C’est ce mercredi que débutera la 35ème édition du Tour de Burgos, une course par étapes de l’UCI Europe Tour classée en catégorie 2.HC. Comme lors des précédentes années, elle réunira une pléiade de futurs participants au Tour d’Espagne, débutant lui le 24 août prochain. Au programme, des étapes musclées pour à peu près tout le monde, et surtout de quoi juger de l’état de forme des principaux protagonistes.

Les grimpeurs se bousculent au portillon

Après le Tour de France, nous n’avions eu droit qu’à la Clasica San Sebastian et au Tour de Pologne pour revoir les hommes forts de la seconde partie de saison. Heureusement que le Tour de Burgos arrive pour nous remettre progressivement dans le bain ! Proposant comme chaque année des étapes pour puncheurs, et surtout un final en apothéose pour grimpeurs à Neila, cette petite course par étapes espagnole à tout pour séduire. Premier venu, et pas des moindres, Vincenzo Nibali. D’une discrétion absolue en Europe de l’Est, le vainqueur du Giro se rendra pour la deuxième fois à Burgos, où il avait pris la troisième place en 2010. Cette même année, il avait gagné la Vuelta après avoir disputé le Giro et avait réalisé donc de bons points de passages en Castille-et-Léon. Le même programme pourrait à nouveau lui porter chance, et on devrait en savoir plus sur sa forme. Dans la catégorie des hommes sortant du Giro, on retrouve aussi le virevoltant Carlos Betancur pour l’équipe AG2R La Mondiale. Il y lancera véritablement sa deuxième partie de saison après une longue coupure, et nul doute que les pourcentages sévères des courses à venir, ainsi que les onze arrivées au sommet de la Vuelta, lui conviendront à merveille.

Samuel Sanchez y fera aussi sa rentrée en vue de son dernier Tour d’Espagne avec son équipe Euskaltel, et aura a cœur de montrer qu’il est toujours présent. Attention aussi à Ivan Basso, dans le coup en Pologne et extrêmement revanchard suite à son pépin physique l’ayant contraint la mort dans l’âme a jeter l’éponge en vue de la course rose de mai dernier. Mais l’attraction de la startlist, c’est peut-être Nairo Quintana. Le dauphin de Froome sur le Tour ne fera pas la Vuelta mais vient avec des ambitions, comme toujours, accompagné d’Intxausti et Visconti. Dani Navarro sera aussi de la partie, et on notera la présence d’une belle brochette d’ « escabajaros » menés par Duarte et Pantano de l’équipe Colombia. Ils auront nul doute leur carte à jouer, puisqu’on se souvient que l’an passé, c’est Esteban Chaves qui s’était imposé à Neila. Enfin, notons le grand retour à la compétition de l’Italien Daniele Colli au sein de la Vini Fantini, -lui qui avait été écarté fin 2012 de l’équipe Type 1 – ainsi que la présence de l’équipe type de la NetApp, invitée sur la Vuelta. Mais c’est sans doute à la manière d’un Dani Moreno, tenant du titre dont on soulignera l’absence, que le vainqueur s’imposera. Bénéficiant d’un bon de sortie de son leader, préférant sans doute jouer au poker menteur avec ses concurrents et surtout lui-même, évitant soigneusement de se découvrir…

De quoi tirer des enseignements ?

Tout de même, il reste bon de souligner que le plateau ne fait pas tout lors d’une course. Il faut réunir tous les ingrédients pour avoir le spectacle voulu, à savoir la volonté des coureurs, leur condition et la nature du terrain d’expression. Le Tour de Burgos semble réunir le tout. Cinq étapes sont au programme, quatre pour sprinteurs et puncheurs et une pour grimpeurs avec trois cols. Avec surtout la nouveauté du “dernier kilomètre”. Tout d’abord sur la première étape, de 139 kilomètres seulement, se termine au château de Burgos. Tout plat sauf le dernier kilomètre, à 5% et avec des passages à 10% qui viennent s’ajouter au revêtement pavé. Rebelote le lendemain avec l’arrivée à Clunia, voyant les deux derniers kilomètres en faux plat montant prononcé, et vendredi à Ojo Guarena, où ce sera à nouveau en haut de la citadelle (5%) que les coureurs devront se départager après tout de même cinq côtes de troisième catégorie.

Il n’y a véritablement que la journée de samedi, traditionnellement celle du chrono par équipes supprimé cette année, qui sera réservée aux purs sprinteurs. L’étape dominicale sera comme à son habitude l’étape reine de l’épreuve, avec le juge de paix qu’est la montée vers les Lagunas de Neila. Mais avant cette dernière, il faudra se coltiner la double ascension de l’Alto del Collado, de deuxième catégorie, ainsi que celle du Pasil de Roviamentos, classée pour sa part en première catégorie. Une vraie étape de montagne de 170 kilomètres, avec une montée finale de quinze bornes, dont les six derniers à 9,2% de moyenne, avec des passages à 12%. Il s’agit bien d’un réel test à passer pour les prétendants à la plus haute marche du podium madrilène le 11 septembre prochain, d’autant que jusqu’au départ dans moins de trois semaines, il n’y aura pas beaucoup de courses pour s’exprimer de nouveau. Messieurs, vous pouvez donc lâchez la cavalerie !

Les favoris de la Chronique du Vélo

*** Nairo Quintana

** Ivan Basso, Samuel Sanchez, Benat Intxausti, Mikel Landa, Carlos Betancur, Vincenzo Nibali

* Giovanni Visconti, Fabio Duarte, David Arroyo, Amets Txurruka, Dani Navarro, Giampaolo Caruso, Joe Dombrowski, Matteo Rabottini, Jan Barta

Alexis Midol


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