Alberto Contador et Peter Sagan ont apporté à l'équipe Tinkoff des succès de prestige, mais ils ont été un peu seuls - Photo AFP
7 novembre 2015
Par  Robin Watt 
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Heureusement, Tinkoff avait son trio

Alberto Contador, Peter Sagan et Rafal Majka ont apporté de nombreux bouquets et accessits en 2015, mais ils ont parfois semblé bien esseulés. Kreuziger et Breschel notamment, censés pouvoir prendre le relais, n’en ont jamais été capables.

Deux raisons d’être satisfaits

Le Giro et la Vuelta. Alberto Contador a tenu son rang au mois de mai, décrochant un Tour d’Italie qui paraissait ne pas pouvoir lui échapper. Dominateur en montagne, il n’a jamais vraiment été sous la menace d’Aru, son unique rival, à l’exception de l’ultime étape de montagne. La chasse au maillot rose, qui était son premier grand objectif de l’année, ne lui a donc posé que peu de problèmes. Rafal Majka, lui, a brillé à la fin de l’été sur la Vuelta en allant chercher son premier podium sur un grand tour, derrière Aru – encore présent ! – et Rodriguez. Virevoltant en montagne, pas ridicule sur le chrono de Burgos, il a montré qu’à 26 ans, il pouvait prendre les rênes du camion Tinkoff. Alors que le Pistolero vieillit irrémédiablement, le Polonais a peut-être convaincu Oleg Tinkov que le prochain leader était déjà dans l’équipe.

L’omniprésence de Sagan. On peut reprocher beaucoup de choses au Slovaque, mais avec dix bouquets cette saison, dont celui des Championnats du Monde, il a mis tout le monde d’accord. Oui, il termine très souvent sur le podium sans réussir à lever les bras – 22 fois en 2015 -, mais son abnégation l’a mené à un titre mondial qui n’a souffert d’aucune contestation. Et surtout, s’il semble avoir des difficultés à conclure sur les grands évènements – quatrième de Milan-Sanremo et du Tour des Flandres, cinq fois deuxième d’étape sur le Tour de France -, il a au moins montré qu’il était capable de briller du début à la fin de la saison. Avec 81 jours de course dans les jambes, Peter Sagan a fait le spectacle toute l’année, en n’étant que très rarement à la ramasse. Au contraire, il en est même venu à remporter le Tour de Californie, qui comporte pourtant des cols taillés pour des grimpeurs…

Trois raisons d’être déçus

Le Tour d’Alberto Contador. On savait l’entreprise compliquée : réaliser le doublé Giro-Tour, à son âge et compte tenu de la concurrence en juillet, cela relevait presque de l’impossible. Mais le Pistolero a passé des mois, bien aidé par son manager Oleg Tinkov, à nous faire croire qu’il allait réussir son défi. Alors on s’est mis à penser qu’il serait au moins en mesure de titiller Froome, Quintana et Nibali, qui eux avaient misé toute leur saison sur la Grande Boucle. Sauf qu’il n’en a rien été. Le Britannique et le Colombien ont très rapidement pris le large au classement général, et l’Espagnol n’a pu qu’observer la bagarre depuis l’arrière. Cinquième à Paris, Contador a stoppé sa saison après le rendez-vous juillettiste, et n’a pas succédé à Pantani au palmarès…

Le niveau de Roman Kreuziger et Michael Rogers. Les deux hommes, équipiers de luxe en montagne, n’ont clairement pas été au niveau. Si Contador a échoué dans son défi, il n’a pas aidé bien aidé par ses lieutenants. Il y a deux ans, quand l’Espagnol s’était déjà heurté à la domination de Froome et Quintana sur le Tour, il avait au moins une grosse équipe autour de lui. Le Tchèque Kreuziger avait cartonné, se montrant parfois supérieur à son leader en montagne, alors que l’Australien Rogers avait bataillé pour décrocher une place au général malgré ses efforts pour son leader. Cette saison, ce fut bien différent. Les deux hommes ont été bien trop absents pour espérer quoi que ce soit, et ont traversé le mois de juillet comme des fantômes. Une situation problématique puisqu’ils sont censés être les derniers étages d’une fusée articulée autour de Contador.

La grande discrétion de Matti Breschel. On connaît les qualités du Danois, et c’est pour ça que la déception est grande de le voir se faire aussi discret dans les grandes épreuves. Après une saison 2014 très moyenne, où la quatrième place à Ponferrada sonnait comme une dernière note d’espoir, il a traversé 2015 sans briller. Pourtant, on y a cru. Deux tops 10 d’étapes à Paris-Nice, 12e de Milan-Sanremo, 6e du GP E3, ça avait bien démarré, mais ça n’a jamais décollé. Et finalement, c’est peut-être ça le pire.

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La première partie de saison de Sagan n’a pas été très bonne . Je me souviens des nombreuses critiques à ce moment là . On disait qu’il n’avait pas assez bossé pendant l’hiver , qu’il avait préféré les sorties nocturnes aux entraînements , qu’il était en surpoids. Beaucoup étaient déçu des performances du slovaque après ses prestations sur les classiques flandriennes . Sagan a sauvé les meubles en seconde partie de saison surtout avec sa brillante victoire au championnat du monde . Ceci dit au bout du compte sa saison est réussie . Voilà un coureur qui se montre quoi qu’il arrive , il tente le tout pour le tout quitte à tout perdre et fait le show même quand il est dans le gruppetto . Ce style de coureur fait un bien fou au cyclisme .

rolfsorensen
rolfsorensen

Saison de transition pour la Tinkoff : éviction de Riis après MSR pour commencer, arrêt du partenariat avec Saxo pour finir. Les coureurs danois fuient le navire russe dans des canots de sauvetage comme Cannondale (Breschel), Katyousha (Morkov), Orica (Juul-Jensen) ou même Bretagne/Fortuneo (Anker Sorensen). Maintenant le milliardaire capricieux a toute liberté pour construire sa propre équipe…

C’est peut-être aussi à cause de ces perturbations structurelles que le collectif a souvent manqué d’âme cette année.

Pour le bilan de Breschel, il devait assurer le soutien de Sagan sur les Flandriennes et a chuté sur Paris-Roubaix. De toute façon il semble difficile d’attendre du garçon davantage qu’un maigre accessit sur ces grandes courses, malgré le talent intrinsèque qu’il a pu montré par le passé.

A noter la très belle saison en tant qu’équipier de Pawel Poljanski : le Polonais semble avoir toutes les qualités pour devenir un grimpeur solide.

Je suis un peu dubitatif sur le recrutement, à part Trofimov qui devrait être un soutien important en montagne, et à la limite Gatto un habitué des pavés sur les petites courses (A Travers les Flandres et Strade Bianche notamment) mais encore jamais invité sur Paris-Roubaix.

Baboutox
Baboutox

Y’a Blythe aussi qui pourrait être le poisson pilote que sagan n’a jamais eu. Avec les rouleurs qu’ils ont et enfin un bon lanceur peter pourrait commencer à accumuler les victoires au sprint

rolfsorensen
rolfsorensen

Blythe a fait quelques placettes au Qatar, a joué les poissons-pilotes pour Ewan en 1ère partie de saison avant de disparaître complétement. C’est un coureur rapide qui pourrait être utile pour quelques objectifs, mais a-t-il le niveau pour placer Sagan sur le Tour de France? Pour l’instant le Britannique a une carrière en dents de scie…

Baboutox
Baboutox

Je suis pas sûr à ce niveau là. Sur ses 10 victoires cette année y’en à 7 au sprint alors bien sûr en début de saison il se focalise sur les courses d’un jour mais sur le tour ou la vuelta il fait les sprint et depuis 2 il passe vraiment pas loin à chaque fois. Si on fait une hiérarchie des sprinteurs on peut le classer en dessous de kittel et greipel (même si faudra voir si greipel faiblit pas l’année prochaine ) après kristoff/cavendish faut voir parcequ’il les a quand même dominé plusieurs fois cette année.
Pour ce qui est de modolo/degenkolb/bouhanni/viviani je pense pas qu’ils sont intrasèquement meilleurs que lui. Il a souvent battu degenkolb au sprint, bouhanni est à peu près au niveau de degenkolb et semble supérieur à modolo et viviani sur une saison. Donc selon moi Sagan est largement dans les 5 meilleurs sprinteurs mondiaux mais il finit souvent 2ème parcequ’il est dépendant des trains des autres et qu’il se retouve souvent à lancer son sprint trop tard. De plus il est clair qu’il aime sprinter et ca serait con de passer à côté de 10 victoires WT par saison

rolfsorensen
rolfsorensen

Ce qui est clair c’est que Sagan fait quand même partie des 10 meilleurs sprinteurs du moment, et qu’effectivement lui et son patron ne seraient pas contre 4 ou 5 victoires en GT cette saison, surtout en tant que maillot arc-en-ciel. Après, Sagan va aussi surtout viser les sprints pour puncheurs, et là je doute que Blythe lui soit d’une immense utilité pour le lancer, voire le placer si le parcours est sélectif.
Perso j’aime bien l’apport de Bennati, mais il n’a plus ses jambes de 20 ans, donc plutôt 2e homme du train. Et après on se retrouve quand même avec des sprinters de 3e zone dans l’effectif…

gougi
gougi

je pense surtout que Sagan a absolument besoin de bons équipiers pour les classiques, ils ont été clairement absents en début de saison. je n’ose imaginer Sagan chez Etixx, il aurait a coup sûr un San-Remo et un flandres dans la musette.
Il est très clairement au dessus de Degenkolb, et peu en effet être classé dans les 5 meilleurs sprinteurs et il n’ a que 25 ans .

live32
live32

LA MAUVAIS SAISON DE KREUZIGER PEUT SE COMPRENDRE PAR LE FAIT QU’IL N’ A pas PASSE UNE BONNE HIVER CAUSE PAR SES ENNUIS JUDICIAIRE MAINTENANT QU’IL A ETE BLANCHI IL PEUT SE PRÉPARER AISÉMENT