En 2012, à Londres, les pistards français avaient déjà pointé les dysfonctionnements qui les empêchaient d’être au niveau des Britanniques. En vitesse par équipes, les Bleus avaient buté contre le trio de l’Union Jack. Et en individuelle, Baugé s’était heurté à Kenny. Mais quatre ans plus tard, le bilan est bien moins bon encore.

Deux classes d’écart

Grégory Baugé espérait tant s’offrir une revanche contre Jason Kenny, son bourreau de 2012. Ancienne référence mondiale en vitesse individuelle, le Guadeloupéen avait même réussi à redevenir champion du monde en 2015, à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le plan était presque parfait, avant que tout ne déraille. Plutôt efficace dans le relais de la vitesse par équipes, jeudi soir, le « Tigre » a très rapidement cessé de rugir dans l’épreuve individuelle. Il a suffi qu’il tombe en quarts de finale contre le Russe Denis Dmitriev, qu’il avait battu en deux manches sèches il y a un peu plus d’un an en finale des Mondiaux, pour sortir par la petite porte. Ce fut au tour du Français de prendre un sévère 2-0, sans jamais donner l’impression d’avoir ne serait-ce qu’une chance de renverser la tendance. Baugé, 31 ans, vivait sans doute ses derniers Jeux Olympiques. Il ne pourra qu’en garder un souvenir amer.

Les Britanniques, eux, n’ont rien laissé au hasard pendant ces quatre années. S’ils avaient bénéficié à Londres du fait d’être à domicile, ils ont voulu prouver qu’ils étaient aussi capables de gagner loin de leurs bases. Kenny a mené la vitesse par équipes jusqu’à la médaille d’or presque facilement, et s’est offert une finale en individuel face à son compatriote Callum Skinner – à disputer ce dimanche soir. En poursuite par équipes, la bande à Bradley Wiggins a décroché l’or avec en prime un record du monde, de la même façon que les filles. La comparaison est frappante. Et l’échec de Baugé, côté tricolore, n’est pas isolé. François Pervis n’a même pas été en mesure de rejoindre les quarts de finale de la vitesse, battu au premier tour puis aux repêchages. Au sein de l’équipe de France, seul Michaël D’Almeida a donc finalement tenu son rang, avec un gros dernier relais lors de la vitesse par équipes qui a offert aux Bleus une médaille de bronze qui ne suffit pas, mais qui sauve l’honneur.

Remise en question obligatoire

Il reste à espérer que Pervis retrouve son niveau sur le keirin, où il sera le grandissime favori, et à miser sur Thomas Boudat pour l’omnium, histoire de ne pas rentrer sans aucune médaille d’or. Mais l’arrivée à Rio ne s’est pas fait de façon optimale et les résultats sont finalement le reflets de tout ce qui ne va pas. Entre les deux olympiades, quatre entraîneurs se sont succédé à la tête de l’équipe de France. Baugé, après son élimination, était d’ailleurs très critique envers la fédération, les moyens qui ont été mis en place pour préparer les athlètes français, et le bilan à tirer de ces Jeux 2016. « Quand on arrivera à avancer tous ensemble, la tendance s’inversera », a-t-il prophétisé. Pour le moment, tout ça n’est qu’illusoire. Les tensions semblent partout, des coureurs aux instances en passant par le staff. Dans ces conditions, la piste tricolore est passée à côté de son olympiade. Bien plus qu’en 2012, alors que déjà, à Londres, les pistards avaient dit : « Plus jamais ça… »

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