Ce samedi, les Strade Bianche offriront comme chaque année un parcours et des paysages uniques - Photo Flickr, Claude Zipfel
3 mars 2016
Par  Robin Watt 
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Ô, belles Strade Bianche !

Des routes sinueuses, étroites et non goudronnées, mêlant poussière, terre et cailloux. C’est tout ce qui fait le charme des Strade Bianche, une épreuve vieille de moins de dix ans mais qui a déjà séduit l’ensemble du peloton. Le rendez-vous en est même devenu incontournable. Parce qu’on a toujours besoin d’une dose de soleil toscan avant d’entamer sérieusement les classiques belges.

« C’est une de mes courses préférées. Grâce à son parcours et ses paysages, elle est unique dans le calendrier international », s’enthousiasme Fabian Cancellara à propos de l’épreuve italienne. Il faut dire que l’originalité attire. Y compris les spectateurs. Les nuages de poussière qui montent au ciel, le peloton étiré sur des routes où il faut jouer des coudes et se serrer pour ne pas terminer dans le talus, ça rappellerait aux plus nostalgiques le cyclisme d’il y a plusieurs décennies. Une époque où faire passer la caravane et les voitures des partenaires n’était pas une priorité. Et où les coureurs offraient un spectacle de haut vol, que l’apparition des oreillettes et des points UCI n’avaient pas encore entamé. Parce que c’est bien le scénario proposé chaque année par les coureurs qui donne un véritable intérêt aux « routes blanches ». Avec trop de prudence, de calcul et d’attentisme, le charme de la Toscane ne suffirait pas.

Une ambiance, un esprit

Or de Cancellara à Stybar en passant par Gilbert et Kwiatkowski, les lauréats ont fait la renommée de l’épreuve par leur capacité à prendre des risques. Remporter ce que Pier Begonzi, rédacteur en chef de la Gazzetta dello Sport, considère comme « le petit Paris-Roubaix » de l’Italie n’est pas de tout repos. Mais le jeu en vaut la chandelle. Après avoir dû se coltiner des pentes à 16 %, l’arrivée sur la Piazza del Campo, au cœur de Sienne, est toujours magistrale. Dans les 100 derniers mètres, les coureurs passent des rues sombres de la vieille ville à une place très lumineuse et remplie de tifosi. La-même où chaque été est organisé le Palio de Sienne, des courses de chevaux au milieu de milliers de spectateurs. « Quand je suis arrivé dans le dernier virage, c’était absolument magnifique », se rappelle Michal Kwiatkowski, vainqueur en 2014.

Dans le paysage des classiques qui comptent, les Strade Bianche se sont donc faites une place importante. Celle de la course qui permet de s’évader, de mettre de côté, l’espace d’une journée, le cyclisme trop stéréotypé que tout le monde regrette. Pourtant, il y a seulement dix ans, l’épreuve était encore amateur. Elle s’appelait l’Eroica. Les participants devaient y porter des maillots en laine et utiliser des vélos anciens. On est loin, dans les faits, de l’historique Paris-Roubaix, qui fêtera cette année ses 120 ans. Mais dans l’esprit, l’épreuve fait l’unanimité. Et ce samedi, l’enthousiasme sera incontestablement au rendez-vous, le long des quelques 52 kilomètres de « routes blanches » qui jonchent le parcours. Parce que les Strade Bianche sont devenues incontournables. Un moment à part dans la saison, comme seule l’Italie sait en offrir.

 

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8 Commentaires sur "Ô, belles Strade Bianche !"

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Théo Sorroche

« On est loin, dans les faits, de l’historique Paris-Roubaix, qui fêtera cette année ses 120 ans. Mais dans l’esprit, l’épreuve fait l’unanimité. »

Tout est dit, la plus belle course de l’année, esthétiquement parlant. Quant au spectacle, il suffit de regarder le palmarès de l’épreuve pour se rendre compte du niveau des coureurs qui empruntent « les routes blanches ».

Je vois bien Peter Sagan porter fièrement le maillot arc-en-ciel sur la plus haute marche, sauf si… Tiesj Benoot créer la surprise.

gougi
gougi

Une épreuve qui mériterait largement le classement en HC ! dommage que notre « chaine spécialisée dans le cyclisme » ne la diffuse pas, pas les moyens visiblement, France télévisions, pour qui le cyclisme se résume au tour de France à deux ou trois classiques, et quelques épreuves par étapes du type Paris nice, et elle ose s’appeler la chaine du vélo… si je puis me permettre ce mauvais jeu de mots ! en même temps quand on entends les commentaires de thierry Adam, dont la « franchouillardise » me hérisse, on se dit que ce n’est pas si grave.

genghis
genghis
Pour moi l’ UCI devrait valoriser certaines classiques en leur donnant le titre de classique word tour, comme : – Stade Bianche : pour le parfum dégagé par ses bords de routes et son arrivée à Sienne. – Sa particularité d’ emprunter des chemins de terres et son parcours qui permet à la fois aux gros rouleurs, flandriens et puncheurs de gagner. – Milano-Torino : Car elle est très ancienne ( première édition réalisée en 1876, soit 16 ans avant la doyenne). – Son parcours favorise les grimpeurs ( ce que aucune autre classique word tour ne fait) mais n’ exclut pas une victoire des puncheurs. – Paris tour : car son prestige historique le nécessite. Parce que  » la classique des feuilles mortes » est idéalement placée pour terminer en beauté la saison. Il faudrait les valoriser surtout car les trois proposent un beau spectacle ( un peu moins pour Paris- Tour ) . Les points word tour pourrons peut être éviter que des coureurs comme Boonen ou Sagan aillent finir leur saison sous la chaleur d’ Abu-Dhabi, course qui à l’ inverse d’ Oman et du Qatar n’ a strictement aucun intérêt au lieu de ce disputer une victoire de… Lire la suite »
chris83
chris83

Je partage le point de vue de Genghis. Un bémol cependant :la Bretagne, grande région de cyclisme, mérite au moins une World Tour alors que la Flandre par exemple en a déjà au moins quatre et le Pays Basque, deux dont une par étapes.

Quant aux Strade Bianche, cette course a tout pour elle, outre la difficulté de la course sur ses pistes de terre, courue l’an dernier dans le froid et le vent, la splendeur de ses paysages et de son arrivée dans un écrin de beauté sur la place mythique du Palio à Sienne. A quand la retransmission télé en France?

gougi
gougi

Entièrement d’accord avec Genghis, malheureusement les intérêts financiers priment sur l’intérêt sportif !!! Privilegier les nations fondatrices de ce sport , ne veut pas dire oublier ou négliger les autres pays, mais ils faut laisser le temps à ces nouveaux pays de s’installer et surtout de créer des épreuves originales , par leur parcours , et pas seulement les intérêts financiers et balayer les épreuves historiques comme paris Tours
je comprends Boonen ou Sagan qui sont avant tout des pros , et qui n’ont que 12 à 15 ans pour gagner leur vie ! Mais si Paris Tours était considérée comme une vraie classique , ils n’iraient pas ailleurs . Ceci étant dit on peut se demander si l’UCI à une véritable compétence ! quand vont t’ils prendre en main la sécurité des coureurs , avec ces motos qui prennent les cyclistes pour des quilles ! Quand vont t’ils comprendre que leur système de points est a revoir complètement, et quand se donneront t’ils vraiment les moyens de lutter contre le dopage et autres tricheries mécaniques (a les entendre il le découvre ! ils en avait entendu parler … on rêve )

pat
pat

C’est un peu une course à l’ancienne même si elle est assez récente c’est ce qui donne la magie à cette épreuve . Pas de course d’attente , pas de contrôle de la part des coureurs , ils doivent se battre et tout donner sur un parcours qui semble d’un autre temps . L’arrivée du vainqueur héroïque à Sienne est juste magistrale . C’est une belle course qui nous fait vraiment vibrer .

James
James

Il y a des contraintes logistique qui font que les strade dans leur configuration actuelle ne peuvent pas passer .WT ; la course ne remplit pas le cahier des charges de l’UCI pour les épreuves de l’élite.

Mais c’est vrai que c’est devenu une de mes courses les plus attendues de l’année, au même niveau que les 4 monuments printaniers.