A domicile, Vincenzo Nibali pourrait bien être celui qui lance les hostilités dans l'ascension de l'Etna, ce mardi - Photo RCS Sport
8 mai 2017
Par  Robin Watt 

Chaleur sur l’Etna

Trois jours de course, un de repos, et voilà déjà l’Etna qui se pointe au devant des coureurs. Une telle difficulté aussi tôt dans la course, c’est une rareté que seule l’Italie permet. Avec les Alpes et les Apennins, la montagne n’est jamais loin. Les organisateurs ont donc décidé d’y plonger les coureurs le plus tôt possible.

Un coup à jouer, déjà

« Je crois qu’une fois qu’on sera dedans, tout le monde sera à bloc », prédit Geraint Thomas. Lui peut-être encore plus que les autres. Sur l’Etna, ce mardi, le Britannique a déjà un coup à jouer. Lui qui pour la première fois enfile le costume de leader sur un grand tour sait que la troisième semaine n’est pas son terrain de jeu favori. Et coup de chance, il a à disposition des difficultés dès le début de course pour tenter de creuser l’écart. « Si quelqu’un se sent bien, il devra essayer d’attaquer et pourrait aller prendre du temps », assurait-il hier avant la troisième étape. Thomas semble avoir déjà préparé son affaire. Et tant pis si son équipe, la Sky, doit ensuite assumer le poids de la course. Le Gallois a non seulement les équipiers pour relever le défi avec brio, mais il sait surtout qu’il n’y a pas de mauvais moment pour prendre la course en main.

« Regardez sur le Tour de France 2014, Nibali avait pris le maillot jaune alors que la course était encore en Angleterre (dès la deuxième étape, ndlr), pointe Thomas. Je ne pense pas que mardi, les leaders se diront qu’ils ne veulent pas prendre la tête du Giro trop tôt. » Depuis quelques années, Chris Froome lui a montré la voix sur les routes de juillet. L’important, une fois le paletot de leader pris, est de ne plus le lâcher jusqu’à l’arrivée. D’ailleurs, le Britannique n’est pas le seul à s’attendre à une explosion. Dans sa Sicile natale, Vincenzo Nibali sait que tout peut arriver sur l’Etna. « C’est inévitable, quelque chose va se passer », prophétisait-il dimanche soir. Et ensuite, advienne que pourra. « Vincenzo est originaire de Sicile, il courra sur ses routes… », murmurait son entraîneur Paolo Slongo sans en dire davantage. Sous-entendu, le garçon sera forcément redoutable.

Tout de suite dans le bain

Il reste cependant beaucoup d’inconnues. Le vent, qui pourrait avoir une influence dans la montée. La journée de repos d’aujourd’hui, aussi, qui jouera différemment sur les organismes de chacun. « Certains seront peut-être fatigués et l’Etna pourrait clairement leur poser des problèmes », assure Slongo. « C’est le premier gros test de ce Giro, et il arrive très tôt », note de son côté Tejay van Garderen pour Cyclingnews. L’Américain est déjà l’unique leader de l’équipe BMC après les déboires de Rohan Dennis : de quoi lui rajouter un peu de pression sur les épaules, si tant est qu’il n’en avait pas assez, lui qui court encore après son premier podium sur trois semaines. Mais le garçon sait à quoi s’attendre : « Si un gars décide d’y aller, tout le monde doit y aller. Et je suis sûr que quelqu’un attaquera. » Les hommes sont visiblement tous prêts. La montée s’annonce volcanique.

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