Après une semaine de course, voilà Christopher Froome déjà en jaune. Inquiétant pour le suspense... - Photo ASO
Après une semaine de course, voilà Christopher Froome déjà en jaune. Inquiétant pour le suspense… – Photo ASO

Après une première semaine qui a débuté dans la tension corse ainsi que dans un climat de nervosité permanente sur les routes méditerranéennes, un changement radical était prévu en direction d’Ax 3 Domaines. Cela s’est produit, et le spectacle auquel nous venons d’assister n’a rien d’une journée test. Insolents de facilité au pire des moments pour leurs adversaires, les hommes en noirs, sûrs de leurs forces, n’ont fait qu’une bouchée de la montée finale. Est-ce dès maintenant fini? A t-on aperçu le probable refrain de cette Grande Boucle ?

Encore meilleurs que l’an passé

En 2012, Bradley Wiggins est sacré sur les Champs-Elysées. Si il ne fait pas totalement l’unanimité en raison des performances supérieures de son dauphin Christopher Froome, la paire formée avec le Kenyan blanc aura été, faute d’une entente totalement parfaite, inatteignable. Sauf que cette année, pas de chance pour Wiggo, la saison noire se profile. Froomey est donc logiquement propulsé leader pour le rendez-vous de juillet, et devra composer avec l’ambitieux Richie Porte à ses côtés. Implacable lorsque la chance lui fut offerte, l’ancien maillot rose du Giro 2010 a marqué les esprits sur Paris-Nice et au Pays-basque, et a donné une première indication de la future tendance du Tour sur les routes du Dauphiné. Deux hommes qui s’entendent très bien dans un même but ? C’est le cas, et l’édition 2013 du Tour de France semble déjà être tombée dans leur escarcelle.

Très prudents en Corse, où Froome s’est même permis le luxe d’officiellement « courir à l’avant » dans la côte du Salario, le chrono par équipes de la Sky fut encourageant pour la suite, et c’est en très bonne position qu’ils abordèrent les premières hostilités pyrénéennes. Si les coéquipiers modèles, à l’image de Vasil Kyrienka, Peter Kennaugh, Geraint Thomas où Konstantin Siutsou n’ont pas été flamboyants – comme certains l’étaient il y a un an – dans le Port de Pailhères, c’est véritablement dans le difficile pied de la dernière difficulté que le train s’est mis en route. Porte prit les rênes, Porte accélèra, Porte continua, Porte s’écarta, Froome finit le job.

Voici comment on pourrait résumer le schéma tactique de la formation britannique, qui, dans de telles dispositions, paraît intouchable et de très loin. Comme à Peyragudes, à l’Ospedale, à la Planche des Belles Filles, ou à Risoul, la hiérarchie du duo est respectée, mais le leader finit seul devant, comme pour mieux écœurer et décourager les rivaux. Aujourd’hui, le Tour à reçu un coup de massue, et les premières escarmouches rêvées avec le Pistolero n’auront pas eu lieu, comme elles ne se dérouleront peut-être jamais. Aurait-on raison de déjà clamer la victoire des Sky, ? La fatalité paraît malheureusement implacable…

Peuvent-ils être déstabilisés ?

Toutefois, il est bien connu que la victoire appartient aux audacieux. En observant rigoureusement le scénario des dernières arrivées au sommet où le duo redouté à pesé sur la course, il est clair que vouloir se payer le natif de Nairobi et son compère sur une seule montée en face à face relève quasiment de l’impossible. Alors, comment procéder ? La seule tactique qui offre une possibilité de victoires reste certainement de surprendre. Prenons un exemple : le seul écueil pour l’instant de la saison de Froome est sa deuxième place sur Tirreno-Adriatico. Butant sur un Vincenzo Nibali très fort mais inférieur à lui sur le juge de paix du Prati di Tivo, il aura fallu un concours de circonstances météorologiques et un parcours piège pour voir l’Anglais se prendre les pieds dans le tapis. Profitant des murs à 30% à Sant’Elpidio Mare, le Sicilien avait réalisé un tour de force. Et si l’hypothèse de revivre ce scénario est très improbable au vu de la force actuelle des protégés de Dave Brailsford, l’attaque dite de loin serait à tenter.

Nairo Quintana en est peut-être capable. Lui qui a crevé dans un premier temps l’écran en survolant les pentes de Pailhères, a sonné la charge le premier, et pris de panique une bonne poignée de favoris. Certes, il n’est pas allé au bout, la faute à un duo supersonique dans son dos, mais on risque de le revoir d’ici peu. Quant à Alberto Contador, n’a t-il pas en tête le putsch qu’il avait réalisé au détriment de Joaquim Rodriguez au Fuenté Dé lors de la dernière Vuelta, en partant dans l’avant dernière difficulté du jour ? En tout cas, il faudra se sublimer pour pouvoir revenir dans la danse, car au terme d’une seule étape montagneuse, le dixième du classement général qu’est Michael Rogers est à 2’40 »… La Saxo a montré ses limites tant bien que mal, et la Movistar paraît comme seule alternative crédible au déroulement annoncé. Alejandro Valverde, dans l’ombre de Chris Froome, est le meilleur des « Autres » et pointe à 1’25 ». La stratégie collective risque d’être déterminante, et un match entre les deux formations apparaît comme la chose à privilégier, tant les hommes d’Euzebio Unsue ont des qualités. Mais après la première journée pyrénéenne, le débours est déjà énorme…

Alexis Midol


 

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