PLACE AU TOUR 5
Sa victoire à Porrentruy sur la dernière édition a peut-être marqué le début de l’histoire entre Pinot et le Tour – Photo Inrng

Le Tour de France avait laissé le Franc-Comtois aérien sur les dernières étapes de haute montagne et dixième à Paris. Depuis, un an s’est écoulé, et Pinot a pris de la bouteille malgré son âge pas franchement beaucoup plus avancé. De quoi viser encore plus haut !

Un nouveau statut

En juin dernier, Thibaut Pinot ne devait pas participé au Tour de France. Pour le préserver de la pression médiatique du rendez-vous juilletiste, selon Marc Madiot. Mais le forfait de dernière minute d’un Arnold Jeannesson qui devait jouer le général avait presque contraint l’encadrement de la FDJ à sélectionner l’espoir tricolore, qui était ainsi le plus jeune coureur au départ de Liège. Résultat, une victoire d’étape à Porrentruy et un top 10 au général. Prodigieux pour une première participation à la Grande Boucle, à seulement 22 ans. En quelques semaines, Pinot venait donc de passer du grand espoir français à l’un des meilleurs coureurs tricolores lorsque la route s’élève. Après être monté en puissance sur les derniers jours de course, le garçon, très décontracté malgré l’engouement qui l’entourait à l’époque, a donc logiquement changé de statut, pour devenir sans aucune contestation possible le leader de la FDJ sur les courses à étapes.

Cette année, plus de soucis de pression, Marc Madiot n’a pas hésité à aligner son poulain sur les courses importantes. D’abord sur le Tour de Catalogne puis sur ceux de Romandie et de Suisse, le natif de Lure a pu se tester face aux cadors du peloton sur des épreuves réputées du calendrier mondial. Pour au final des classements généraux toujours honorables, voire même très encourageant il y a quelques jours sur l’épreuve helvétique, où le Français a terminé quatrième. De bon augure à seulement quelques semaines du grand départ de Corse. Car désormais, la pression va revenir, et décuplée : Pinot sera cette fois attendu. Son top 10 de l’an passé, de nombreux observateurs espèrent que le Franc-Comtois sera capable de l’améliorer. Mais encore une fois, ces attentes placées en lui ne devraient pas être un problème. Depuis le début de saison, Pinot a su s’y habituer et les gérer en répondant toujours sur la route par des performances rarement décevantes.

Un Tour qui lui convient encore plus

Sans expérience, avec plus de 100 kilomètres de chrono et seulement trois arrivées au sommet, la dixième place finale de Pinot ressemblait presque à un exploit l’an dernier. Mais le parcours de cette centième édition lui correspond bien davantage, ce qui nous laisse forcément rêveur. Avec six étapes de haute montagne, et lorsqu’on se rappelle des performances du jeunot à La Toussuire et à Peyragudes il y a un an, on l’imagine déjà à son aise sur les pentes du Ventoux, de l’Alpe d’Huez et d’Annecy-Semnoz, faisant le tri parmi ses adversaires. Et même les plus coriaces ont du soucis à se faire, de Froome à Contador en passant par les nombreux outsiders. Faisant incontestablement partie des meilleurs grimpeurs du peloton à l’heure actuelle, Thibaut Pinot peut véritablement créer l’exploit sur ce Tour 2013. Puisqu’en plus d’une montagne prédominante, le contre-la-montre s’est quelque peu éclipsé. Et même si le Français n’est pas le plus mauvais sur l’effort solitaire, il ne peut que s’en réjouir.

Celui qui profitera cette fois d’une équipe dévouée peut donc nourrir des ambitions légitimes sur une Grande Boucle plus que jamais faite pour lui. Alors, la question qui est sur toute les lèvres concerne la place qu’est capable d’aller chercher Pinot. Peut-il se permettre de viser un top 5 ? Voire encore un peu mieux, avec un podium qui serait une première pour un tricolore depuis Richard Virenque en 1997 ? A vrai dire, personne ne peut aujourd’hui le prédire, mais une chose est sûre, Pinot arrivera au top sur la Grande Boucle. Mentalement tout d’abord, comme il le confiait à L’Equipe après le chrono final du Tour de Suisse. Parce que la pression, c’est lui qui la fixe, et quand il veut : « Je me suis mis la pression ici pour mieux la faire baisser sur le Tour. » Mais physiquement, aussi. « Je suis arrivé en Suisse à 90 % de ma condition à l’issue d’un gros bloc de travail à l’entrainement. » Après quelques jours à « souffler un peu et profiter de la vie », le Français arrivera tout frais sur le Tour, et même lui ne semble pas savoir jusqu’où il peut monter.

Robin Watt

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