Les Pyrénées auront pleinement joué leur rôle d’indicateur dans ce 100ème tour de France. On en sait désormais plus sur l’état de forme de chacun des prétendants. Froome a maintenant toutes les cartes en main ; mais la course n’est pas terminée, nombreux sont ceux qui espèrent encore contrecarrer les ambitions du Kenyan blanc. Mais alors qu’on attends Contador où Valverde, et si la surprise venait d’un autre ?

Dans la tradition des grimpeurs colombiens

Nairo Quintana, 1m67, 59 kilos, colombien. Un pur grimpeur à l’ancienne. Né dans les hautes montagnes colombiennes, il a eu un terrain d’entrainement idéal. Celui que l’on a très vite comparé à Herrera, son plus glorieux aîné, ne cesse de monter en puissance depuis ses débuts dans le cyclisme. Champion de Colombie Espoir en 2009 dans le contre-la-montre, puis dans la foulée en 2010 du Tour de l’Avenir, toujours un très bon révélateur des futurs cadors. Des résultats qui n’ont pas laissé indifférent Eusebio Unzue, qui l’a débauché de l’équipe Colombia en 2011 pour en faire son futur leader pour les grands tours.

Mais le garçon est précoce. Dès sa première année, il explose les compteurs. Il remporte le Tour de Murcie (course favorite de son leader Valverde), l’étape reine du Dauphiné au nez et à la barbe des meilleurs coureurs du monde, et abat un travail formidable sur la Vuelta au service de Ballaverde, qui terminera deuxième au classement final. Résultats qu’il améliore en 2013, avec un remarquable chrono final au col d’Eze sur Paris-Nice, et bien évidemment son succès au Tour du Pays-Basque, privant les Sky de la victoire à l’issue du contre-la-montre, formidablement réussi.

Et si son rôle évoluait ?

Il gagne logiquement son ticket pour le Tour de France, son premier, où il à comme rôle de base de s’acclimater à cette course si particulière et d’aider Valverde . Sauf que les Pyrénées sont passées par là, et le rôle du Colombien pose question. Dans le Port de Pailheres, il a sonné la charge, forçant les Sky à se dévoiler. S’il n’a pas été jusqu’au bout, le jeune grimpeur de poche a montré une aisance impressionnante dans les sommets. 2000 mètres, ça ne lui fait absolument pas peur, lui qui a dompté les deux versants des cols étant petits, se déplaçant à vélo pour aller et revenir de l’école, à plus de 3000 mètres d’altitude.

Aujourd’hui, on peut donc se poser la question. Quintana n’est t-il pas le facteur clé de ce Tour de France ? Le seul capable de mettre Froome à mal avec des accélérations successives ? Le Tour est encore long, et n’a dévoilé qu’une partie de son profil montagneux. Le Ventoux, l’Alpe d’Huez, le Semnoz, tant de noms qui font trembler le peloton mais excitent particulièrement ce grimpeur toujours plus époustouflant. Tant de sommets où il peut faire vaciller Sky et la force tranquille de Froome. Clairement, les deux prochaines semaines de course pourraient permettre à Nairo Quintana de montrer ce qu’il sait faire. Avec la position actuelle de Valverde, difficile d’imaginer le statut de leader lui revenir. Mais le natif de Combita prend date pour l’avenir.

Kévin Busschots

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