chance de mon côté mais ça ne s’est pas passé comme ça. » Aucune armada n’aurait pu empêcher cela, sûrement pas celle proposée par la formation dirigée par Jonathan Vaughters. La recrue estime n’avoir jamais été aussi bien entourée. Sebastian Langeveld, Taylor Phinney et Dylan Van Baarle, ce n’est pas mal mais ça reste un peu court pour parvenir à rentrer une fois pour toute dans le gotha des vainqueurs de classique.

Le Belge avait déjà fréquenté l’équipe américaine en 2011 et 2012, mais l’effectif avait alors fier allure (Hushovd, Vansummeren, Farrar). Cannondale-Drapac a le mérite de tenir enfin un successeur au rang de ses aînés avec Sep Vanmarcke, mais celui-ci aurait pu prétendre à mieux. Katusha et Quick Step étaient également intéressés, sauf que le coureur voulait un groupe entièrement dédié à sa cause. Un tel orgueil est préjudiciable. Vanmarcke chez Quick Step, ça aurait eu une sacrée gueule. Après quelques mois de cohabitation, il aurait pris la relève de Tom Boonen. Le Courtraisien n’est peut-être pas aussi ambitieux. Il affirme qu’il n’est qu’un outsider et une belle ligne sur son palmarès suffirait à faire son bonheur. Une telle mentalité peine à se confondre avec la machine de guerre de Patrick Lefevere. C’est à l’honneur de Sep Vanmarcke de vouloir se contenter de peu. Il mérite au moins ça, mais il vaut tellement plus.

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1 Commentaire sur "Vanmarcke, le pari du retour"

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gestas
gestas

vanmarcke toujours placé jamais gagnant comme on dit.
cannondale a fait un recrutement intéressant avec le jeune carthy notamment, à voir son programme

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