Sous le maillot de Sky en 2013, Uran avait décroché une victoire et la deuxième place à Brescia - Photo Sky Sports
5 mai 2014

Place au Giro #4 – Et si c’était le tour d’Uran ?

« Et si c’était son tour ? » Cette question plutôt banale revient, régulièrement, à chaque début de grand tour, concernant un outsider autrefois équipier et qui s’est vu récemment promu leader d’une formation… Mais aujourd’hui peut-être plus que jamais, il convient de se la poser pour Rigoberto Uran. Et si c’était son tour, à ce jeune colombien, meilleur jeune en 2012 et deuxième en 2013, de remporter un Giro relativement ouvert ?

Habitué à se faire mal

N’importe quel quidam ayant chatouillé la pédale pourra vous l’affirmer : pour faire du vélo, il faut savoir se faire mal. Rigoberto Uran, lui, sait souffrir. Le Colombien s’est forgé un mental d’acier, un seuil de souffrance surhumain et une rigueur hors-norme au fil de son existence marquée notamment par de douloureux épisodes… Orphelin de père à 14 ans, le jeune Rigoberto doit subvenir seul aux besoins de sa famille. Il sera également victime d’une lourde chute au début de sa carrière, sur le Tour d’Allemagne. « Il était comme une éponge, très fort sur le plan mental », confie l’un de ses premiers mentors. Les Rodriguez et autres Quintana n’ont qu’à bien se tenir ; dans les pentes les plus raides, sur les pourcentages les plus élevés, au cœur des montagnes italiennes, Uran aura la capacité de relativiser sa douleur et d’aller encore plus loin dans la souffrance.

Autre atout du « martyre d’Urrao », son équipe. C’est de plus en plus vrai dans le cyclisme moderne, pour remporter un monument ou un grand tour, il faut une équipe. Et dire qu’Uran en a une à ses côtés est un doux euphémisme. Il a la meilleure. Outrageusement dominatrice sur les flandriennes, toujours placée sur les ardennaises, première au classement UCI, la formation de Patrick Lefevere est dotée d’une présence éblouissante et d’une diversité rare. De facto, avec des équipiers à l’effigie de Thomas De Gendt, troisième sur le Giro 2012, Jan Bakelants ou Tony Martin, il est tout de suite plus agréable d’être leader.

Un transfert qui change tout

Parce que c’est bien la nouveauté de l’année. Le passage d’Uran, cet hiver, de Sky à Omega-Pharma Quick-Step a été l’un des gros transferts de l’intersaison. La formation belge se trouvait alors – enfin – un leader lui permettant de briller sur les courses de trois semaines, souvent délaissées ces dernières saisons au profit des classiques. Une aubaine aussi pour le principal intéressé, qui se voit enfin offrir un rôle de leader. Car le Giro 2013 est encore dans toute les têtes, et surtout dans celle du Colombien. Désigné lieutenant de Wiggins, il avait perdu plusieurs minutes en première semaine en aidant le Britannique. Ce qui avait failli lui coûter une future deuxième place, et l’empêcha surtout de faire frémir rien qu’un peu Vincenzo Nibali. 2014 marque donc pour lui un nouveau rôle et de nouvelles ambitions.

Des ambitions qui plus est légitimes, parce que Rigo est en forme. Il l’avait déjà montré en 2012 en décrochant le titre de vice-champion olympique ainsi qu’en 2013 en remportant la 10ème étape du Giro à la fin duquel il terminera 2ème, Uran est de plus en plus capable de rivaliser avec le gratin mondial des grimpeurs, ce qu’on fait de mieux pour escalader les cols, la crème de la crème. Et cette tendance s’est confirmée dès les prémices de cette saison avec une victoire sur le contre-la-montre par équipe du Tirenno et par-dessus tout une troisième place au Tour d’Oman, derrière Froome et Van Garderen. Aidé par une armada impressionnante, une tolérance à la douleur quasi surnaturelle et déjà quelques expériences fructueuses sur le Giro, le Colombien de 27 ans pourrait dès lors créer la sensation en remportant la 97ème édition du Tour d’Italie.

Retrouvez l’ensemble des articles de présentation du Tour d’Italie ici.

2
Poster un commentaire

avatar
1 Threads de commentaires
1 Réponses
0 Followers
 
Commentaire suscitant le + de réactions
Thread le + chaud
2 Auteurs de commentaire
Robin WattBeignet Auteurs de commentaire récent

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner  
Me prévenir
Beignet
Beignet

Moi Uran je le voit difficilement faire mieux que l’année dernière, alors gagner le Giro ? absolument pas. Pour moi si cette année il fait top 5 ce sera déjà pas mal. D’ailleurs je trouve que vous avez une mauvaise tendance a trop vouloir selectionner les résultat pour aller dans le sens de votre analyse (Uran peu gagner le Giro cette année). L’argument du chrono par équipe gagné sur Tirenno m’a bien fait rire. Nan mais sérieux ? Il a la meilleure équipe du monde pour ce type d’exercice et ce n’est que un des 8 maillons de la chaine sur les chronos par équipe, du coup donner cet argument c’est bien la preuve que vous avez rien d’autre sous la dent pour aller dans votre sens… La 3éme place en Oman parle déjà un peu plus, mais c’est tout de même très faible comme seul fait d’arme depuis le début de la saison. Non, je persiste, je trouve personnellement que son début de saison et loin d’être bon et même plutôt mauvais. Il a quand même été relativement loin sur Tirenno (31éme seulement malgrés le chrono par équipe gagné) / en catalogne (29éme) et plus récemment sur le tour… Lire la suite »

Robin Watt

En effet, ses résultats ne sont pas incroyables en ce début de saison. Mais ils sont loin d’être mauvais, c’est pourquoi on les a notés. En revanche, nous avons beaucoup plus insisté sur ses qualités intrinsèques et sur l’équipe qui l’entoure, preuve que nous ne nous focalisons pas sur les résultats uniquement.

Enfin, ne vous inquiétez pas, on n’en fait pas l’ultime favori. Dans les prochains jours, nous présenterons ceux que nous jugeons comme les trois grands favoris : Rodriguez, Evans et Quintana. En espérant qu’il n’y ai plus d’ambiguïté.