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Le bus d’Orica-GreenEDGE, bloqué sous le portique d’arrivée, a été l’épisode du début de Tour – Photo Reuters

Il y a de quoi être étonné. Le contre-la-montre par équipes aura dans un premier temps livré son verdict sportif avant que plusieurs détails viennent s’ajouter à ceux des premiers jours. Des détails qui valent à certains des amendes, et à d’autres la peur de ne pas repartir.

Tout avait commencé avec le bus

Le bus d’Orica-GreenEdge avait-il eu l’autorisation de franchir le portique d’arrivée ? Alors qu’après la course Jean-Louis Pagès affirmait la nécessité pour le chauffeur de s’arrêter et de demander la permission, ce dernier confiait le lendemain qu’il avait eu cette autorisation. Un quiproquo général qui aura valut une grosse frayeur aux organisateurs et aux coureurs sur la première étape. Ainsi qu’une amende pour la formation australienne, soit disant pour être arrivée en retard. Orica n’a pas bronché, ce n’était pas la peine de se faire encore remarquer. Mais si l’organisation a accepté que le bus emprunte la route puis a donné l’autorisation au chauffeur de passer la ligne, est-elle vraiment justifiée ? La question reste en suspens puisqu’on ne sait toujours pas vraiment qui est fautif. Mais cet évènement n’était que le premier d’une liste qui s’est bien rallongée sur la quatrième étape, lors du contre-la-montre par équipes de Nice.

Deux poids deux mesures ?

Certains ont écopé de sanctions plutôt faibles mais symboliques pour des faits totalement anodins alors que d’autres sont inexplicablement passés entre les mailles du filet. Pour commencer, et plutôt surprenamment, les récents champions nationaux de l’effort solitaire n’ont pas été autorisé à porter leurs nouveaux maillots. La différence étant faite entre chrono individuel et par équipes. Sauf qu’évidemment, certains n’avaient pas modifié tout leur arsenal de matériel pour ce détail. Ainsi, Tony Martin a couru les 25 kilomètres avec un vélo aux couleurs arc-en-ciel de son titre de champion du monde de l’effort solitaire. L’UCI et les commissaires du Tour n’ont pas apprécié, ça fera 2000 francs suisses d’amende pour l’équipe belge. Jean-Christophe Péraud devrait connaître la même issue, lui qui portait un maillot aux liserés bleu-blanc-rouge rappelant son titre de champion national contre-la-montre de 2009.

Comme s’il valait mieux ne pas avoir de titre particulier dans la discipline pour être tranquille. Pourtant, Alberto Contador, lui aussi, s’était octroyé une petite fantaisie. Un casque un peu particulier orné à première vue des couleurs de l’Espagne. N’était-ce pas là un signe distinctif rappelant lui aussi son titre de champion ? Mais visiblement, on ne lui en n’a pas tenu compte, plutôt surprenant… Difficile de connaître les raisons exactes de ces décisions qui varient assez inexplicablement d’un individu à l’autre. Une nouvelle fois, les règlements ont frappé, pas forcément avec subtilité et intelligence. Et même si les amendes encourues par certains ne mettront pas leurs équipes sur la paille, on est en droit de se demander pourquoi elles ne touchent pas tout le monde de la même façon.

Le plus improbable…

Et puis, il y a une dernière chose, sûrement la plus importante : le pauvre Ted King, que les commissaires veulent disqualifier parce qu’il serait arrivé hors-délais. L’organisation affirme qu’il a franchi la ligne en 32’32’’ alors que les délais étaient fixés à 32’25’’. Sauf que le coureur a une toute autre version, lui est persuadé de n’avoir eu besoin que de 32’24’’ pour boucler le parcours de 25 kilomètres. Bien loin de ses coéquipiers de la Cannondale, mais dans les temps si cela venait à se confirmer. Après avoir reçu le soutien de plusieurs coureurs, il va devoir attendre la décision finale prise par l’organisation. Mais là encore, n’est-ce pas surprenant que personne ne soit capable d’affirmer si oui ou non l’Américain était dans les temps ? En tout cas, une chose est sûre, l’UCI et les commissaires du Tour semblent plus que perdus dans un début d’épreuve qui voit affluer les amendes pour des faits originaux. Et pas forcément sans conséquences…

Robin Watt


 

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