Sous le maillot de l'Italie, Fabio Felline a trouvé le chemin de la victoire en solitaire et dès sa reprise - Photo Bettini / Trek-Segafredo
12 février 2017

Felline, le talent discret

Première course de la saison et déjà une victoire pour Fabio Felline. Ce dimanche, l’Italien a remporté en solitaire le Trofeo Laigueglia. Une victoire acquise en s’échappant dans la dernière difficulté de la journée, mais que le Transalpin aurait aussi pu décrocher en attendant sagement le sprint final. C’est là toute la spécificité d’un coureur doué dans tous les domaines. Il est peut-être le coureur actuel le plus complet du peloton. Mais il n’a pas le palmarès en adéquation avec un tel statut.

Dans l’ombre des stars

Après l’hyper-spécialisation des années 2000, la polyvalence semble être aujourd’hui le maître-mot au sein du peloton. Certains sprinteurs peuvent gagner l’Amstel Gold Race, d’autres le Tour des Flandres. Les purs grimpeurs, eux, se débrouillent de mieux en mieux sur les contre-la-montre. Et puis il y a les coureurs d’un autre temps, bons dans tous les domaines. Peter Sagan, Michal Kwiatkowski ou Julian Alaphilippe ont des qualités leur permettant de briller partout, sauf en haute montagne.

A côté de ce trio de rêve, on ne parle que peu de Fabio Felline. Pourtant, l’Italien est tout aussi polyvalent et possède même des références plus solides que les trois autres en montagne. En témoigne sa troisième place à l’Alto de Aitana, derrière Latour et Atapuma, lors de la dernière Vuelta, ou bien cet autre podium avec Quintana et Brambilla à Sallent de Gallego. Son profil le rapproche finalement de celui d’Alejandro Valverde. Surtout qu’à 26 ans, Felline s’est mis en tête de progresser en montagne. « Je veux continuer à m’améliorer dans ce domaine, expliquait-il récemment à Vélo-Club.net. Nous verrons mes limites lors des courses par étapes d’une semaine, ou à l’occasion des classiques. »

Punch, vitesse et puissance

A croire que savoir grimper et sprinter n’est plus incompatible. Parce que l’Italien possède justement une très belle pointe de vitesse. Pas de quoi battre un Cavendish ou un Kittel sur une étape plate du Tour de France. Mais suffisante en revanche pour régler un groupe d’une cinquantaine de coureurs suite à une étape vallonnée. C’est d’ailleurs dans ces conditions que Felline a ouvert son compteur en World Tour, l’an dernier sur le Tour du Pays Basque.

Son style atypique, un peu ramassé, est très efficace, y compris dans l’exercice solitaire. Presque surprenant compte tenu de son profil (1m75 pour 68 kg). Et pourtant. Le garçon a notamment remporté le chrono du Critérium International en 2015, sur une distance semblable à celle d’un prologue (7 km). Puis il a montré ses aptitudes sur de plus longues distances. Sur les contre-la-montre du Giro 2015 ou de la Vuelta 2016, il est à chaque fois rentré dans les dix premiers (8e sur 59 km et 9e sur 37 km). Impressionnant.

Une qualité qui peut virer au défaut

Être excellent partout mais exceptionnel nulle part pourrait en revanche vite poser un problème majeur à Fabio Felline : celui d’être abonné aux places d’honneur sans succès majeurs. Avec son profil, il peut briller sur les courses d’une semaine, mais aussi lors des classiques. Sa régularité lui a déjà permis de remporter le classement par pointq de la dernière Vuelta. Pour autant, obligé de courir toutes les étapes à 100 %, il a sûrement manqué d’énergie pour remporter une d’étape, plus valorisée et plus parlante dans un palmarès.

Mais ce n’est pas pour ça que Felline compte changer. Sa volonté de s’exprimer sur tous les terrains se retrouve dans son calendrier. En 2017, il a confié vouloir briller sur les épreuves d’une semaine, disputer des flandriennes dont le Ronde, puis les ardennaises. Ensuite, il est prévu sur le Tour de France pour aider Alberto Contador. Le touche-à-tout ne semble pas prêt à se fixer sur un objectif précis. « La solution la plus logique serait de se dire,  »OK, je me concentre sur une seule de mes compétences », mais je pense que je suis un coureur complet », justifie-t-il. Le souhait de Felline de vouloir briller sur tous les terrains se respecte. Mais comme le dit Sénèque : « Celui qui peut trop veut l’impossible. »

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2 Commentaires sur "Felline, le talent discret"

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pat
pat

Il a un petit air de Cancellara sur cette photo .

Van Avermaet aurait pu être cité aussi dans votre liste de coureur polyvalent . Mais peut-être vouliez vous parler de ceux de la génération de Felline , le belge étant plus âgé .

gougi
gougi

il a dit ça Sénèque …. je plaisante, vous avez raison sur le fond , il faut qu’il fasse des choix, il m’avait surpris sur le giro l’année dernière , je n’arrivais pas a croire qu’ on le cite dans les étapes de haute montagne et dans les sprints. Il est peut être arrivé a maturité et espérant qu’ il profite des conseils de Contador, si toutefois l’homme est prodigue de ses conseils ?

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