Déjà plusieurs fois à l'attaque en ce début de Tour, Cyril Gautier n'a pour l'instant pas été récompensé - Photo ASO
1 juillet 2013

Les coureurs français mettent le feu au maquis

Déjà plusieurs fois à l'attaque en ce début de Tour, Cyril Gautier n'a pour l'instant pas été récompensé - Photo ASO
Déjà plusieurs fois à l’attaque en ce début de Tour, Cyril Gautier n’a pour l’instant pas été récompensé – Photo ASO

Alors que notre agréable périple d’ouverture en Corse est sur le point de se terminer, on ne peut pas dire que nous nous sommes ennuyés. Sur un terrain casse-pattes qui a tenu toutes ses promesses, les deux dernières étapes ont été placées sous le signe de l’offensive, avec nos Français dans les premiers rôles ! Est-ce pour autant le début de trois semaines de feu ?

Des ambitions montrées 

Si la première journée qui était propice à un sprint massif , toutefois perturbé , n’a pas été mouvementée « à la pédale », les deux journées piégeuses traversant les coins méconnus de l’île de Beauté ont été riches en spectacle. Dès les hauts cols de l’étape dominicale, on a pu voir une équipe Europcar surmotivée rien qu’à l’idée d’être présente sur la grande messe de Juillet. Si Cyril Gautier fut mal récompensé de ses efforts dans la côte du Salario, son coéquipier Pierre Rolland a fait carton plein dans les cols de la Serra et de Vizzavona, en prenant le maillot à pois avant de le conforter aujourd’hui. Mais Rolland n’est pas l’arbre vert qui cache la forêt corse. Il y a l’habitué Sylvain Chavanel, qui depuis deux jours tente de sortir dans le final. Lorsque Cavendish n’est pas là, il a carte blanche et fait tout pour en profiter, même si pour le moment, la réussite ne l’accompagne pas. Et puis il y a les Sojasun, tout aussi combatifs à l’image du jeune Alexis Vuillermoz, fuyard à deux reprises pour son premier Tour. Mais, le porte-drapeau de la formation de Stéphane Heulot, c’est incontestablement Julien Simon ! Devenu l’un des meilleurs coureurs français dans son registre, il s’est montré présent avec régularité : sixième hier, neuvième ce lundi. Du coup, voilà le Breton deuxième du général. Une belle récompense même si dès demain, sur le chrono de Nice, il reculera. Parce que le classement général est totalement débridé, et ce grâce à l’absence de prologue. Ils sont 72 coureurs classés en une seconde, c’est donc demain soir que l’on pourra observer les premiers écarts.

Mais ce n’est pas tout, on a aussi eu droit un de beaux raids solitaires, signés Jérôme Cousin et Blel Kadri lors des deux premiers jours de course, chacun récompensés par le prix de la combativité. Ce que l’on doit surtout retenir de ces trois jours corses, c’est donc clairement l’état d’esprit de nos tricolores, qui ont visiblement à cœur de briller sur cette centième édition historique du Tour. En faisant preuve de panache par leur volonté à se lancer pied au plancher dans des épopées solitaires, ils se dépensent pour le moment sans compter dans les premières difficultés de cette Grande Boucle pour le moins originale. Avec pour beaucoup rêve la victoire d’étape, mais aussi le fameux maillot à pois du meilleur grimpeur. Objectif non avoué pour beaucoup, la formation de Jean-René Bernaudeau, elle, ne s’en cache pas. Avec Cyril Gautier, David Veilleux et Thomas Voeckler partis à l’avant dès les premiers jours, les points se sont faits rares. Mais Rolland a remis les pendules à l’heure, en étant la meilleure carte de son équipe dès que la route s’élève. Avec 10 points au classement de la montagne, rien n’est évidemment acquis. Mais voir un coureur français se porter d’affection pour ce maillot alors qu’il a les qualités pour jouer le général pourrait être annonciateur d’un Tour réussi pour les tricolores. Avec des victoires d’étapes qui devraient donc logiquement remplir le porte-bagage bleu-blanc-rouge dans les prochains jours…

Un terrain de jeu idéal 

Depuis trois jours, alors que l’on pouvait s’attendre à une course plutôt « banale », les évènement ont secoué la Grande Boucle, dans le mauvais sens parfois, mais aussi dans le bon. La faute, il semblerait, à une frilosité de la part des leaders, angoissés à l’idée de se rater sur l’épreuve juillettiste, plus importante que jamais de par son anniversaire historique. Des remontés timides sur la première étape, une attaque de Froome sur la deuxième et des réactions différentes selon les équipes, tout le monde n’est pas dans le même état d’esprit. L’Anglais affirme avoir voulu se mettre à l’abri des chutes et faire la descente tranquillement, mais y’avait-t-il réellement un risque à rester dans le peloton, entouré de toute sa garde rapprochée ? En tout cas, ses concurrents sont restés bouche bée au moment de son attaque, ne sachant pas s’il fallait y aller personnellement, comme a tenté de le faire Evans, ou bien envoyer un équipier, l’option choisie par Contador…

Certains cherchent peut-être à cacher leurs faiblesses, alors que d’autres veulent faire tomber les masques dès le début de l’épreuve. Mais nul n’a la réelle explication, puisqu’au terme de cette aventure insulaire, aucun homme très important n’aura perdu de temps. Et comme le dit l’adage, la chance sourit aux audacieux. Celui-ci à déjà frappé par deux fois, à défaut de la troisième. Vigilance pour Marcel Kittel, opportunisme pour Jan Bakelants, ce ne sont pas les favoris désignés avant l’étape qui se sont imposés. Et encore une fois, ce lundi, la vedette a failli être volée au peloton lorsque Tom Dumoulin est sorti dans les derniers kilomètres. Finalement, tout est rentré dans l’ordre. Ou presque, puisque c’est le surprenant Simon Gerrans, que l’on n’attendait absolument pas là, qui a soufflé la victoire à un Peter Sagan qui cachait sa déception de deux deuxièmes places en deux jours en affirmant qu’il visait le maillot vert avant tout. Peu importe, le Slovaque n’en est que plus motivé, tout comme ses rivaux Cavendish et Greipel, qui n’ont toujours pas disputés un sprint final sur ce Tour de France 2013. Ce n’est donc que partie remise, à moins que nos Français viennent encore mettre leur grain de sel dans l’histoire. Pour notre plus grand bonheur !

Alexis Midol


 

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