14 novembre 2013

MTN-Qhubeka entre dans la cour des grands

Beaucoup d’observateurs avaient hâte de voir la première équipe africaine professionnelle sur le circuit en 2013 ! Forte d’un recrutement ambitieux et d’une philosophie assez forte en dehors du vélo, l’équipe MTN-Qhubeka a relevé presque avec aisance le premier défi de son histoire.

Ciolek mérite bien un monument

Si il y a un moment plus marquant que les autres au cœur de la saison 2013 de MTN-Qhubeka, c’est bien leur éclatante première participation à une classique World Tour, qui plus est un monument. Invités sur Milan-Sanremo après avoir déjà participé à Tirreno-Adriatico, l’équipe africaine va voir Gerald Ciolek renaître de ses cendres et sortir de nulle part pour crucifier un Peter Sagan incrédule sur le Lungomare, où il pensait tant pouvoir remporter la Primavera. Un coup d’éclat sans pareil qui vaut de l’or, et qui a permis à MTN de de d’ores et déjà rentrer dans l’histoire, puisqu’il s’agit là de la première victoire de l’équipe sur un monument ! Une sacrée performance que Ciolek ne rééditera pas par la suite, mais qui laisse entrevoir tout le potentiel de ce collectif bien soudé, porté par ses figures de proues étrangères. Le sprinteur allemand, également victorieux sur les Trois Jours de Flandre-Occidentale, à domicile sur le Tour de Bavière, et en septembre sur les routes du Tour de Grande-Bretagne, en est le meilleur exemple. Le natif de Cologne a réussi le pari que certains avaient déjà réussi par le passé, à savoir redescendre à l’échelon inférieur pour mieux rebondir.

On peut en dire autant de Sergio Pardilla, même si le phénomène est pour lui moins flagrant. Ancien espoir du cyclisme espagnol, le grimpeur de 29 ans, vainqueur du Tour de la Communauté de Madrid par le passé et ancien top 10 du Tour de Catalogne, a montré de nouveau le bout de son nez aux observateurs aguerris. En étant leader sur les quelques courses par étapes que pouvait disputer son équipe, il a répondu présent, en remportant une étape du Tour du Portugal, finissant sixième du Tour de Grande-Bretagne, mais aussi troisième du Tour du Langkawi. Peu flatteur à première vue, mais des résultats non-négligeables, même si un cap reste encore à franchir pour celui qui incarne les espoirs d’une équipe spécialisée dans d’autres domaines que ceux des routes escarpées. Malgré tout, la véritable révélation de la saison des sud-africains demeure le jeune sprinteur italien Kristian Sbaragli, qui a montré de belles capacités lors des emballages massifs, sans toutefois décrocher sa première victoire. Enfin, chez les membres du contingent africain, on notera les aptitudes de l’Éthiopien Tsabu Grmay, vainqueur d’étape sur le Tour de Taiwan, et à l’aise sur les courses italiennes de fin de saison.

Une ascension plus rapide que prévu

Avec un total de quinze victoires dont un prestigieux monument, les hommes de Douglas Ryder n’auront donc pas à rougir en cette période de trêve, propice à faire les comptes. Présents tout au long de la saison, on aura souvent vu un autre maillot jaune à l’écran. Bénéficiant des faveurs de RCS Sport, MTN-Qhubeka a ainsi profité d’une invitation sur Tirreno, Milan-Sanremo mais aussi le Tour de Lombardie, en raison du forfait houleux de Vini Fantini. Ce schéma-ci pourrait facilement se reproduire l’an prochain, avec une structure désireuse de plus, conformément à sa marque de fabrique symbolisée par le développement croissant du vélo aux plus démunis. Fortement pressentis sur le prochain Tour d’Italie, où les organisateurs ont grandement tendance à ouvrir leurs portes aux équipes continentales non transalpines – NetApp en 2012, Colombia en 2013 –, leur premier grand tour est imminent.

Le recrutement effectué est intelligent, puisqu’un autre éternel espoir germanique se joindra à la bande pour 2014 en la personne de Linus Gerdemann. Ancien maillot jaune du Tour 2007, déboussolé chez Milram et enfoncé chez Radioshack, il aura à cœur d’imiter son compatriote Ciolek pour repartir du bon pied et offrir à sa future équipe un noyau dur essentiel, tant bien pour les résultats que pour le futur et l’encadrement des jeunes pousses, comme les prometteurs Louis Meintjes, Jacobus Venter, ou encore les expérimentées recrues John-Lee Augustyn et Daniel Teklehaimanot. Cette équipe a une âme et l’honore plus que bien, de quoi imaginer un avenir des plus prospères. C’est donc avec plaisir qu’on reverra MTN-Qhubeka dans les pelotons en 2014, avec encore et toujours plus d’ambition !

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