Une nouvelle bosse, pavée, est au programme de Liège cette année : avec la neige, il y a peut-être de quoi sortir de l'attentisme des dernières éditions - Photo ASO / B. Bade
23 avril 2016
Par  Robin Watt 
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Un Liège digne de ce nom ?

Martin, Gerrans et Valverde font de beaux vainqueurs de Liège-Bastogne-Liège. Mais ils ont remporté des éditions marquées par l’attentisme, symbole d’une semaine ardennaise qui offre de moins en moins de spectacle. Heureusement, pour ce dimanche, les organisateurs de la « Doyenne » ont eu une idée. Et la météo pourrait jouer en leur faveur.

Une côte, quelques pavés et de la neige ?

Avant la bosse d’Ans, où la course s’est chaque fois jouée ces trois dernières années, il y aura ce dimanche une nouvelle difficulté. La Rue Naniot, sur 600 mètres, offrira aux coureurs des pavés et un pourcentage supérieur à 10 % pour permettre aux plus costauds de s’isoler entre la côte de Saint-Nicolas et la banderole du dernier kilomètre, trop souvent attendue comme le juge de paix. L’initiative est louable. Parce que depuis la victoire de Maxim Iglinskiy en 2012, les spectateurs sont comme à la diète. Le spectacle est parti on ne sait trop où, mais le vainqueur ne prend jamais les commandes avant la dernière bosse, à 800 mètres de la ligne d’arrivée. Après 260 kilomètres de course, la frustration est souvent grande, même quand Julian Alaphilippe vient décrocher un podium inespéré. Une constante sur l’ensemble de la semaine ardennaise, finalement. Et même si on commence à s’y habituer sur la Flèche wallonne, la difficulté du Mur de Huy vouant à l’échec presque toute offensive anticipée, voir l’Amstel et surtout Liège-Bastogne-Liège prendre ce chemin a de quoi attrister.

Alors forcément, on se réjouit de cette petite innovation, qui pourrait faire la différence si les coureurs la saisissent à bras le corps. D’autant qu’en plus, pour cette 102e édition de la « Doyenne », la neige est attendue. Dans les têtes revient alors le souvenir de 1980, où Bernard Hinault était allé chercher une victoire d’anthologie. Il avait mis près de dix minutes à son premier poursuivant, et seuls 21 coureurs avaient franchi la ligne. La classique wallonne avait ce jour-là écrit l’une des plus belles pages de son histoire, sous les flocons. 36 ans après, il est peut-être temps de revivre ça. Comme Milan-Sanremo en 2013, le Liège-Bastogne-Liège de ce dimanche pourrait entrer dans les annales par sa difficulté, et on l’espère, une course débridée. Après trois années d’hibernation, il serait temps que le spectacle fasse son retour.

L’essence même de l’épreuve

Parce que finalement, que « LBL » soit incroyablement dure pour tous ceux qui se pointent au départ ne devrait en rien être une surprise. Le parcours, déjà, est sans doute le plus difficile qui soit. Même moins long que Milan-Sanremo, l’aller-retour liégeois propose un dénivelé tel qu’il est impossible de passer une journée tranquille, planquée dans les roues. C’est aussi à Liège-Bastogne-Liège que l’on se réfère lorsqu’il s’agit de se remémorer de nombreux grands moments d’histoire, que ce soit la fameuse victoire d’Hinault en 1980, l’échec de Criquielion en 1987, les cinq victoires de Merckx entre 1969 et 1975 ou plus récemment l’affrontement entre Gilbert et les frères Schleck qui avait mené au fabuleux triplé du Wallon en 2011. Si le triptyque Wanne-Stockeu-Haute Levée a perdu de sa superbe, désormais franchi presque sans broncher par le peloton, il faut espérer que d’autres lieux, placés un peu plus loin que la flamme rouge, deviennent les symboles d’éditions marquantes. Car tout le monde n’espère qu’une chose : voir les cadors se faire la guerre avant la côte d’Ans.

Nos favoris

**** Alejandro Valverde
*** Julian Alaphilippe, Dan Martin, Simon Gerrans
** Rui Costa, Enrico Gasparotto Vincenzo Nibali, Tim Wellens
* Michal Kwiatkowski, Romain Bardet, Warren Barguil, Samuel Sanchez, Roman Kreuziger

Retrouvez le parcours et la liste des engagés.

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