Malheureux troisième du dernier Tour de Pologne derrière Pieter Weening et Ion Izagirre, Christophe Riblon a encore une fois fait forte impression sur les routes escarpées du Trentin et des Carpates. Offensif selon sa nature, il est tout simplement irrésistible depuis sa grande troisième semaine du Tour couronnée par un succès de prestige en haut du mythique Alpe d’Huez.

La dynamique des grands jours

Nous sommes le mercredi 17 juillet, au soir, après le chrono victorieux de Froomey à Chorges. L’heure est grave au sein du contingent français, puisqu’aucune victoire bleu-blanc-rouge n’est à signaler alors que les plus belles chances, que ça soit à Lyon ou à Gap, semblent être passées, et donc le bon wagon raté. Mais c’était sans compter sur les revanchards coureurs d’AG2R la Mondiale, qui sonnent la charge par l’intermédiaire de Christophe Riblon ! Sur l’étape reine du Tour 2013 avec la double ascension de l’Alpe d’Huez, c’est une échappée victorieuse qui se profile et au terme d’un final haletant, le déjà vainqueur en haut d’Ax 3 Domaines en 2010 vient écrire l’une des plus belles pages de sa carrière ! Mais, à ce moment-là, qui aurait cru au simple début de la belle embellie future ? Tout n’avait que l’apparence d’un coup de génie du provisoire sauveur de la patrie…

Mais, peut-être boosté par la quinzième place finale de Romain Bardet à Paris et par la gloire basque de Tony Gallopin, Riblon a mis les gaz pour atteindre un rythme de croisière. Venant totalement sans pression sur le Tour de Pologne, là où on attendait plutôt Domenico Pozzovivo, il a une nouvelle fois joué de son statut, jusque-là, de « petit baroudeur » pour s’imposer en haut du difficile Passo Pordoi lors du deuxième jour de course. S’installant sur le podium de la course, le rêve continue pour le francilien, qui va même abuser de sa combativité sur la difficile étape de Zakopane, sans réussite cette fois. Le lendemain sera la bonne, tactiquement parfait, il est le plus fort dans le dernier tour du circuit de Bukowina, et n’arrive pas a réaliser lorsqu’il endosse le maillot jaune de leader, à la veille de l’inédit contre-la-montre final de Cracovie. Toutefois, c’est tristement qu’il termine son épopée puisque Pieter Weening lui ravit la première place au terme de 37 kilomètres éprouvants. Ce qui n’enlève rien à la satisfaction de son équipe, qui l’avait envoyé pour glaner quelques points UCI. Aujourd’hui, on se demande donc où peut-il s’arrêter ? Lui qui a peu couru en première partie de saison est-il parti pour réaliser une fin d’année en trombe jusqu’aux mondiaux de Florence, le dernier objectif de l’intéressé ?

Un rôle a éclaircir

Car jusqu’à cet été de folie, Christophe Riblon n’a jamais été l’élément clé de la formation de Vincent Lavenu sur les grandes courses. Faisant partie de la catégorie des éternels offensifs, Riblon se contentait jusque-là de petits coups d’éclats par-ci par-là, en montrant une certaine régularité sur la Grande Boucle. Toujours présent et récompensé, voici comment on pourrait décrire le frenchie de 32 ans. Ce dernier a aussi toujours montré son affection pour les classiques et les courses d’un jour, en témoigne sa septième place à San Sebastian en 2009. De plus, le garçon avait l’habitude de toujours performer au moment de la période post Tour de France, notamment durant le mois d’août. Cette année, ce programme a été suivi à la lettre. Après une petite coupure de deux semaines, il mettra le cap sur le Tour du Limousin, et les classiques de fin d’été, à Plouay et au Canada, où il nourrit de légitimes ambitions. Mais surtout, sentant sa chance d’être sélectionné pour les mondiaux de Florence augmenter, il désire y jouer sa carte. Trop gourmand ? L’appétit vient en mangeant, mais il ne faudrait pas s’enflammer. Pour diverses raisons.

Déjà, en interne chez AG2R, ce n’est pas parce qu’il a crevé l’écran récemment qu’il est subitement devenu leader absolu d’un effectif déjà riche en grimpeurs, qui verra Carlos Betancur courir la Vuelta et s’imposer en possible homme fort des classiques de fin de saison. Présent aussi en Pologne, lItalien Pozzivivo reste aussi une valeur sûre lors des grands rendez-vous et reste l’un des leaders de la formation savoyarde. Immanquablement, Riblon sera requalifié dans l’équipe et pourrait avoir accès à de plus amples terrains d’expressions, mais il ne faut pas s’attendre à le voir propulsé au sommet du gratin mondial… Non, on voit plutôt en lui un futur coureur à la Rinaldo Nocentini, son expérimenté coéquipier. Bon puncheur, très offensif, capable de coups d’éclats et se faufilant facilement dans les échappées, tel est sans doute le rôle destiné à Christophe Riblon, qui ne doit surtout pas perdre son superbe panache, qui nous a jusque là tant fait vibrer.

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