Mine de rien, le puissant Néerlandais vient de gagner les deux contres-la-montre programmés au Tour de Suisse où il a devancé Fabian Cancellara et le vainqueur de l’épreuve Simon Spilak, dont on connait l’amour pour les courses helvètes. Le tout dans un style impressionnant, ayant de quoi faire frémir ses rivaux dans l’exercice, et regretter à certains d’avoir préféré le Dauphiné. L’objectif est désormais clair, gagner celui du Tour de France qui part des Pays-Bas, et porter la tunique jaune pour la première fois de sa carrière.

Performant en World Tour

S’il a obtenu sa première victoire en World Tour l’été dernier sur l’Eneco Tour, lors d’un contre-la-montre bien évidemment, il a à chaque fois cette année remporté l’épreuve chronométrée à laquelle il participait, mis à part le prologue de Paris-Nice en début de saison où il était souffrant. Ses qualités de puncheur lui ont permis de s’adjuger le difficile chrono final du Tour du Pays-Basque où Tony Martin, référence dès qu’il s’agit de courir contre le temps, n’a pas pu lutter pour la première place. Cette victoire lui a alors permis de faire le plein de confiance et de pouvoir envisager avec optimisme la suite de sa saison. « Les mois précédents j’ai travaillé dur à l’entrainement. Maintenant j’espère que ça va fonctionner pour la période à venir » annonçait-il à l’issue de la course espagnole. Sa capacité à passer plus que correctement les bosses – et même les cols de haute montagne comme on l’a vu mercredi dernier à Sölden (12 kms à 10,7%) ndlr – lui permet de jouer le général sur les courses d’une semaine.

Son coup de pédale, de plus en plus fluide dès que la route s’élève, le surprend lui-même. « L’ascension du Gotthardpass était moins difficile que je ne le pensais ». Ce long col présent au début de la troisième étape la semaine dernière ne lui avait en rien fait perdre ses moyens. Plus qu’un grand rouleur, il est fréquemment à la tête de son équipe bien qu’il ne visait pas spécialement le classement général de ce Tour de Suisse, puisque son ami Warren Barguil prenait également le départ à Risch-Rotkreuz. « Je continue à apprendre et progresser en tant que leader, et c’est maintenant plus naturel. Je ne suis pas parti avec un objectif clair et nous savions que finir dans le top 10 serait inespéré. » Ses aptitudes de grimpeur étant en pleine expansion, il est bien entendu ravi d’être performant sur dix jours de courses. « Je suis très heureux d’être compétitif à ce niveau et de pouvoir rester en tête dans toutes les côtes. »

Un favori pour le premier maillot jaune

Pourtant sa préparation a été principalement consacrée à l’effort solitaire cette saison et le Hollandais sait parfaitement remplir ses objectifs comme l’a montré son Tour de Suisse. « Le but était de faire deux bons chronos, et j’ai réussi en les gagnant tous. » Sur le Tour, il sera surtout équipier pendant trois semaines et sera très important dans le train qui emmènera Marcel Kittel et John Degenkolb. Ce rôle ne le gêne pas et c’est ce qui fait la force de cette équipe Giant-Alpecin où des leaders n’hésitent pas à se mettre à la planche pour leurs coéquipiers et amis. La seule liberté qu’il aura, ce sera celle d’écraser tout le monde le 4 juillet prochain. Sa forme actuelle est indéniable et l’unique exercice solitaire de cette Grande Boucle lui convient à merveille. La distance de 13,8 kilomètres n’est pas trop courte et l’avantage supplémentaire par rapport à ses adversaires sera sans aucun doute le soutien du public, facteur qui permet bien souvent d’être transcendé.

Un départ à Utrecht, le natif de Maastricht en rêvait et la réalité pourrait bien lui permettre d’écrire une belle page du cyclisme de son pays, quelque peu mis à la diète ces derniers temps si l’on excepte le Paris-Roubaix de Niki Terpstra. Il souhaite profiter de ses récentes performances pour surfer sur cette vague. « Ma forme est excellente en ce moment, et comparé à l’année dernière j’ai franchi un palier supplémentaire. » Ses concurrents seront des habitués et deux sortent du lot en l’absence du retraîté champion du monde Bradley Wiggins, déjà tourné vers les Jeux Olympiques sur piste de Rio. Le premier est l’expérimenté suisse Fabian Cancellara, bien qu’il ne semble plus aussi performant que dans ses jeunes années et parait moins puissant qu’auparavant. C’est Tony Martin qui sera peut-être son opposant le plus coriace. Le puissant Allemand ayant toujours été très en vue lors du mois de juillet – comme l’ont montré ses deux victoires d’étapes l’année dernière – ne sera nullement impressionné par l’évènement. La lutte sera serrée mais un Batave en jaune est une hypothèse très plausible.

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