Nacer Bouhanni, maillot rouge sur le dos, a décroché un troisième bouquet sur ce Giro 2014 - Photo Gazzetta
20 mai 2014
Par  Robin Watt 
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Un sentiment de déjà vu

Evans et son équipe qui gèrent l’étape, les équipes de sprinteurs qui enclenchent à 25 kilomètres de l’arrivée, une chute dans le final et au terme d’une journée relativement tranquille, une victoire de Nacer Bouhanni. C’est déjà la troisième fois que ce scénario se produit sur ce Giro 2014 !

Dans la cour des grands

Remporter trois étapes sur la course rose, ces dernières années, était réservé à un seul homme : Mark Cavendish – en 2009, 2011, 2012 et 2013. Pour trouver trace d’un autre coureur réalisant une telle performance, il faut remonter à l’édition 2008, lors de laquelle Emmanuele Sella et Daniele Bennati avaient cartonné, décrochant chacun trois succès. Pas une éternité, mais cinq années qui permettent tout de même de situer la performance accomplie par le sprinteur français. Pour continuer dans les statistiques, il succède à Laurent Jalabert en tant que tricolore triple vainqueur d’étape sur le Giro. La performance de Jaja date de 1999. Bouhanni, s’il profite donc de certaines circonstances, est en train d’entrer dans l’histoire, à sa manière. Avec des victoires jamais acquises dans un fauteuil. S’il est depuis le retrait de Marcel Kittel le meilleur sprinteur du peloton, il semble toujours se mettre dans l’embarras avant de sortir de sa boîte.

Ce mardi, il était encore très mal placé à quatre kilomètres du but, et ses concurrents n’ont pas hésité à le signaler une fois la ligne d’arrivée franchie. Il a alors fallu un très gros travail de Sébastien Chavanel pour le replacer dans les premières positions. Un travail indispensable qui a permis au Lorrain d’éviter de justesse une chute survenue après la flamme rouge, quelques positions seulement derrière lui. Ne restait alors plus qu’à aligner Matthews, Nizzolo, Swift et quelques autres, une formalité compte tenu de la confiance que possède actuellement Bouhanni. Personne ne semble lui faire peur, et il est bien loin le temps où on le disait inconscient voire dangereux. Aujourd’hui, il force le respect, et compte bien conserver jusqu’à Trieste un maillot rouge solidement accroché à ses épaules. Pour ça, il faudra espérer que les vainqueurs en haute montagne soient diversifiés. Mais en remportant tous les sprints depuis le retour en Italie, au moins, le coureur de la FDJ.fr fait sa part du travail.

Evans avance tranquillement

L’Australien n’impressionne pour l’instant pas vraiment par ses performances en montagne, mais bien par sa régularité, et par l’organisation de l’équipe BMC autour de lui. Encore parfaitement placé dans le final de ce mardi, il a su éviter la chute. Cette dernière a fait assez peu de dégâts chez les leaders, mais il est tout de même préférable d’être placé en amont. Du coup, Evans a même terminé dans les dix premiers du jour, presque sans le vouloir. Signe qu’à 37 ans, son expérience lui apporte un avantage considérable sur ses concurrents. Avec toujours un peu moins d’une minute d’avance sur son dauphin Rigoberto Uran, il peut regretter d’avoir perdu sur chute un équipier aujourd’hui en la personne de Yannick Eijssen. Mais cela ne devrait pas handicaper plus que cela une formation qui a su placer en première semaine son leader dans les meilleures dispositions pour la suite. Le travail devrait en effet se poursuivre quelques jours, mais guère plus.

Car très rapidement, la haute montagne va arriver, pour rythmer les huit derniers jours de course. Et là, les jambes de l’Aussie compteront davantage que ses équipiers. Avant cela, une étape vallonnée, une autre plate, et entre les deux un contre-la-montre individuel de plus de 45 kilomètres qui devrait faire l’affaire de l’ancien vainqueur de la Grande Boucle. Minutieux et régulier, il ne devrait pas se louper, et possède là une occasion en or de faire le trou sur le duo colombien Uran-Quintana. Car après, ce sont les longs et raides cols transalpins qui vont faire leur apparition, pas forcément ceux qui favorisent le plus l’Australien, plus lourd et surtout moins explosif que ses adversaires, spécialistes de la montagne. La physionomie de course va donc inéluctablement changer : il va falloir s’adapter, et compter sur le matelas d’avance conquis jour après jour lors des premières étapes, irlandaises puis italiennes. Pour l’instant, Evans gère sa course à la perfection, et on pourrait bien avoir une petite surprise lors du podium de Trieste…

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Aurelien

Victoire presque facile de Nacer qui a réalisé un sprint parfait. Mais là, il a aussi bénéficié de circonstances de courses plus que favorables, tous les sprinteurs qui tombent derrière lui, Timmer qui lui sert de poisson-pilote involontairement, sans oublier Seb Chavanel qui réalise un super boulot dans le dernier kilomètre.
Pour le maillot rouge, Bouhanni semble avoir fait le plus dur. Il est clairement le meilleur sprinteur de ce Giro, maintenant il faut qu’il tienne la montagne. Déjà demain, il a encore une chance de s’imposer s’il tient la bosse