En 2013, le co-sponsor ISD laissera sa place à Merida - Photo Flickr, Flowizm

Sortant d’une saison délicate, l’équipe Lampre ne s’est pas pour autant donnée réellement les moyens de rebondir en 2013. La structure italienne a procédé à quelques retouches légères, telles que l’arrivée de l’ancien champion d’Italie Pippo Pozzato ou du sprinteur Roberto Ferrari, tous deux en provenance d’équipes continentales (Farnese, Androni), ainsi que celles des sud-américains Maximiliano Richeze et José Serpa, des valeurs sures qui pour la première fois évolueront au sein d’une team World Tour. Devant rajeunir un effectif vieillissant, les roses et bleus se sont délestés de leur ancien capitaine de route Danilo Hondo, en partance vers Radioshack, mais aussi d’anciens gregarios usés tels que Bertagnolli, Marzano, Righi et Spezialetti. La disparition d’ISD comme second sponsor de l’équipe entraîne l’extinction de la flopée d’Ukrainiens présente au sein de l’effectif de 2012. Malgré toute leur sympathie, Vitaly Buts et ses compatriotes étaient trop loin du niveau requis pour subsister en première division.

La recrue : Pippo Pozzato

Mis au placard par la direction de Katusha, l’ancien golden boy du cyclisme s’est véritablement refait une santé en 2012. Malgré une fracture de la clavicule contractée début février au Qatar, l’italien revient à la compétition de fort belle manière sur les classiques printanières, enchaînant les places d’honneur sur Milan-San Remo (6e) et le Tour des Flandres (2e), où il paya son manque d’initiative face à ses rivaux Boonen et Ballan. Roi de la malchance, il est à nouveau stoppé dans son élan par une chute malheureuse sur Paris-Roubaix, laissant le champ libre à “Tommeke” pour le doublé. La suite de sa saison fut beaucoup moins glorieuse avec d’abord un abandon sur le Giro puis de nouveaux démêlés avec la justice italienne, qui le rappelle à l’ordre à hauteur de 10.000 € pour ses relations avec le sulfureux Docteur Ferrari.

Malgré son passif, il est engagé pour cette nouvelle saison dans l’équipe Lampre, et ce pour une bonne raison : permettre à la formation italienne de retrouver des résultats décents sur les classiques flandriennes, elle qui peine à y obtenir de bonnes performances depuis le départ d’Alessandro Ballan en 2009. Seulement, il devra sans doute se débrouiller seul car aucun de ses coéquipiers, mis à part peut-être Elia Favilli, n’a le profil d’un flandrien. Qu’importe, car Pippo sait toujours se cacher dans la bonne roue me direz vous ! Souvent dans l’ombre du duo Boonen-Cancellara, Pozzato pourrait bien prendre sa revanche sur les deux routiers les plus imposants de leur génération, mais il doit agir vite, et surprendre.

Le coureur à suivre : Michele Scarponi

Très (trop ?) fort en 2011, Scarponi a semblé s’essouffler cette année. On l’a vu moins offensif, plus souvent dans le rouge… Ultra-favori du Tour d’Italie, qu’il devait défendre après l’avoir conquis sur tapis vert, le leader de la Lampre est passé à coté de sa course, en étant constamment relégué au second plan par Joaquim Rodriguez et Ryder Hesjedal, des coureurs alors supposés moins bons grimpeurs que lui en haute altitude. Autre fait significatif, il a aussi moins bien tourné que d’habitude sur sa course fétiche : Tirreno-Adriatico. Une contre-performance qui fut annonciatrice de la saison correcte mais poussive du coureur transalpin. On l’a vu par la suite attaquer sans succès sur les routes du Tour de France, échouant aussi bien dans la quête d’une victoire d’étape que dans celle du maillot à pois.

Suspendu trois mois par le CONI en décembre 2012, sa préparation ne sera pas contrariée. Il pourra s’aligner sur les principales courses italiennes du mois de mars (Tirreno, MSR) où il espère un bon résultat. Le point d’orgue de sa saison sera sans doute comme chaque année le Tour d’Italie, mais une rude concurrence se dressera devant lui avec Bradley Wiggins en chef de file, Nibali, Sanchez et le vainqueur sortant Hesjedal. La nouvelle ossature de la Lampre en montagne lui permettra d’être accompagné par de meilleurs coureurs, dont Serpa, Niemec et on l’espère Cunego. Distancer Wiggins sera alors la clé pour faire main basse sur un second Giro. En sera-t-il capable ? La question reste pour le moment en suspend.

Les points positifs :

– Un groupe expérimenté et solide qui se connait bien.
– L’arrivée d’Elia Favilli, jeune talentueux qui incarne la relève, avec Diego Ulissi.
– Le départ des ukrainiens.

Les points négatifs :

– Les sprints. Petacchi est vieillissant et gagne moins. Ferrari est un coureur honnête mais semble bien loin du top niveau.
– La majorité des recrues sort du circuit continental, où le rythme est bien différent.
– Une culture de la gagne qui disparait petit à petit, 7 victoires seulement en 2012, aucune World Tour !
– Les affaires de dopage qui gangrènent l’équipe saison après saison.

Louis Rivas

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