Vainqueurs du chrono par équipes inaugural, les Orica-GreenEdge sont solidement accrochés au maillot rose - Photo Gazzetta
10 mai 2014
Par  Robin Watt 

Orica nous refait le coup

Le scénario nous rappelle l’été dernier. Sur la Grande Boucle, l’équipe Orica-GreenEdge avait dominé le chrono par équipes et placé Simon Gerrans en tête du classement général. Puis l’Australien, après avoir profité quelques temps du paletot, l’avait volontairement laissé à son coéquipier Daryl Impey. Depuis deux jours, l’équipe Orica semble revivre ces moments, sur le Giro et avec des hommes différents : Sven Tuft et Michael Matthews.

En pleine réussite

Certes, à Belfast, Marcel Kittel, avec les jambières et un maillot long, n’a laissé aucune chance aux autres sprinteurs, parmi lesquels celui de l’équipe Orica, Michael Matthews. Mais là n’est pas le plus important, car l’Allemand gagnera sans doute bien d’autres étapes, y compris durant ce Giro, sans que le jeune australien ne puisse ne lui contester ses victoires. Cependant, le transfert du maillot rose, qui quittera les épaules de Tuft pour celles de Matthews, est symbolique, et ravira l’ensemble de l’équipe. Comme en juillet dernier, lorsque Daryl Impey avait eu l’honneur d’être le premier africain à porter le maillot jaune. Cette fois, c’est une première pour Matthews, mais pas pour l’Australie. Qu’importe, le véritable clin d’œil du destin a eu lieu hier, lorsque Tuft a enfilé le maillot le jour de son 37e anniversaire. Et c’est finalement un peu plus qu’un simple hasard. Car depuis plus d’un an, on voit les Orica-GreenEdge sur toutes les grandes épreuves.

Cela avait débuté au printemps dernier avec une razzia de bouquets, avant de se poursuivre, surtout, sur la Grande Boucle. Deux victoires, le maillot jaune pendant quatre jours, il y avait là déjà plus que de la chance. Car la belle étoile n’a toujours pas quitté les Australiens, et c’est forcément le signe d’un travail réalisé à la perfection. Le Tour d’Espagne à la fin de l’été, avait offert deux bouquets à Matthews, déjà. Puis début 2014, tout ce beau monde est reparti de plus belle, avant – comme l’an dernier – une sorte d’éclosion au printemps. En Turquie, en Romandie et surtout sur Liège-Bastogne-Liège, les hommes de Matt Wilson ont levé les bras pour s’adjuger de grands succès. Sans grand leader mais avec des coureurs opportunistes comme Gerrans et Albasini, accompagnés d’un incroyable vivier de jeunes talents, la structure encore très récente cartonne. Et c’est également un plaisir pour les suiveurs.

Union et ambition

En effet, l’équipe Orica est agréable à suivre, jamais dans la polémique, bien plus souvent dans l’humour, comme l’avait montré cette parodie de la chanson Call Me Maybe sur la Vuelta 2012. Une bonne humeur générale qui a vraisemblablement joué un rôle dans l’explosion d’une équipe qui se hisse au niveau des plus grandes formations de l’élite malgré l’absence d’un cador comme peuvent en compter dans leurs rangs certains concurrents. De quoi, sans doute, nourrir beaucoup d’espoir en vue des prochains jours. Car Matthews ne fait pas partie de ces sprinteurs qui sautent à la première bosse, et le programme à venir ne paraît pas assez compliqué pour remettre en question son maillot rose. A 23 ans et pour son deuxième grand tour seulement, il devrait donc monter chaque soir sur le podium, jusqu’à l’Italie. Et à en croire l’intéressé, cela pourrait durer un peu plus encore, le natif de Canberra affichant l’objectif de garder le maillot jusqu’à la sixième étape.

Pas illusoire, car c’est bien à Montecassino que sera jugée la première arrivée vraiment difficile, celle qui devrait éliminer les sprinteurs. Malgré tout, la veille déjà vers Viggiano, il ne sera pas facile de tenir la roue des puncheurs s’ils souhaitent attaquer. Mais Matthews se fixe des objectifs élevés, et il a raison. D’ailleurs, le maillot rose acquis, on espère désormais le voir à son avantage dans les sprints. En retrait ce samedi, il a semblé vouloir assurer sa prise de pouvoir. Mais on connaît ses capacités, et ses deux victoires sur le dernier Tour d’Espagne rappellent qu’il fait partie des meilleurs finisseurs du peloton. Alors de là à faire tomber Kittel, il faudrait vraiment que l’Australien soit dans un grand jour. Mais il se peut aussi que certains sprints se disputent avec Matthews, et sans le chef de file des Giant-Shimano. Une opportunité qu’il ne faudra pas laisser passer, et on peut compter sur lui et son équipe. Depuis quelques mois, se rater n’est pas dans leurs habitudes.

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Aurelien

Une équipe vraiment complète et qui à mon sens, risque de devenir la meilleur avec OPQS et Giant-Shimano dans 3 ans, avec des coureurs complets comme Gerrans, Albasini ou encore Matthews, et des grimpeurs comme les frères Yates et Chaves. Une équipe jeune mais qui ne manque pas d’ambition et qui en est déjà à 17 victoires, dont 8 sur le World Tour