Avec sa victoire sur Milan-Sanremo en 2013, Ciolek a fait connaître l'équipe MTN, qui courra la prochaine Vuelta - Photo MTN
2 avril 2014
Par  Robin Watt 

MTN-Qhubeka tient son premier grand tour

C’était l’inconnue du jour. Unipublic, organisateur de la Vuelta, devait annoncer les quatre équipes invitées sur le dernier grand tour de la saison. Pour Caja Rural, Cofidis et IAM, il n’y a pas vraiment de surprise. Mais l’ultime sésame a été décerné à MTN-Qhubeka, au nez et à la barbe de NetApp-Endura, qui disputera le Tour de France. Une première historique pour l’équipe sud-africaine, qui attendait cela depuis plusieurs mois.

La déception du Giro compensée

La semaine dernière, le manager général de la structure créée en 2007, Douglas Ryder, se disait « confiant. » Pourtant, il y a quelques mois, alors que la candidature de MTN était tout aussi sérieuse, RCS Sport avait décidé de ne pas inviter les coéquipiers de Gerald Ciolek sur le prochain Tour d’Italie. Une petite surprise tant l’équipe sud-africaine avait été à son avantage en 2013, brillant à chaque invitation sur les courses World Tour, et notamment sur Milan-Sanremo, où l’Allemand décrocha une victoire de prestige. Mais pour Ryder, en réalité, ce refus de RCS était un avantage dans la quête d’une wild-card pour la Vuelta. « Avec tous les commentaires qu’il y a eu suite à l’attribution des invitations pour le Giro, je pense que les autres organisateurs ont ouvert les yeux », déclarait-il à Velonews ces derniers jours. Et il ne s’est pas trompé. La Vuelta a enfin offert le sésame tant attendu à MTN-Qhubeka, première équipe du continent africain à disputer une course de trois semaines.

C’est donc une nouvelle étape que va franchir la structure arrivée en Continental Pro l’an dernier. Mais pas un aboutissement, loin de là. « Notre rêve a toujours été d’amener une équipe africaine au plus haut niveau, que ce soit sur les monuments ou sur les grands tours. Mais participer à la Vuelta ne correspond qu’au début de ce rêve », expliquait Ryder après l’annonce. En deux ans seulement au plus haut niveau, MTN a déjà remporté un monument, et va désormais participer à son premier grand tour. Une progression très rapide et surtout constante, qui permet à la structure de se développer, en témoigne le recrutement hivernal qui a vu les arrivées de coureurs réputés comme Linus Gerdemann, Daniel Teklehaimanot et John-Lee Augustyn. De bon augure car à l’aube de la réforme UCI, MTN doit s’affirmer. Le World Tour est encore loin, mais il ne faut surtout pas laisser s’échapper une deuxième division qui ne comprendra vraisemblablement que quelques équipes. La Vuelta 2014 tombe donc à pic, et il faudra y faire bonne figure.

De réelles ambitions

« Cela signifie beaucoup pour nos gars. » La phrase est signée Douglas Ryder, et elle est lourde de sens. Car ne nous y trompons pas, MTN ne se rendra pas au départ de Jérez simplement pour montrer le maillot. L’effectif est de qualité, et les ambitions seront réelles. « L’équipe se concentrera sur les victoires d’étapes et le classement par points avec Gerald Ciolek. Sergio Pardilla et Linus Gerdemann, eux, viseront un bon classement général et ils seront bien soutenus par nos coureurs africains dans les 13 étapes de montagne», a confié Ryder. Des objectifs élevés, et trois leaders confirmés qui se devront de tirer l’équipe vers le haut. Pour les accompagner, il y aura sans doute le Lituanien Ignatas Konovalovas, puis cinq coureurs africains ! En effet, le staff a décrété qu’au moins 50% de l’équipe MTN sur cette Vuelta 2014 devrait être composée de coureurs du continent africain. Histoire de mettre en avant le vivier national et continental, loin d’être ridicule.

De ce fait, on pourrait retrouver Teklehaimanot et Augustyn, les deux grimpeurs d’expérience, mais aussi les grands espoirs de l’équipe que sont le Sud-africain Louis Meintjes et l’Erythréen Merhawi Kudus. Enfin, Reinardt Janse van Rensburg pourrait être d’une aide précieuse. Toutefois, rien n’est encore officiellement assuré, hormis pour Ciolek, Pardilla et Gerdemann. Ce dernier s’est d’ailleurs montré très enthousiaste après l’annonce : « Avec l’équipe, nous espérions être invités sur le Tour d’Italie, mais désormais, la Vuelta devient notre grand objectif. Faire partie de la première équipe africaine qui disputera un grand tour est un honneur. » L’Allemand en a aussi profité pour souligner le talent de ses coéquipiers : « Les coureurs africains sont incroyablement talentueux et ils grimpent très bien. Cette Vuelta leur convient à merveille et je sais qu’ils seront super motivés pour entrer dans l’histoire de l’équipe et du cyclisme. » Alors désormais, il n’y a plus qu’à, et on se donne rendez-vous le 14 septembre prochain, à Saint-Jacques-de-Compostelle, pour dresser le bilan.

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