A l’aube de cette centième Grande Boucle, nous avions parlés des acteurs majeurs, du moins sur le papier, de l’épreuve juillettiste. Après trois semaines de course, certains ont été encore meilleurs que ce que l’on imaginait. On pourrait en citer beaucoup, mais on en a choisi cinq. Explications.

Nairo Quintana / Movistar

On l’attendait en équipier de luxe d’Alejandro Valverde, pour dynamiter la course et aider son leader à monter sur le podium. Clairement, le Murcian en avait les moyens, mais l’étape de Saint-Amand-Montrond a ruiné ses espoirs, et le leadership est revenu au jeune colombien de 23 ans. On attendait alors de voir comment il allait supporter une pression nouvelle ; on n’a pas été déçus. Restant lui-même, n’hésitant pas à attaquer sur les pentes du Ventoux, il mit tout en œuvre pour lâcher Froome lorsque c’était possible. Il réussit son coup une première fois à l’Alpe d’Huez, mais fut privé de la victoire d’étape par les échappées. Deux jours plus tard, au Semnoz, il fut donc sans pitié. L’étape dans la poche, il termine son premier Tour de France à la deuxième place du général, emportant dans son élan le maillot à pois et le blanc. Prodigieux.

Marcel Kittel / Argos-Shimano

L’Allemand venait pour redécouvrir le Tour, lui qui l’avait quitté après quelques jours en 2012, malade. Il l’a sûrement autant apprécié que les supporters se sont voués d’affection pour lui. Greipel, ce serait donc terminé. La nouvelle star du sprint allemand, c’est Kittel. Du moins, si on se base sur cette Grande Boucle 2013, dont quatre étapes sont revenues au monstre physique de l’équipe néerlandaise, sans oublier le maillot jaune du premier jour. Le tout avec une équipe sur le papier moins forte que les armadas de Lotto ou Omega-Pharma Quick-Step. Le maillot vert lui échappe, faute de présence lors des étapes escarpées, et d’une bordure qui coûte cher en points à Saint-Amand-Montrond. Mais le natif d’Arnstadt reviendra bientôt,  pour de nouvelles aventures. Car à 25 ans, il a le temps de glaner quelques (dizaines ?) de bouquets.

Roman Kreuziger / Saxo-Tinkoff

Oui, il ne termine « que » cinquième. Mais Bjarne Riis et la tactique de l’équipe danoise y sont pour beaucoup. Sur le podium après l’étape du Ventoux, Roman Kreuziger avait tout pour terminer dans la roue de son leader Alberto Contador, destiné à la deuxième place. Sauf que le Madrilène ne s’est pas contenté de cet accessit, et dans sa volonté de faire vaciller Froome, a contraint le Tchèque à se sacrifier. Dans la descente du col de Sarenne, par exemple, où l’ancien coureur de Liquigas et Astana s’est donné à fond avant de logiquement craquer dans l’Alpe d’Huez. Tout cela est bien évidemment à comparer avec ses précédents résultats sur les Grands Tours. Jusque là jamais classé dans le top 5 d’une épreuve de trois semaines malgré un statut de leader ces dernières saisons chez Astana, voilà que le garçon de 27 ans se fait une place parmi les meilleurs. On attend la suite.

Michal Kwiatkowski / Omega-Pharma Quick-Step

C’est à se demander d’où vient le bonhomme tant il est polyvalent. Puncheur, sprinteur, rouleur et maintenant grimpeur, le voilà qui échoue aux portes du top 10 final, la faute à une traversée des Alpes catastrophique. Mais qu’à cela ne tienne, le Polonais a impressionné par ses qualités dans chaque domaine, faisant partie du train pour Mark Cavendish un jour, et se battant bien esseulé en montagne le lendemain. La formation belge cherchait un leader et vient de recruter Rigoberto Uran, mais peut-être que la perle rare était déjà dans l’équipe. A seulement 23 ans, le tout récent champion de Pologne est attendu rapidement sur d’autres courses à étapes pour confirmer qu’il peut jouer le général. Longtemps maillot blanc, lui qui ne doit pas son classement final à des échappées (contrairement à Navarro ou Talansky notamment) a pris rendez-vous avec l’avenir.

Rui Alberto Costa / Movistar

Voici un deuxième coureur de la formation d’Eusebio Unzué dans ce top 5, mais comment était-il possible de passer à côté du Portugais ? Très bon dans les Pyrénées, il était sorti de la première partie de Tour dans le top 10 du général, prêt à aider son leader Valverde. Sauf que dans l’épisode de Saint-Amand-Montrond, le coureur de 26 ans a été prié d’aider le Murcian à réintégrer le peloton, en vain. Avec dix minutes de perdues, c’est le général qui s’est envolé pour Costa, qui nourrissait des ambitions légitimes après sa victoire au Tour de Suisse. Mais qu’importe, il s’est lancé dans la conquête d’étapes de montagne, en anticipant. A Gap puis au Grand-Bornand, le Portugais s’est donc imposé, et fait ainsi partie des rares coureurs ayant levés les bras plusieurs fois sur ce centenaire. Une énorme performance qui l’amènera forcément à changé de statut prochainement.

 

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