Avec son nouveau maillot, Ciolek est parvenu à lever les bras, comme au bon vieux temps - Photo RCS Sport
16 mars 2013

Le talent n’a pas abandonné Ciolek

Ancien grand espoir du sprint mondial, Gerald Ciolek semble enfin ressortir de l’ombre pesante dans laquelle il s’était enfoncé ces deux dernières années. Décevant de bout en bout, le jeune allemand a souhaité relancer sa carrière en intégrant une équipe surprenante, MTN-Qhubeka. Forte d’un recrutement hivernal intéressant, la formation sud-africaine a reçu quelques invitations, dont deux très importantes : une pour Tirreno-Adriatico, qu’elle n’a pas raté, et une deuxième sur Milan – San Remo, dimanche. Evidemment, le leader s’appelle Gerald Ciolek, et tous les indicateurs sont au vert avant la Primavera.

Un grand changement

Son début de carrière a été compliqué. A l’heure où l’on voit éclore Marcel Kittel et John Degenkolb, on se rend vraiment compte que Ciolek, un temps désigné comme le successeur d’Erik Zabel, est passé à côté de ce qui l’attendait. La faute à un talent surestimé par les observateurs ? Difficile à imaginer que l’on avait affaire à un leurre lorsqu’à 18 ans, Ciolek devient champion d’Allemagne devant la légende Zabel, justement. Et ce avant de devenir champion du monde espoirs, et d’enchaîner les places d’honneur sur de grosses épreuves. L’idylle se poursuit lorsqu’il signe chez T-Mobile, et ramène neuf victoires dès sa première année. Mais tout se complique à la disparition de la formation allemande, remplacée par deux sponsors qui créés un nouveau projet. C’est la naissance d’High Road – Columbia.

Au sein d’une génération de sprinteurs exceptionnels avec Mark Cavendish et André Greipel, Gerald Ciolek se voit relégué à un rôle inférieur. Lui le grand espoir doit se mettre à la planche pour Cav, avec qui il espérait être en concurrence et ainsi montrer qu’il était le meilleur. Malgré quelques faits d’arme, notamment une deuxième place sur les Champs-Elysées, l’Allemand n’est plus à son aise et doit quitter le navire. Après plusieurs années de galère à la Milram puis chez Omega-Pharma Quick-Step, il avait donc besoin d’un nouveau défi. Pas encore abandonné par son talent, comme le montrent ses performances sur le GP du Québec ces deux dernières années, Ciolek cherchait juste une formation capable de lui faire confiance sans lui mettre de pression démesurée. Il a alors choisi MTN-Qhubeka et quittera pour la première fois de sa jeune carrière le World Tour. Un nouveau départ…

Pas le premier à tenter un pari parfois gagnant

Mais après réflexion, le choix de Gerald Ciolek ne paraît pas si absurde que l’on peut vouloir le faire remarquer. Passer de l’élite à la deuxième division pour espérer retrouver un niveau perdu chez les grosses écuries a déjà été tenté dans le passé, non sans réussite. L’un des meilleurs exemples remonte à l’an passé seulement : Filippo Pozzato avait décidé de revenir au pays, chez Farnese – Vini. Résultat, une campagne de flandriennes plus que réussie, et un retour dans une formation de l’élite en tant que leader. La finalité est différente pour José Rujano, mais le Colombien n’a jamais été aussi bon que lors de ses années chez Androni, sous la houlette de Gianni Savio. Sans oublier le passage de Thor Hushovd chez Cervélo, où il réalisa incontestablement ses deux meilleures saisons chez les pros.

Pour Ciolek aussi, le pari pourrait donc s’avérer payant. Son hiver a été satisfaisant, et l’Allemand a été à son avantage sur les courses de reprise. Ayant même réussi à lever les bras de nouveau sur les Trois jours de la Flandre-Occidentale, le plus dur est peut-être fait. Le tout grâce à une ambiance au sein de l’équipe sans doute plus sereine et agréable, où Ciolek peut compter sur une confiance sans faille de ses coéquipiers comme de ses dirigeants. Alors oui, nous ne sommes qu’en mars, et il ne faut pas s’enflammer trop vite, comme ce fut le cas il y a quelques années. Mais retrouver le natif de Cologne avec un rôle de leader sur une classique comme Milan – San Remo donne forcément l’espoir de le revoir prochainement au niveau qu’on lui connaît.

Alexis Midol


 

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