2013 était la seizième année de l’équipe FDJ.fr au sein du World Tour. Les départs ont été nombreux avec Steve Chainel et Yauheni Hutarovich en plus du retraité Frédéric Guesdon. Alors plus que jamais, la formation de Marc Madiot a misé sur les jeunes. Autour de Thibaut Pinot, Arnaud Démare ou encore Nacer Bouhanni, il a fallu cravacher dur pour obtenir sa place dans l’élite pour 2014. Et les 33 bouquets obtenus n’étaient pas de trop.

Des jeunes qui mènent la danse

26,8 ans, c’est la moyenne d’âge de l’équipe FDJ.fr pour la saison 2013. Marc Madiot disposait donc d’un groupe assez jeune, entouré par seulement quelques cadres comme Sandy Casar ou Pierrick Fédrigo. Et dans la quête des victoires, si possible en World Tour, les élèves ont dépassé les maîtres. Au classement des succès, l’équipe au trèfle est très honorablement placée avec des coureurs qui ont fait mouche à sept reprises. Mais là où le bât blesse, c’est lorsqu’on parle de profondeur d’effectif. Avec 29 hommes, le groupe FDJ.fr est conséquent, mais pas assez solide. La majorité des espoirs étaient donc placés en Thibaut Pinot, Arnaud Démare et Nacer Bouhanni, la jeunesse dorée française. Le Franc-Comtois a su rendre très positive une saison bien mal débutée. Quatrième sur le Tour de Suisse et huitième en Catalogne, le Français a été très décevant sur la centième Grand Boucle, développant une phobie des descentes et contraint d’abandonner à la 16è étape. Mais heureusement, la Vuelta est arrivée, confirmant tous les espoirs du cyclisme français sur ce grimpeur atypique. Pinot a souvent suivi les meilleurs et termina septième d’un Tour d’Espagne très montagneux : de bon augure. Sans oublier les victoires d’Alexandre Geniez et Kenny Elissonde sur cette même Vuelta, preuve que les grimpeurs tricolores sont légion à la FDJ.

Du côté des sprinteurs, il fallait, pour Arnaud Démare et Nacer Bouhanni, remplacer Yauheni Hutarovich pour confirmer les espoirs placés en eux. Pour l’ancien champion du monde espoir, le bilan fait étalage de huit victoires cette saison, dont trois étapes des Quatre jours de Dunkerque. On retiendra aussi un bouquet sur le Tour de Suisse et une troisième place sur Paris-Tours. Mais malheureusement, Démare n’a pas rapporté assez de points et devra se mesurer plus souvent aux tops sprinteurs s’il veut continuer son ascension. Concernant Bouhanni, le bilan est différent puisqu’il s’est imposé onze fois en 2013, mais à une seule reprise sur le circuit World Tour si l’on excepte ses victoires sur un Tour de Pékin à la concurrence limitée. On attend de lui confirmation de son talent à l’échelon supérieur. A côté de ça, coup de chapeau à Arthur Vichot qui a permis à FDJ.fr de garder le maillot de champion de France dans la maison blanche, et qui a fait honneur à ce maillot en fin de saison, sur les classiques canadiennes notamment. Enfin, mention spéciale à Matthieu Ladagnous qui, en quelque sorte, explose sur le tard avec une cinquième place sur le Tour des Flandres, et une sixième place sur Gand-Wevelgem. Le remplaçant de Steve Chainel a été trouvé sans soucis. Au final, tous les coureurs évoqués sont âgés de moins de 28 ans – sauf Ladagnous -, ce qui montre que le manque d’expérience a parfois du bon.

L’expérience en difficulté

Alors que Christopher Horner s’est imposé sur la dernière Vuelta à presque 42 ans, chez FDJ.fr, les coureurs ne se bonifient pas tous avec le temps. Trop ambitieux, ou trop discrets, ce sont les jeunes qui ont porté l’équipe à bout de bras cette saison. Sans rancune. Le premier cas à aborder est celui de Sandy Casar. En difficulté cette saison, celui qui a toujours visé le top 10 du Tour (sans jamais y parvenir, 11e restant sa meilleure performance) s’était fixé un objectif assez lourd pour sa dernière saison professionnelle : finir les trois grands tours et y gagner une étape à chaque fois. Exit le classement général, Sandy Casar voulait terminer en attaquant. Hélas, dès la troisième étape du Giro, le Français se fracture le scaphoïde. Il peinera à revenir et ne sera même pas sélectionné sur la Vuelta. Casar quitte donc le peloton par la petite porte et n’a pas pu rapporter un seul point UCI à son équipe.

Pierrick Fédrigo a lui aussi toujours été un attaquant dans l’âme. Souvent brillant sur le Tour de France avec quatre étapes au palmarès, le natif de Marmande s’est montré beaucoup plus discret cette saison, jusqu’à retomber dans un relatif anonymat inquiétant. A 34 ans, Fédrigo n’est plus une valeur sûre et n’a su s’illustrer que sur Paris-Camenbert qu’il a remporté devant Sylvain Georges et Pierre Rolland. Chez les autres coureurs d’expériences de l’équipe, Laurent Mangel n’a pas pu gagner cette saison alors que ce fut un adepte de la Coupe de France, et Francis Mourey a été le seul espoir au classement général sur le Giro, satisfaisant vingtième. Murilo Fischer, fraîchement recruté, s’est montré particulièrement transparent alors qu’Anthony Geslin a collectionné une fois de plus les places d’honneur. Pour les dirigeants de l’équipe FDJ.fr, le choix est vite fait. Outre Démare, Bouhanni, Pinot, Elissonde, ou encore Geniez, il faudra compter sur Offredo, Roux, sans oublier les deux espoirs recrutés ces derniers mois, Lecuisinier et Le Gac. Le mercato, d’ailleurs, a été très calme avec l’arrivée de ces deux néo-pros et de Sébastien Chavanel. Pour 2014, la FDJ.fr doit donc espérer que ses jeunes passent un cap pour s’imposer comme une formation qui compte. En attendant, peut-être, que Thibaut Pinot devienne un grand leader.

Etienne Jacob

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