A bientôt 31 ans, c’est une première pour lui. Geraint Thomas est désigné leader de l’équipe Sky sur une course de trois semaines. Ce Giro, son troisième, est plus qu’un test. Il doit être un avènement. Le Gallois a appris dans l’ombre de Chris Froome. Il veut désormais avoir sa part de lumière.


Début 2015, Geraint Thomas opère un changement. Lui l’homme polyvalent se met à briller plus que de raison sur les épreuves d’une semaine. Longtemps, il reste un profil hybride. Au printemps, il va même jusqu’à remporter le GP E3 et à terminer troisième de Gand-Wevelgem. Incompatible avec un statut de leader sur les courses par étapes. Alors le garçon s’y résout. Petit à petit. En 2016, il a encore du mal à tirer complètement un trait sur les Monuments, alors il se pointe aux départs de Milan-Sanremo et du Tour des Flandres. Une dernière tournée pour la route, avant le sevrage. En 2017, fini les classiques, le Britannique se concentre sur les courses d’une semaine. Et quand il n’est pas le lieutenant privilégié de Chris Froome, il vole enfin de ses propres ailes. Placé sur Tirreno, vainqueur sur le Tour des Alpes, Thomas continue sur sa lancée des deux dernières saisons. Sur une semaine, il est devenu une référence – seul hic, son Tour de Suisse 2016. Reste à tenir le rythme d’un grand tour.


Geraint Thomas avait un rêve : être le lieutenant de Chris Froome mais aussi son dauphin au classement général. Comme l’avait fait Froome avec Bradley Wiggins, il y a bientôt cinq ans maintenant. Alors en 2015, le Gallois avait fait forte impression. Quatrième à trois jours de l’arrivée, il avait craqué sur l’étape de La Toussuire. Résultat, à Paris, il pointait à la quinzième place. De quoi revenir revanchard l’année suivante… Mais dès le début de l’épreuve, cette fois, Thomas prend un éclat. Sur les Champs-Elysées, il est encore quinzième. « En regardant en arrière, je me rends compte des erreurs que j’ai faite, analysait-il pour Cyclingnews il y a quelques mois. Après le Tour de Suisse, où ma confiance a été entamée, j’ai perdu trop de poids, trop rapidement, tout en continuant à m’entraîner. » Avec l’expérience, le garçon a appris. Le Giro ne sera pas nouveau pour lui, et il sait désormais comment aborder un grand tour.


« J’adorerais aller un jour sur le Tour en tant que leader », confiait Geraint Thomas en décembre dernier à Cyclingnews. Malheureusement pour lui, tant qu’il sera chez Sky et que Froome sera là, ce sera impossible. Alors le Gallois a dit oui pour le Giro. Pour ne pas seulement vivre dans l’ombre de ce leader intouchable qu’est « Froomey ». Il y a un risque, celui de se planter, mais Thomas n’en fait pas tout un plat. « Même si je fais juste un top 10, ce ne sera absolument rien pour l’équipe, mais ce serait une première pour moi et ce serait grand », lâchait-il sans honte durant l’intersaison. Le Gallois a donc beaucoup à prouver, mais tellement peu à perdre. Et la Sky y croit. « Lors d’un stage cet hiver, j’ai demandé à tous nos gars : ‘’au sein du peloton, et de notre équipe, qui est le mieux armé pour ce Giro ?’’ Et après Chris, le premier nom qui ressortait était celui de Geraint », a assuré Tim Kerrison, entraîneur de la formation britannique. A Thomas, désormais, d’apporter à la Sky une autre épreuve de trois semaines que le Tour de France.

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