Invitée 17 fois sur le circuit World Tour, IAM a décroché le gros lot à Plouay. - Photo Ouest France
15 novembre 2014

IAM poursuit son développement

Lancée l’intersaison dernière par l’ambitieux Michel Thétaz, l’équipe professionnelle suisse IAM Cycling a profité de l’année 2014 pour assurer sa main mise sur les invitations aux plus grandes courses World Tour, en polissant certains de ses talents. Cependant, la volonté de ne pas intégrer l’élite en déposant enfin une candidature a de quoi interroger, même si le doute subsiste avec les dernières révélations sur le cas Astana et la possibilité de voir la troupe de Serge Beucherie jouer les opportunistes du mois de décembre. Mais quel que soit l’avis de la commission des licences de l’UCI, l’effectif présent semble assez fourni pour franchir la dernière étape.

Quatre raisons d’être satisfaits

L’expérience précieuse de Sylvain Chavanel. En quittant une grosse cylindrée comme OPQS, le natif de Châtellerault savait à quoi s’attendre après avoir évolué longtemps chez Cofidis. Mais avec la casquette qui est la sienne, son impact aura logiquement été prédominant dans la direction insufflée à l’ensemble de l’équipe, bénéficiant d’un capitaine de route hors pair, toujours capable de jouer avec brio sa carte personnelle. Remportant sa première classique World Tour à Plouay, il a particulièrement brillé durant la fin estivale, en s’adjugeant le général du Tour du Poitou-Charentes, puis une septième place au Tour de Grande-Bretagne. Le victorieux Chrono des Nations et du sixième titre de champion de France contre-la-montre auront été d’autres points forts de la saison d’un «Chava» qui sait s’adapter à différents répertoires.

Mathias Frank prend du galon. Véritablement affranchi de son ancien rôle de coéquipier modèle au sein du team BMC lors d’une saison 2013 l’ayant vu se révéler au grand public en portant le maillot de leader du Tour de Suisse, Mathias Frank s’est empressé de confirmer chez IAM. Désormais leader sur les courses par étapes, il a remporté entre autre les étapes reines du Critérium International – en haut de l’Ospédale ndlr – et du Tour de Bavière, en terminant dans ces deux cas à la deuxième place du général. Mais plus encore, c’est au niveau World Tour que Frank s’est construit une belle régularité, en allant chercher la quatrième place d’un Tour de Romandie peu favorable à son profil, et une nouvelle place de dauphin sur l’épreuve nationale helvète, chasse gardée du Portugais Rui Costa. On attendait avec impatience son Tour de France, mais une violente chute sur la route de Nancy mit fin à ses espoirs. Assurément l’une des meilleures progressions de ces dernières années.

La révélation de Matthias Brändle. Estimé comme un bon rouleur en devenir quand il était encore qu’à ses débuts chez Footon, le double champion d’Autriche de l’effort solitaire s’est véritablement affirmé en 2014. Présentant des qualités de baroudeur et une résistance intéressante dans les bosses, Brändle a marqué le Tour de Grande-Bretagne de son empreinte en signant deux victoires d’étapes en deux jours ! Lauréat du Tour de Berne et cinquième du Tour de Belgique, la montée en puissance du coureur de 24 ans s’est soldée par un prestigieux record de l’heure, grâce à un timing parfait. En effaçant la marque de Jens Voigt avant l’entrée en piste des mastodontes annoncés, il s’est fait un nom, et c’est bien évidemment bénéfique pour une équipe IAM assez discrète en dehors des pelotons.

Sébastien Reichenbach sur la bonne voie. Le grimpeur suisse est probablement arrivé à maturation cette année, en allant au bout d’une saison pleine. Onzième d’un Paris-Nice passé au service de son collègue Denifl, c’est principalement au Dauphiné qu’il a montré le maillot, en réalisant une grosse performance lors de l’étape reine arrivant dans la Confédération, à Finhaut-Émosson. Pointant au huitième rang du général ce soir-là, il fut victime du grand retournement de situation du lendemain, le faisant reculer à la quatorzième place. Un excès de prudence, tout comme sur son premier Tour de France, perçu comme une expérience d’apprentissage grandeur nature. Le quatrième du Tour de l’Ain en 2013 a vécu une saison de transition satisfaisante, et s’apprête donc à prendre définitivement son envol l’année prochaine.

Deux raisons d’être déçus

La campagne des classiques. C’est peu dire qu’IAM Cycling avait beaucoup misé sur la saison flandrienne en vue de 2014 durant le dernier mercato. En recrutant Sylvain Chavanel, la structure entrepreneuriale pouvait se targuer d’un duo complémentaire renommé et au CV intéressant en compagnie d’Heinrich Haussler, deuxième d’un Ronde et d’une Primavera il y a déjà cinq ans. Mais c’est bien le gros point noir de l’année pour la formation suisse. Décevant 19ème du Tour des Flandres, Chavanel a heureusement pu se rattraper par la suite, mais pour l’Australo-Allemand, c’est presque une saison blanche, si l’on excepte dans un tout autre registre son unique bouquet au Tour de Bavière. Le malheureux décès de Kristof Goddaert a également bouleversé un groupe…

Inexistante lors des sprints. IAM n’est pas une équipe de sprinteurs, contrairement à Giant, voire Orica. Mais elle dispose tout de même d’atouts intéressants, dont l’inévitable Haussler, mais également l’Italien Pelucchi. Le bilan est donc terne, en dépit de coups d’éclat trop isolés. L’ex-coureur d’Europcar a levé les bras à la surprise générale sur le Tirreno-Adriatico, mais cela faisait suite à une impressionnante chute massive ayant mis au tapis les cadors en lice. Rien d’autre d’équivalent à signaler qu’un premier succès World Tour forcément mémorable pour le principal intéressé, qui n’aura donc pas abandonné une irrégularité qui lui fait défaut. Idem chez l’énigmatique Vicente Reynès, deuxième d’une étape de la Vuelta, comme à peu près chaque année. Ce n’est pas le recrutement 2015 qui viendra y remédier, avec la venue de grimpeurs, uniquement.

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