Nairo Quintana avait déjà dompté la montée du Terminillo il y a deux ans, devançant sous la neige des coureurs de la trempe de Contador et Pinot. Rebelote pour le Colombien en cette édition 2017 de Tirreno-Adriatico, avec une impression de facilité qui ne laisse à ses adversaires que peu de chance de lui ravir son nouveau maillot bleu de leader.

De loin le plus costaud

Le vainqueur du dernier Tour d’Espagne avait aujourd’hui les bonnes jambes. Il lui aura suffit de deux attaques tranchantes, à moins de trois kilomètres du sommet, pour distancer un Geraint Thomas accrocheur. Sur cette étape au scénario classique – une course de côte ponctuée par cette longue ascension du Terminillo -, le train des Bahrain-Merida, au moment où la pente s’élevait, n’a pas permis à Vincenzo Nibali de porter son attaque. En méforme, le Squale est repoussé à plus d’une minute trente de Quintana au sommet. Mais d’autres adversaires du Colombien n’ont pas hésité à accélérer, ce qui lui a finalement servi. Certains concurrents sautaient systématiquement dans les roues, d’autres roulaient derrière les hommes de tête et donnaient ainsi, en se fatiguant davantage, le champ libre aux attaques tranchantes de « Nairoman ». En plaçant judicieusement Castroviejo parmi les hommes forts au début du col, les Movistar n’ont pas eu à assurer de tempo et peuvent donc voir venir pour les prochains jours.

L’ancien vainqueur du Tour d’Italie, qui retournera sur ces mêmes terres italiennes au mois de mai, est leader du général et lui ravir sa précieuse tunique relèverait de l’exploit. Pinot a lâché quarante-cinq secondes, Thomas est déjà loin après la mésaventure des Sky le premier jour et Adam Yates paraît encore trop tendre pour inquiéter un homme qui a l’habitude de se retrouver dans cette position. L’étape explosive de demain, avec de courtes ascensions très raides, et le contre-la-montre final de mardi sont encore dans les cordes du sud-américain de 27 ans. Autant dire que, sans défaillance – ce qui serait surprenant –, il devrait ajouter une seconde fois son nom au palmarès de la « course des deux mers ». La course au podium devrait quant à elle être plus indécise, avec six rouleurs de qualité qui iront se battre pour la dernière marche du podium, où se trouve pour le moment Thibaut Pinot.

En forme en début de saison, une habitude

Retrouver Nairo Quintana en forme dès le mois de mars est tout sauf une surprise. Il a déjà gagné le mois dernier le Tour de Valence, et les saisons précédentes étaient également synonymes de fin d’hiver réussi. Le Tour de Catalogne l’an passé, déjà Tirreno-Adriatico en 2015 et le Tour de San Luis en 2014 sont tous tombés dans sa besace. Depuis qu’il appartient au gotha des meilleurs grimpeurs du monde, les victoires sur les courses par étapes se sont enchaînées. Chez lui, un point d’honneur est mis à vaincre dès les premières courses quand certains coureurs se cachent, gèrent leurs pics de forme en ne voyant ces épreuves que comme des courses de préparation. Le Colombien donne lui l’impression d’être au-dessus de la concurrence à chaque instant. Sauf lorsqu’un Anglais de la Sky, triple maillot jaune sur les Champs-Elysées, se présente à lui en plein été sur les routes françaises. Mais il faudra attendre quelques mois pour avoir droit à un duel que l’on avait pas vraiment eu en juillet dernier.

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