Toujours maillot rose après deux arrivées au sommet, Matthews continue d'impressionner - Photo Gazzetta
15 mai 2014
Par  Robin Watt 

Les Australiens font le show

Sur une étape qui a éliminé Joaquim Rodriguez de la course au maillot rose, et offert une dernière ascension très particulière suite à une chute survenue à son pied, chamboulant ainsi le peloton, deux coureurs australiens se sont illustrés : Michael Matthews et Cadel Evans. Ils occupent les deux premières places du général !

Matthews, doublement gagnant

Lorsqu’au pied de la montée de Montecassino, une chute est survenue dans les premières positions du peloton, cela a créé une cassure naturelle. Et le jeune aussie s’est retrouvé presque malgré lui à l’avant de la course. Lorsqu’il avait pris le maillot rose en Irlande, il avait annoncé vouloir le conserver jusqu’à cette sixième étape, censée être le théâtre d’un premier affrontement entre leaders qui aurait alors empêché le sprinteur de l’équipe Orica de se battre à l’avant. Mais finalement, le scénario a été totalement bouleversé suite à cette chute. Les poursuivants n’ont jamais trop su comment réagir, et le groupe, composé après quelques kilomètres de six unités, a pris quelques dizaines de secondes d’avance. Assez, on l’a rapidement compris, pour se jouer la victoire. Restait à savoir si le natif de Canberra allait tenir jusqu’en haut. Avec Morabito qui roulait à bloc pour Evans, mais aussi Wellens, Rabottini et Santaromita, rien n’était assuré.

Finalement, il se trouva que ce beau monde roulait au train, pour faire le trou avec les poursuivants. Du moins en ce qui concernait les BMC ainsi que Tim Wellens, plutôt coopératif. Pour les deux Italiens, ils paraissaient surtout à la limite, pas tellement capables de placer une attaque. Une voie royale pour Matthews, qui n’eut qu’à attendre les derniers hectomètres. Evans préférant accroître l’écart plutôt que de miser sur les bonifications de la victoire, ce fut alors une formalité pour l’ancien champion du monde espoir. A 50 mètres, dans le dernier virage, il était dans la roue de son compatriote. Il lui suffit alors de lever les fesses de sa selle pour se détacher facilement, bien loin d’être inquiété par le reste du groupe. Après la victoire de son équipe sur le chrono inaugural, et une sixième place déjà encourageante hier au sommet de Viggiano, Michael Matthews étale au grand jour sa polyvalence, et il devrait désormais conserver son paletot jusqu’à la journée de samedi. Avant cette fois, vers Montecopiolo, de le lâcher avec certitude…

Evans se positionne parfaitement

Si la cassure au pied de l’ultime montée a permis à Matthews d’aller chercher un succès important sur les routes transalpines, elle a aussi été une aubaine pour Evans, qui a su en profiter. Avec Morabito, ils n’ont jamais relâché leur effort et n’ont fait qu’accroître leur avance durant l’ascension. Au sommet, l’ancien vainqueur du Tour de France, troisième, ne prend que de minimes bonifications. Mais qu’importe, car son effort a plus que payé : ses rivaux ont franchi la ligne près de 50 secondes après lui, et il s’érige en grand gagnant du jour au classement général. Avec un Joaquim Rodriguez hors course, victime d’une chute au pied de l’ascension et qui perd près de huit minutes dans la bataille, Evans a désormais un concurrent de moins. Et si Uran est à moins d’une minute du natif de Katherine dans la course au maillot rose, c’est un écart déjà conséquent après moins d’une semaine de course.

Le leader de 37 ans, plus que jamais inscrit parmi les favoris de ce Giro, doit cette avance en partie au bon chrono par équipes de la BMC à Belfast. Mais depuis une semaine et malgré les conditions très difficiles, il a toujours su éviter les chutes pour se montrer présent dans les finals. Ce qui est tout aussi honorable. Deuxième hier à Viggiano, c’est pour le moment par sa régularité qu’il brille, et c’est sans doute le meilleur moyen de décrocher un résultat probant dans deux semaines à Trieste. Seul détail qui pourrait avoir de l’importance, Evans risque de se retrouver très tôt avec le maillot de leader. Si son équipe a les capacités pour l’accompagner haut et longtemps, il serait préférable d’attendre un peu avant de la mettre à contribution. Problème, il n’y a que Matthews devant lui au général, et le jeune australien sautera dans l’ascension de Montecopiolo, samedi. Evans pourrait donc à avoir très rapidement à assumer ses responsabilités…

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Aurelien

Dommage pour Rodriguez qui aurait pu s’inscrire dans la lutte pour la victoire et montrer toute son explosivité. Mais l’on risque quand même d’assister à un très eau Giro où Quintana devra user d’attaques pour rattraper Evans et où des grimpeurs comme Kelermann ou Pozzovivo pourraient jouer les troubles-fêtes.