L’inconnue durait depuis trop longtemps, et une décision devait être prise. Quintana, Valverde, ou les deux ? Jusqu’à aujourd’hui, on ne savait pas qui la formation Movistar enverrait sur le Tour de France. Désormais, c’est décidé : ce sera Valverde. Le Colombien aura lui l’occasion de briller en tant que leader unique sur les routes du Giro. Pour une victoire assurée ?

Pour le bonheur de tous ?

Au sein de l’équipe espagnole, la hiérarchie sportive peut paraître en mouvement. En effet, avec son incroyable Tour de France 2013, Nairo Quintana a semblé détrôner son leader Alejandro Valverde, malgré tout honorable huitième et victime d’un problème mécanique au plus mauvais moment vers Saint-Amand-Montrond. Fort comme rarement, on peut penser que Balaverde est passé à côté d’un podium qui lui tendait les bras. Alors en 2014, il retournera sur la Grande Boucle, avec un seul objectif : le podium. A-t-il fait le forcing pour y aller ? Et surtout, pour y aller seul ? Ou alors est-ce un geste de reconnaissance – pas si bête puisque le Murcian n’est pas encore un peintre – de la part d’Unzué ? Pour l’instant on n’en sait pas grand chose, mais Quintana devra se contenter de la course rose. Ce qu’il préférait peut-être, évitant ainsi une pression qui aurait été énorme sur les routes hexagonales. Ce qui comptait pour le Colombien, c’était de savoir pour quelle épreuve il devait se préparer. Maintenant que son programme est officiel, il peut enfin se projeter.

Alors qu’il aille sur le Giro, n’est-ce pas finalement plus avantageux pour tout le monde ? Dans un communiqué publié sur le site officiel de l’équipe, Eusebio Unzué affirme que Valverde a toute la confiance de l’équipe. Mais la grande victoire attendue pourrait bien venir de Quintana. Car sur le Tour d’Italie, il n’y aura pas de Froome, Nibali ou Contador. Ce n’est pas pour autant que tout sera facile, mais les trois plus gros adversaires du Colombien sur le papier, ne seront pas là pour l’embêter. Le plus sérieux des prétendants devrait être Richie Porte. Un autre Sky, mais que le grimpeur de poche a pu déjà jauger en juillet dernier. Ensuite, on retrouvera vraisemblablement Uran, Rodriguez, Evans, Martin, Pozzovivo et quelques autres. Des leaders sérieux, mais pour la plupart pas vraiment capables de suivre le grand Quintana, entrevu sur les montées du Ventoux ou d’Annecy-Semnoz l’été dernier. Cependant, il y aura une inconnue : malgré l’armada qui sera déployée autour de lui, le natif de Tunja disputera pour la première fois l’épreuve transalpine. Si cela lui avait bien réussi sur la Grande Boucle, il n’est pas dit que l’issue soit aussi heureuse à Trieste.

La Vuelta en duo ?

Si chacun aura donc un grand tour pour s’exprimer le duo devrait être reconstitué sur le Tour d’Espagne. Là ou Quintana s’était révélé en 2012, aidant un Valverde pas toujours au niveau de Rodriguez et Contador à décrocher une deuxième place finale presque inespérée. Mais cette fois, à n’en pas douter, les rôles seraient différents. On peut même imaginer un Valverde au service du récent vainqueur du Tour de San Luis, l’Espagnol l’avait déjà fait par le passé pour Rui Costa sur le Tour de Suisse. Ambitieux mais pas grincheux, l’Imbatido. Mais la fin d’été est encore loin, et d’ici là, il y a des kilomètres à accumuler. Quintana a choisi la Colombie, où il passera son mois de février avant de revenir en Europe courir quelques courses italiennes avant le départ de Belfast en mai prochain. L’homme aux multiples places d’honneur en 2013 a pour sa part un peu plus le temps de voir venir, et montera crescendo d’ici juillet et le départ du Yorkshire. Deux programmes différents, qui verront tout de même les deux hommes se croiser trois fois d’ici la fin du printemps. Histoire de ne pas perdre l’habitude de courir ensemble, car le Tour d’Espagne est un objectif au moins aussi important pour Movistar. Et ce pourrait être un festival !

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