Alberto Contador, Peter Sagan et Rafal Majka ont apporté de nombreux bouquets et accessits en 2015, mais ils ont parfois semblé bien esseulés. Kreuziger et Breschel notamment, censés pouvoir prendre le relais, n’en ont jamais été capables.

Deux raisons d’être satisfaits

Le Giro et la Vuelta. Alberto Contador a tenu son rang au mois de mai, décrochant un Tour d’Italie qui paraissait ne pas pouvoir lui échapper. Dominateur en montagne, il n’a jamais vraiment été sous la menace d’Aru, son unique rival, à l’exception de l’ultime étape de montagne. La chasse au maillot rose, qui était son premier grand objectif de l’année, ne lui a donc posé que peu de problèmes. Rafal Majka, lui, a brillé à la fin de l’été sur la Vuelta en allant chercher son premier podium sur un grand tour, derrière Aru – encore présent ! – et Rodriguez. Virevoltant en montagne, pas ridicule sur le chrono de Burgos, il a montré qu’à 26 ans, il pouvait prendre les rênes du camion Tinkoff. Alors que le Pistolero vieillit irrémédiablement, le Polonais a peut-être convaincu Oleg Tinkov que le prochain leader était déjà dans l’équipe.

L’omniprésence de Sagan. On peut reprocher beaucoup de choses au Slovaque, mais avec dix bouquets cette saison, dont celui des Championnats du Monde, il a mis tout le monde d’accord. Oui, il termine très souvent sur le podium sans réussir à lever les bras – 22 fois en 2015 -, mais son abnégation l’a mené à un titre mondial qui n’a souffert d’aucune contestation. Et surtout, s’il semble avoir des difficultés à conclure sur les grands évènements – quatrième de Milan-Sanremo et du Tour des Flandres, cinq fois deuxième d’étape sur le Tour de France -, il a au moins montré qu’il était capable de briller du début à la fin de la saison. Avec 81 jours de course dans les jambes, Peter Sagan a fait le spectacle toute l’année, en n’étant que très rarement à la ramasse. Au contraire, il en est même venu à remporter le Tour de Californie, qui comporte pourtant des cols taillés pour des grimpeurs…

Trois raisons d’être déçus

Le Tour d’Alberto Contador. On savait l’entreprise compliquée : réaliser le doublé Giro-Tour, à son âge et compte tenu de la concurrence en juillet, cela relevait presque de l’impossible. Mais le Pistolero a passé des mois, bien aidé par son manager Oleg Tinkov, à nous faire croire qu’il allait réussir son défi. Alors on s’est mis à penser qu’il serait au moins en mesure de titiller Froome, Quintana et Nibali, qui eux avaient misé toute leur saison sur la Grande Boucle. Sauf qu’il n’en a rien été. Le Britannique et le Colombien ont très rapidement pris le large au classement général, et l’Espagnol n’a pu qu’observer la bagarre depuis l’arrière. Cinquième à Paris, Contador a stoppé sa saison après le rendez-vous juillettiste, et n’a pas succédé à Pantani au palmarès…

Le niveau de Roman Kreuziger et Michael Rogers. Les deux hommes, équipiers de luxe en montagne, n’ont clairement pas été au niveau. Si Contador a échoué dans son défi, il n’a pas aidé bien aidé par ses lieutenants. Il y a deux ans, quand l’Espagnol s’était déjà heurté à la domination de Froome et Quintana sur le Tour, il avait au moins une grosse équipe autour de lui. Le Tchèque Kreuziger avait cartonné, se montrant parfois supérieur à son leader en montagne, alors que l’Australien Rogers avait bataillé pour décrocher une place au général malgré ses efforts pour son leader. Cette saison, ce fut bien différent. Les deux hommes ont été bien trop absents pour espérer quoi que ce soit, et ont traversé le mois de juillet comme des fantômes. Une situation problématique puisqu’ils sont censés être les derniers étages d’une fusée articulée autour de Contador.

La grande discrétion de Matti Breschel. On connaît les qualités du Danois, et c’est pour ça que la déception est grande de le voir se faire aussi discret dans les grandes épreuves. Après une saison 2014 très moyenne, où la quatrième place à Ponferrada sonnait comme une dernière note d’espoir, il a traversé 2015 sans briller. Pourtant, on y a cru. Deux tops 10 d’étapes à Paris-Nice, 12e de Milan-Sanremo, 6e du GP E3, ça avait bien démarré, mais ça n’a jamais décollé. Et finalement, c’est peut-être ça le pire.

Buy me a coffeeOffrir un café
Vous avez aimé cet article de Robin Watt ? Participez à l'élaboration du prochain en contribuant aux frais d’hébergement du site.