Haussler a gagné en 2013, mais a aussi été blessé, encore... - Photo Isabelle Duchesne
23 novembre 2013

IAM, discrète mais efficace

Pour sa première saison dans l’élite mondiale, la Continentale Pro tout droit venue de la Confédération fut assez discrète dans son ensemble. Pas de résultats marquants ni de points culminants, mais un ensemble homogène et solide qui mérite qu’on s’y attarde. Car en 2014, avec un recrutement très intéressant, l’équipe suisse sera à prendre au sérieux.

La poisse chronique d’Haussler

C’était lui, l’homme qui devait porter IAM Cycling en 2013 ! Heinrich Haussler, l’australo-allemand de 29 ans, auteur d’une saison 2009 mémorable sous les couleurs de Cervélo, était l’homme clé de la formation de Michel Thétaz, et devait frapper un grand coup sur les classiques, par sa polyvalence et son expérience. Mais, malgré de jolies promesses, le plus grand démon du natif d’Inverell, la blessure, a encore fait son apparition. Celui qui s’était douloureusement remis de la spectaculaire chute du Tour de Suisse 2010 (à Wettingen) lors de son passage chez Garmin avait pour but de se relancer à l’échelon inférieur. Un nouveau départ qui l’enthousiasmait, et qui lui réussissait plutôt pas mal au commencement… Placé en février, au Qatar et sur Paris-Nice, c’est sur son terrain d’expression favori que le vainqueur d’étape sur le Tour 2009 a brillé. Dans le top 15 d’un effroyable Milan-Sanremo, et d’un E3 survolé par Fabian Cancellara, Haussler signe également un bon Gand-Wevelgem, terminant au pied du podium. Rebelote sur le Ronde, où Roelandts empêche un grand groupe de disputer la troisième place, ;  il finira sixième, derrière Kristoff et Ladagnous.

Sa campagne s’achèvera par une onzième place peu significative sur un Paris-Roubaix qu’il n’a jamais particulièrement affectionné, mais sa reconquête est en marche, bien loin des saisons blanches de 2011 et 2012. Sa première victoire viendra même à domicile, sur le Tour de Bavière, et les espérances de l’ancien pensionnaire de la Gerolsteiner vont bon train en vue du Tour de Suisse, l’objectif numéro un de son équipe. Mais alors qu’il était sur la pente ascendante, à la recherche d’une victoire d’étape bienvenue, une terrible chute sur les routes de Meilen lui occasionna une fracture de la clavicule et de multiples complications. Le pauvre n’en avait pas besoin, et le chat noir a semblé faire son retour, comme pour montrer qu’il ne le laisserait jamais s’échapper. Son été fichu, il ne pourra reprendre que fin août, et signera un retour honorable en terminant sixième de Paris-Tours. Ces quelques mois sans Haussler furent un terrible coup dur pour la bande de Serge Beucherie, qui a du trouver des leaders de substitutions pour les sprints. Malheureusement, l’Italien Pelucchi a réalisé une saison en demi-teinte (une unique victoire sur le Circuit de la Sarthe) et le Belge Goddaert a été transparent.

Une belle implication sur les courses par étapes

Toutefois, si les sprints et les classiques n’ont pas été aussi réussi qu’espérées, les nombreuses courses par étapes auxquelles l’équipe suisse à pu participer furent encourageantes à plusieurs titres. Dès le début de l’année, IAM a envoyé un signal à ses concurrents, puisque Thomas Löfkvist remportait le Tour Méditerranéen. Ensuite très bien placé sur leur première grande course, Paris-Nice, les blancs et bleus auront – une nouvelle fois – été victimes de malchance pour le général, mais auront terminé l’épreuve avec brio, en ramenant le maillot de meilleur grimpeur à la maison grâce à Johann Tschopp. Globalement, malgré une certaine discrétion, les hommes de Marcello Albasini sont parvenus à se montrer en étant des acteurs majeurs des épreuves auxquelles ils ont participé. Et ce en voyageant beaucoup. Malgré tout, les principaux objectifs étaient sur les courses nationales, et sur leur première, en Romandie, IAM a fait bonne figure, sous l’impulsion du combatif autrichien Matthias Brändle ramenant le maillot du classement par points, mais aussi par la performance de Marcel Wyss, dixième d’un général très relevé avec Froome, Valverde ou encore Costa. Un produit maison, septième également du Tour de Bavière et du Portugal, qu’on ajoutera à la révélation Sébastien Reichenbach. Le grimpeur de Martigny, a offert un doublé – avec son compatriote Tschopp – à son équipe sur le Trofeo Matteotti.

Mais plus que ça, on retiendra sa jolie seizième place au général de son tour national. Un résultat annonciateur d’un bel été pour celui qui n’a que 24 ans. Quatrième du montagneux Tour de l’Ain et impressionnant sur le Grand Colombier, mais aussi huitième du Tour de Grande-Bretagne, il s’affirme de plus en plus, et semble monter en puissance pour l’avenir sur les courses d’une semaine. On notera aussi la belle épopée de Martin Elmiger sur le Tour du Limousin, où il gagna la première étape ainsi que le général final. Un esprit d’équipe assez fort chez les Suisses qui sert de base importante pour l’avenir, dans lequel la structure souhaite s’inscrire. Avec l’arrivée de Matthias Frank, les dirigeants n’ont plus qu’à espérer une explosion nationale pour décrocher des résultats importants. Quant à Sylvain Chavanel, il servira surtout d’homme passe-partout pour les invitations de 2014. Car en 2013, IAM a pêché par sa non-présence sur les grands tours et son côté « conservateur ». L’an prochain, il faudra corriger le tir pour espérer faire partie du World Tour en 2015. Ce qui serait tout sauf anormal…

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