Comme souvent, le premier jour de repos est l’occasion de faire un premier point sur les bonnes surprises et les déceptions de la course. Le cyclisme n’échappe pas à la règle de l’incertitude du sport, il serait ennuyant et morne s’il s’avérait être une science exacte. Pendant que les 182 coureurs restants font tourner les jambes à Carquefou, revue d’effectif.

Les bonnes surprises : 

Laurens Ten Dam : Méconnu du grand public, le Néerlandais de 33 ans est 4ème au crépuscule des Pyrénées. Une demi-surprise si on prend en compte sa 7ème place sur la dernière Vuelta, mais on ne l’avait jamais aperçu à ce niveau sur le Tour de France, en cinq participations. Sa présence aux côtés de Mollema dans le haut du classement pourrait bien permettre aux Belkin de secouer la course dans la dernière semaine.

Rui Costa : C’est une confirmation pour le Portugais. Une confirmation de sa bonne saison avant tout. Vainqueur de son deuxième Tour de Suisse, deuxième du Tour de Romandie, il a des références mais sur une semaine. Jusqu’ici, il avait toujours joué de malchance sur la Grande Boucle. 10ème à l’issue de la première semaine, il peut espérer monter dans le classement après le CLM individuel. S’il tient jusqu’au bout, Unzue pourrait se ronger les ongles afin de désigner un leader.

Michal Kwiatkowski : L’homme de 2013 chez Omega-Pharma Quick-Step. Encore méconnu du grand public au début de l’année, il montre une polyvalence étonnante depuis Tirreno-Adriatico. Le voir aussi à l’aise sur son premier Tour est surprenant. Rapide au sprint, s’accrochant en montagne, il est en course pour le maillot blanc, alors qu’on ne l’aurait pas cité au départ. Sachant que le contre-la-montre est sa spécialité, on n’est peut être pas au bout de nos surprises.

Romain Bardet : On le savait à l’aise sur les courses d’un jour, vallonnées, mais le novice de l’équipe AG2R montre de très belles choses en haute montagne. Dans les derniers à coincer sur la montée du Plateau de Bonascre, échappé longuement sur l’étape de Dimanche, il fait un excellent Tour pour ses débuts. Saura t-il faire oublier la déconvenue de Thibaut Pinot ?

Ils ont déçu :

Le duo Evans/Van Garderen : Chez BMC, on avait l’embarras du choix au départ de Corse. L’an dernier, les deux leaders de l’équipe américaine avaient terminés dans les dix premiers. On pouvait donc légitimement espérer les voir peser sur la course. Au final, les Pyrénées auront donné la réponse : aucun n’est capable de le faire. Pour Evans, on s’interrogeait, on à la réponse, l’Australien n’a plus ses jambes de 20 ans, et le Giro lui a fait mal. Pire encore pour Van Garderen, lâché lamentablement dans le Port et de Pailhères et dans le col de Menté, il pointe à plus d’une demi heure. Il ne reste qu’une hypothétique victoire d’étape pour sauver le bilan.

Ryder Hesjedal : Malchanceux depuis son Giro gagné l’an dernier à la surprise générale, le Canadien n’a pas su vaincre le signe indien sur ce Tour. Tombé d’entrée, la montagne aura servi à faire le deuil de ses ambitions de podium. Mais l’on a vu hier qu’il n’avait pas pour autant perdu son panache. Dans un rôle d’équipier pour le leader Daniel Martin, il pourrait s’avérer précieux.

Thibaut Pinot : Dur. C’est le mot pour le Franc-Comtois. L’an dernier, il avait enchanté les suiveurs. Cette année, c’est tout le contraire. Hier, il a fini dans le gruppetto, ce qui est à dix milles lieues du niveau qu’il montrait au Tour de Suisse. Complètement abattu par ce week-end pyrénéen, c’est l’occasion pour lui de répondre aux critiques en montrant qu’il a du caractère. Après tout, le Tour n’est pas fini.

Mark Cavendish : Seul non favori cité dans cette liste. Mais tout de même, le choix semble s’imposer tant l’Anglais déçoit sur ce 100ème Tour. Certes, il a gagné une étape, mais pour combien d’échecs ? Hors-course pour le maillot vert, décroché au moindre dos d’âne, on est très loin du Cavendish maillot vert à Paris ou capable de passer le Poggio dans Milan-San Remo. Nous verrons demain si le Britannique peut au moins espérer faire aussi bien que l’an dernier, en terme de victoires d’étapes.

Mais pour tous ceux-là, le Tour est encore long, et la vérité des deux dernières semaines peut être totalement différente de celle de la première. Aux bonnes surprises de confirmer, et à ceux qui déçoivent de remonter la pente. Il leur reste 12 jours pour ça.

Kévin Busschots

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