Romain Bardet est le mieux classé des Français au départ de la neuvième étape du Tour - Photo AFP
13 juillet 2014

Des tricolores en embuscade

Blel Kadri vainqueur dans les Vosges, cela fait suite à une très belle première semaine des coureurs français, omniprésents dans les échappées mais aussi représentés par Tony Gallopin, un temps sur le podium du classement général. Et hier à Gérardmer, derrière l’homme d’AG2R victorieux en solitaire, Thibaut Pinot et Jean-Christophe Péraud ont pris respectivement les cinquième et sixième places de l’étape en haut du raidard de la Mauselaine. Le tout en devançant Alejandro Valverde, ou encore Bauke Mollema, Jürgen Van den Broeck, mais aussi le champion du monde Rui Costa. Sans oublier Romain Bardet, et les habituels Thomas Voeckler, Pierre Rolland et Sylvain Chavanel, faisons le point sur ce qu’ils peuvent espérer d’ici les prochains jours, dessinés pour les attaquants.

Romain Bardet (Septième au général, à 2 minutes 39 de Nibali) : C’est le mieux placé des coureurs de l’Hexagone au classement général de la Grande Boucle. Passant sans encombre la première semaine en limitant la casse sur les pavés, le meilleur coureur national de la dernière édition peut améliorer son résultat et rêver au top 10, même si nous l’avons pas encore vu en haute montagne. Ces étapes pour puncheurs lui correspondaient avant tout, mais, une chose est sûre, c’est que la victoire de son compère Kadri ne l’obligera pas à courir pour un succès isolé sur une étape de prestige, comme ce fut le cas avec Christophe Riblon en 2013. Il est clairement en train de franchir plusieurs paliers successifs depuis le début de l’année en cours, et peut même rêver de grapiller encore une ou deux places, puisque les performances de Kwiatkowski et Fuglsang, lieutenant de Nibali, n’ont pas été à la hauteur dans ce premier jour de vérité. Mais sa mentalité est bien de prendre les événements au jour le jour, et en disputant ces étapes comme une classique, en courant à l’avant, il offre des garanties non négligeables. Il doit désormais réussir avec brio l’étape de lundi, mais surtout les deux arrivées au sommet alpines. Un premier gros test pour lui.

Thibaut Pinot (Douzième au général, à 3 minutes 32 de Nibali) : Le Franc-Comtois avait suscité les critiques par son manque d’intelligence tactique durant cette première semaine, en refusant de se porter à l’avant, accusant systématiquement le coup à la moindre cassure. Mais dans ces premiers jours difficiles et malgré sa perte de temps idiote, notamment vers Reims, il y a quand même du bon avec cette journée des pavés où l’arrivée fut ralliée en compagnie des principaux favoris, dont Contador, Porte, Van Garderen. La condition est bien là, et sa performance plutôt inattendue à Gérardmer fait office de pied de nez à ses détracteurs. La haute montagne n’est pas encore là, mais il faut déjà compter sur lui, d’autant plus qu’il détient l’avantage de la connaissance du terrain, surtout pour la grande étape vosgienne du 14 juillet. Il devrait encore monter crescendo, et c’est ce qui nous offre le plus de satisfaction, car à ce rythme là, le top 10 va vite s’ouvrir à lui. Avec Pinot, c’est tout ou rien.

Jean-Christophe Péraud (Quatorzième au général, à 3 minutes 37 de Nibali) : Jicé, comme à son habitude, est toujours là, grâce à un excellent travail de régularité, le tout dans l’ombre de coureurs plus virevoltants que lui, à l’image de ses coéquipiers Kadri et Bardet. Initialement partante avec Carlos Betancur comme leader, qui sait ce qu’aurait pu faire la formation savoyarde avec trois pions aux sommets de leur forme, mais pour l’instant, elle n’a rien à regretter. Construisant ses podiums sur les courses par étapes prestigieuses à l’occasion des contre-la-montre, Péraud devra cette fois montrer qu’il est bel et bien au niveau des meilleurs grimpeurs dans les Alpes et les Pyrénées, et confirmer ce qu’on avait aperçu dans la terrible étape de mouvement s’achevant au mur de Guardiagrele sur Tirreno. Et par la même occasion oublier la désillusion de la chute d’il y a un an. Certainement pas l’atout spectacle, n’en déplaise à Pierre Rolland, mais le plus expérimenté.

Pierre Rolland (Vingt-troisième au général, à 7 minutes 34 de Nibali) : A quoi joue Pierre Rolland ? Quatrième du dernier Tour d’Italie, il est sû que faire la transition Giro / Tour est de plus en plus difficile, et nul ne sait si le coureur d’Europcar a définitivement abandonné ses espoirs de bien figurer au classement général. On se dirige vers une campagne française axée sur des victoires d’étape de prestige, comme il en avait déjà claqué à l’Alpe d’Huez et à la Toussuire, ou bien vers un maillot à pois qui s’était refusé à lui l’année passée. Sauf qu’au général, Pierrot est encore un tout petit peu trop près des meilleurs pour obtenir un bon de sortie, en devançant des coureurs comme König et Frank Schleck. L’étape d’aujourd’hui lui aurait parfaitement convenu, et si celle du lendemain l’attire vraiment, il ne faudra pas hésiter à perdre des minutes supplémentaires en ce dimanche. Mais voilà, l’Orléanais est toujours tiraillé entre deux, et son panache offensif pourrait cette fois lui faire louper quelques occasions. Il faut désormais choisir précisément, car même si un top 10 fait encore rêver la maison verte en comptant sur une échappée fleuve, c’est toujours en se dispersant que les échecs surviennent. Ce serait dommage, car il a vraiment les moyens d’animer et de dynamiter ce Tour dans ses moments clés.

Brice Feillu (Vingt-septième au général, à 10 minutes 23 de Nibali) : Quelle agréable surprise de revoir Brice Feillu dans le haut des classements ! Celui qui avait signé son plus beau succès en haut d’Arcalis, déjà en 2009, avait connu de nombreuses galères, avant de rebondir aux côtés de son frère Romain dans la structure Bretagne – Séché. Aucune ambition précise et comptable ne lui traverse l’esprit, puisqu’il ne souhaite que retrouver des sensations et prendre du plaisir sur son terrain de jeu favori, la montagne. Pourra t-il continuer sur la même voie pendant deux semaines ? Il est plutôt probable qu’il se concentre sur une victoire d’étape qui serait importante pour la confiance.

Sans oublier : Arthur Vichot, Thomas Voeckler, Sylvain Chavanel, Tony Gallopin.

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