Jeune, un peu insouciant aussi, Pierre Latour, 22 ans, ne cesse d'impressionner - Photo Mathilde L'Azou
16 juin 2016
Par  Robin Watt 
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Inattendu mais fantastique Latour

Pierre Latour, 22 ans et leader du Tour de Suisse, c’est forcément une surprise. Mais le garçon, sur chaque épreuve, donne l’impression de franchir un cap. Alors on devrait commencer à ne même plus s’étonner de le voir rivaliser avec des garçons comme Thomas ou Van Garderen. Il n’y a pas d’âge pour s’inviter à la table des grands.

Un an pour se faire connaître

Il n’y a eu que Darwin Atapuma et Warren Barguil pour lui chiper la victoire, ce mercredi au sommet de l’ascension de Cari. Les douze kilomètres à plus de 8% de moyenne lui convenaient bien, et son envie dans le final laissait imaginer qu’il espérait encore mieux. Qu’importe, le lot de consolation est beau : un maillot jaune sur une épreuve World Tour, à seulement 22 ans, beaucoup en rêvent. Lui se disait surpris, à l’arrivée, et mettait en garde pour la suite. Inexpérimenté, il appréhende un peu – ou feint de le faire, au choix – la haute altitude à venir. Mais le constat est sans appel : les cadors, même s’ils sont moins nombreux cette semaine en Suisse qu’il y a quelques jours sur le Dauphiné, n’ont pu qu’observer la prise de pouvoir du Drômois. Tous sont alors en train d’apprendre qui il est. Un garçon nommé Pierre, qu’on a souvent appelé Pierre-Roger, parce qu’en l’inscrivant à la mairie, son père s’est trompé. Chez les jeunes, la confusion a longtemps duré. Ça pourrait durer encore un peu, Latour est un novice dans le haut de tableau. Mais d’ici quelques mois, à n’en pas douter, plus personne ne fera l’erreur.

Parce que le garçon fait sa place chez les pros au forceps. Le grand public l’a découvert sur la Route du Sud il y a un an, lorsqu’il avait terminé juste derrière Contador et Quintana à Bagnères-de-Luchon puis au général. A 21 ans, le minot avait impressionné tout le monde. « Je pense que vous tenez là un grimpeur d’exception », avait lâché le Pistolero. Ou comment se mettre dans la poche, en quatre jours, l’ensemble des observateurs. Car qui peut ne pas se prendre d’affection pour Latour, qui découvre le monde professionnel avec insouciance mais tellement de talent ? Septième du Tour d’Autriche, cinquième à Burgos, troisième dans l’Ain, il avait enchaîné les bons résultats l’été dernier. Avant de revenir encore plus fort cette saison, fort d’un statut de néo-pro envolé. Après un Paris-Nice tranquille, il cartonne donc sur le Critérium International. Au sommet du Col d’Ospedale, il est deuxième, seulement sept secondes derrière Thibaut Pinot. Mais le meilleur était encore à venir.

Emmagasiner, avant la Vuelta

Le World Tour, décidemment, ne lui fait pas peur. A Arrate au Pays-Basque puis à Villars-sur-Ollon en Romandie, il talonnait déjà les meilleurs. Avant de faire jeu égal avec eux, mercredi, en Suisse. Chaque fois plus attendu, Latour n’a pour le moment pas déçu. « Je sais qu’il va falloir maintenant confirmer. Je suis conscient que ça va être la difficulté pour moi cette saison », avait confié le principal intéressé à L’Equipe il y a quelques mois. Qu’il ne s’inquiète pas, il a déjà tenu son pari. Et surtout, avec son style offensif et conquérant, il ajoute une dose de panache à ses résultats. Ses victoires, pour le moment sont rares : il n’a levé les bras qu’une seule fois chez les pros, sur le dernier Tour de l’Ain. Mais son tempérament parle pour lui. « Je déteste les trains d’équipes. Parfois, je fais des à-coups tout seul dans le peloton, expliquait-il récemment au Dérailleur. D’ailleurs, les autres n’aiment pas trop ça. » Instinctif, le garçon court sans se prendre la tête.

Tout ça ne l’empêche toutefois pas d’être ambitieux. Il connaît ses lacunes, entre descentes et capacité à frotter ; et il tente de les gommer. Sans oublier de travailler le chrono, qui n’est pourtant pas un point faible chez lui. Dans un coin de sa tête, bien sûr, il y a l’envie de devenir une référence sur les courses par étapes. Chez AG2R, il est guidé par Bardet et Péraud. Le premier est un autre jeune français très observé, le second vient comme Latour du VTT : les points communs existent, et permettent au plus jeune des trois grimpeurs d’avoir des repères et des conseils. Mais il est le premier à avoir l’honneur du maillot jaune sur le Tour de Suisse. Le voilà donc face à son histoire. Il doit profiter de ce qu’il vit, tout en s’en servant pour la suite. Car dans quelques mois, Pierre Latour disputera son premier grand tour, sur les routes espagnoles. Et déjà, il sera scruté.

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Baboutox

Oui après faut lui laisser le temps. La sur le tour de suisse il est tombé malade mais le médecin de l’équipe a dit qu’il était à bout physiquement de se battre avec les meilleurs pendant 4jour. Sur la vuelta il peut tenter une étape ce qui serait déjà super mais même un top 15 implique d’être constant sur 3 semaine et il a pas encore la caisse manifestement