Après Milan-Sanremo en 2014, Alexander Kristoff s’est offert cette saison un nouveau Monument : le Tour des Flandres. Virevoltant sur les pavés, le Norvégien était intouchable sur le Ronde, qui a marqué le point d’orgue de sa très belle campagne de flandriennes.

Une montée en puissance…

Sprinteur presque autant que flandrien, Kristoff a démarré sa saison dès le mois de février au Moyen-Orient, avec des succès au Qatar et en Oman. Puis est arrivé le début des classiques, et le natif de Stavanger a tout de suite montré le bout de son nez. Onzième de l’Omloop Het Nieuwsblad et deuxième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne lors du week-end d’ouverture, il a immédiatement fait comprendre que cette saison, c’est sur les pavés qu’il souhaitait briller. Son printemps 2014, marqué par de jolis accessits (11e de Gand-Wevelgem, 5e du Tour des Flandres), avait de quoi nourrir ses nouveaux objectifs. A 28 ans, le Norvégien grandit chaque année un peu plus, et se permet d’aller découvrir de nouveaux horizons. Vainqueur de deux étapes du Tour et de la Primavera l’an passé, il avait à cœur de confirmer et de prouver sa polyvalence.

Pendant quelques semaines, Kristoff a donc enchaîné les places d’honneur. Deuxième de Milan-Sanremo derrière Degenkolb, qui l’a concurrencé tout le printemps, il a ensuite décroché une jolie quatrième place sur le GP E3, son meilleur résultat jusque-là sur une flandrienne World Tour. Sur les routes belges, il semblait un peu en dessous des petits gabarits Thomas et Stybar, mais montait clairement en puissance. Sa confiance au beau fixe, il a pris la peine d’aller courir – et gagner – les Trois jours de La Panne après un nouveau top 10 sur Gand-Wevelgem – magistralement remporté par son lieutenant Paolini. Après ses premiers succès du printemps en Belgique, il abordait donc le Tour des Flandres dans la peau de l’un des favoris. « Je me sens plutôt bien, les sensations dans les bosses sont bonnes », lâchait le Norvégien à quelques jours du premier Monument pavé. Il avait raison de ne pas douter.

…jusqu’au Ronde !

 « J’ai appris à La Panne que j’étais assez fort pour attaquer et que je pouvais ne pas me contenter de suivre », expliquait Alexander Kristoff juste avant le grand rendez-vous de son printemps. Meilleur sprinteur parmi les flandriens, il aurait pu, en effet, attendre sagement dans les roues et aligner tout le monde dans le dernière ligne droite d’Oudenaarde. Le risque aurait été limité, et a priori, seuls Degenkolb voire Sagan auraient eu une chance. Mais le leader de la Katusha a décidé d’opérer autrement, et de prendre en mains la course qui semblait lui tendre les bras. Incroyablement costaud sur les pavés, il n’a pas hésité lorsque Niki Terpstra a accéléré, à 25 kilomètres du but. Il restait un enchaînement Vieux Quaremont – Paterberg à franchir, et le Norvégien a sauté dans la roue du Néerlandais. Le duo, une fois détaché, a donc compris qu’il allait se jouer la victoire. Et Kristoff, lui, a compris qu’il avait gagné.

A l’arrivée, il a facilement disposé de son compagnon du jour, et s’est offert son deuxième Monument en deux ans. Une semaine après, il était hors du coup sur Paris-Roubaix, ne terminant que dixième. Mais qu’importe, le contrat était rempli. Le Norvégien est devenu le chasseur de classiques que ses qualités laissaient présager, et il n’y a rien à redire. Plein de panache alors qu’il aurait pu se cacher bien davantage, il a enthousiasmé les observateurs et mérité d’être désigné, au terme d’une saison où Boonen et Cancellara n’ont pas pu briller, comme le flandrien de l’année. Sprinteur en 2014, spécialiste des courses pavées en 2015, Kristoff sait donc évoluer d’année en année, se fixer de nouveaux objectifs et surtout les remplir.

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